Horner se moque de Steiner : ’il a fait carrière grâce à Netflix !’
L’ancien patron de Red Bull évoque son ancien collaborateur
Christian Horner n’a pas résisté à l’envie de lancer quelques piques à son ancien collaborateur Günther Steiner. Alors qu’il assure la promotion de son autobiographie, Drive, l’ancien directeur de Red Bull estime que l’ex-patron de Haas doit une grande partie de sa notoriété à la série Netflix Drive to Survive, plutôt qu’à ses résultats en Formule 1. Horner est notamment revenu sur leur brève collaboration en 2005, évoquant avec humour les débuts difficiles de Red Bull et la conception de la RB2. Il reconnaît néanmoins que Steiner a contribué à attirer un nouveau public vers la discipline.
Depuis le lancement de Drive to Survive, plusieurs personnalités du paddock ont acquis une popularité dépassant largement le cercle traditionnel des passionnés de Formule 1. Günther Steiner figure sans doute parmi les exemples les plus marquants de ce phénomène.
L’ancien directeur de Haas est devenu l’un des personnages les plus reconnaissables de la série Netflix, notamment grâce à son franc-parler, ses réactions parfois explosives et son langage régulièrement fleuri. Une notoriété qui lui a permis de se construire une véritable carrière médiatique, y compris après son départ de la Formule 1 à la fin de la saison 2023.
Mais pour Christian Horner, qui connaît Steiner depuis plus de vingt ans, cette célébrité doit beaucoup plus au montage télévisuel qu’aux performances obtenues sur les circuits. Interrogé par Autosport à l’occasion de la promotion de son autobiographie, Drive, l’ancien patron de Red Bull a livré son analyse du succès de la série, tout en adressant quelques remarques sarcastiques à son ancien collègue.
Horner a d’abord rappelé que Drive to Survive reste avant tout une production télévisuelle, dont les équipes disposent d’une grande liberté dans la manière de raconter les événements. Les séquences diffusées ne représentent qu’une petite partie des nombreuses heures enregistrées pendant les week-ends de Grand Prix.
"Ces gens réalisent une émission de télévision. Ils enregistrent donc des heures et des heures et des heures d’images, et tout dépend de la manière dont vous montez ces séquences."
"Vous pouvez faire passer quelqu’un pour le méchant ou pour le héros, ou inversement."
L’ancien dirigeant reconnaît toutefois que cette approche a largement contribué au succès international de la série. En donnant accès aux coulisses des écuries, Netflix a permis aux téléspectateurs de découvrir des aspects de la Formule 1 qui restaient auparavant relativement méconnus.
"Cette série a rencontré un succès incroyable parce qu’elle a soudainement levé le voile sur certaines rivalités, sur les personnalités, sur le caractère des pilotes et sur certains personnages du paddock."
Parmi ces personnages, Günther Steiner s’est rapidement imposé comme l’une des figures incontournables du programme.
Lorsque la première saison a été produite, plusieurs grandes écuries se montraient encore méfiantes à l’égard du concept et avaient choisi de ne pas participer pleinement au tournage. Haas, au contraire, avait occupé une place importante dans les premiers épisodes.
La personnalité de Steiner, son attitude directe et ses nombreuses sorties verbales avaient immédiatement séduit une partie du public. Une popularité que Horner considère comme le véritable point de départ de sa carrière médiatique.
"Günther Steiner a fait carrière grâce à cette série ! Je veux dire, je ne crois pas qu’il ait jamais décroché un podium en Formule 1 !"
L’Italien avait accompagné l’arrivée de l’écurie américaine en Formule 1 en 2016, avant d’en assurer la direction jusqu’à la fin de l’année 2023. Durant cette période, Haas n’a jamais réussi à monter sur le podium, malgré quelques résultats encourageants et une cinquième place au championnat constructeurs en 2018.
Son exposition médiatique s’est néanmoins considérablement développée grâce à Drive to Survive. Après son départ de Haas, dont les dirigeants avaient choisi de ne pas renouveler son contrat, Steiner a poursuivi ses activités publiques. Il a notamment publié un livre, participé à des tournées et multiplié les apparitions dans des podcasts.
Horner ne conteste pas cette réussite personnelle. Au contraire, il reconnaît que la personnalité de Steiner a joué un rôle positif dans l’élargissement du public de la Formule 1.
"Tant mieux pour lui. C’est un personnage, un personnage assez intimidant lorsqu’il travaillait chez nous, mais oui, il a attiré un tout nouveau public vers ce sport, ce qui a été fantastique."
Les deux hommes se connaissent particulièrement bien puisqu’ils ont brièvement travaillé ensemble chez Red Bull, lors des débuts de l’écurie autrichienne. Une collaboration que Horner n’a pas manqué d’évoquer, avec plusieurs anecdotes sur l’arrivée de Steiner et les premières monoplaces de l’équipe.
Lorsque Christian Horner a pris la direction de Red Bull en 2005, Günther Steiner figurait déjà parmi les responsables techniques recrutés pour accompagner la transition de l’ancienne écurie Jaguar.
Steiner occupait alors le poste de directeur des opérations techniques. Selon Horner, son recrutement avait notamment été recommandé par Niki Lauda.
"Quand je suis arrivé chez Red Bull, on m’a dit : ’Nous avons recruté ce type que Niki Lauda nous a recommandé. Il travaillait auparavant chez Jaguar. Il s’appelle Günther Steiner’."
Horner reconnaît qu’il ne connaissait pas personnellement l’ingénieur italien à cette époque. Il s’était donc renseigné sur lui avant leur première rencontre.
"Je n’avais jamais entendu parler de lui, et quand je l’ai cherché sur Internet, il avait l’air plutôt intimidant. C’était ma première impression, puis Günther est arrivé."
Horner s’est souvenu du rôle de Steiner dans le développement de la RB2, la monoplace engagée par Red Bull en 2006. Cette voiture, équipée d’un moteur Ferrari, avait notamment rencontré des difficultés de refroidissement lors de ses premiers essais.
L’ancien directeur de l’écurie en a profité pour plaisanter sur les problèmes techniques rencontrés à l’époque.
"Il était alors responsable de la RB2, cette voiture à moteur Ferrari qui surchauffait d’environ trois degrés lors d’un premier roulage à Silverstone."
Adrian Newey, qui venait d’être recruté par Red Bull après son passage chez McLaren, avait rejoint l’équipe peu après. Horner se souvient notamment de la réaction de l’ingénieur britannique lorsqu’il avait découvert cette monoplace.
"Adrian est arrivé peu après et a dit : ’Bon, nous allons oublier cette voiture’."
Cette période a marqué la fin de la collaboration entre Steiner et la structure de Formule 1 de Red Bull.
"Günther est parti travailler sur le projet NASCAR qui venait de démarrer au sein de l’univers Red Bull, et c’est ainsi qu’il a en quelque sorte effectué sa transition vers le monde américain."
Steiner s’est installé aux États-Unis et a rejoint l’univers de la NASCAR en 2008, avant de retrouver la Formule 1 en 2016 pour diriger la nouvelle écurie Haas.
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