Formule 1

Horner est inquiet pour la survie de la F1 mais dénonce ‘l’opportunisme’ sur les budgets plafonnés

Un discours contradictoire ?

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Par A. Combralier

4 mai 2020 - 17:33
Horner est inquiet pour la survie (...)

L’économie entière du sport automobile risque de s’effondrer au cours des prochains mois, en raison de la crise liée au coronavirus. La F1 compte sauver les meubles en organisant une quinzaine de courses cette année, mais le risque d’une deuxième vague n’est pas à écarter.

Dans une interview au Telegraph, Christian Horner, le directeur de Red Bull Racing, a pourtant sonné l’alarme : si la F1 ne court pas, elle mourra.

« Si les formules de course automobile n’existent pas pendant un an, alors elles disparaissent dans leur intégralité » a-t-il ainsi lancé.

« Les équipes qui opéraient très près de la limite ne survivraient tout simplement pas. Elles comptent sur les courses pour générer des revenus et remplir leurs obligations envers le promoteur. Mettre tout sous cloche pendant un an causerait des dommages irréparables. »

La saison pourrait justement reprendre début juillet, eu Autriche, justement sur les terres de Red Bull. Si Christian Horner milite évidemment pour cette hypothèse, il n’ignore rien du risque sanitaire.

« L’Autriche était très désireuse d’être la première course du calendrier, mais cela devra être géré de manière sûre et sécurisée. Les pilotes seront éloignés les uns des autres, et dans le garage, il y aura des personnes qui seront mises à l’isolement à chaque Grand Prix. Ces personnes ne pourront pas interagir avec les autres membres de l’équipe, elles mangeront séparément. Ce sera un environnement très contrôlé, avec seulement le nombre minimum absolu de personnes nécessaires sur le circuit. Sans public, ce sera presque comme une journée d’essais qui se transformera en course. »

C’est justement pour assurer la viabilité financière de la F1 que Liberty Media, soutenu par d’autres équipes (Renault, McLaren…) compte abaisser le montant des budgets plafonnés, à 130 voire 100 millions de dollars.

Mais Christian Horner est opposé à une réduction trop drastique. N’est-ce pas contradictoire avec ses avertissements ? Pas selon lui, évidemment…

Il en profite pour répondre, indirectement, et assez vertement, à Zak Brown et consorts.

« Il y a eu un certain opportunisme que j’ai détecté. Dans ce domaine, chacun dépensera ce qu’il peut se permettre, mais personne n’a une même structure de fonctionnement dans ce business. C’est comme un ballon : si vous le serrez, l’air ira ailleurs. Les budgets plafonnés induisent de fausses économies, et il sera impossible de tout contrôler, car chaque entreprise est différente. Ferrari publie une seule série de comptes pour l’ensemble de son activité, entre les voitures de route et la F1. Comment diable allez-vous faire pour démêler tout cela ? »

Si Ferrari est une alliée dans cette bataille contre l’abaissement des budgets plafonnés, Christian Horner n’a tout de même pas hésité à tacler la Scuderia sur un autre point litigieux : les soupçons (confirmés par une condamnation de la FIA manquant de transparence) de tricherie autour de l’unité de puissance…

« Cela a laissé un mauvais goût dans la bouche des gens. Le plus difficile à gérer est le manque de transparence. »

McLaren, Ferrari… Red Bull est loin de n’avoir que des amis dans le paddock ! A voir si elle donnera son feu vert à la proposition de Ross Brawn (à lire ici).

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