Hamilton voulait signer chez Red Bull avant Mercedes F1, ’Newey était aux anges’

La réunion secrète qui aurait pu tout changer en 2012

Hamilton voulait signer chez Red Bull avant Mercedes F1, ’Newey était aux anges’
Auteur : Franck Drui
20 octobre 2026 - 13:53

Les révélations se poursuivent ! Lewis Hamilton aurait pu connaître une trajectoire bien différente en Formule 1. Avant de quitter McLaren pour Mercedes à la fin de la saison 2012, le Britannique avait envisagé de rejoindre Red Bull pour faire équipe avec Sebastian Vettel. Dans son autobiographie, Christian Horner révèle cette fois qu’une réunion secrète avait même été organisée au domicile d’Adrian Newey, où Hamilton avait directement exprimé son intérêt pour l’écurie autrichienne. Mais malgré l’enthousiasme du célèbre ingénieur et l’intérêt du directeur d’équipe, les exigences financières entourant une éventuelle arrivée du champion du monde 2008 avaient finalement refroidi Red Bull.

Le transfert de Lewis Hamilton chez Mercedes, officialisé en 2012 pour la saison suivante, reste l’une des décisions les plus importantes de l’histoire récente de la Formule 1. À l’époque, le choix du Britannique avait surpris une grande partie du paddock. Mercedes n’avait pas encore démontré sa capacité à se battre régulièrement pour les titres mondiaux, tandis que Red Bull dominait le championnat avec Sebastian Vettel.

L’histoire a finalement donné raison à Hamilton. Après son premier sacre remporté avec McLaren en 2008, le Britannique a décroché six autres titres mondiaux sous les couleurs de Mercedes, avant de rejoindre Ferrari en 2025.

Mais dans son autobiographie Drive, Christian Horner révèle que cette trajectoire aurait pu prendre une tout autre direction. Selon l’ancien directeur de Red Bull, Hamilton avait fait de l’écurie de Milton Keynes sa destination privilégiée lorsqu’il cherchait à quitter McLaren.

Horner situe les premiers signes de ce rapprochement pendant la saison 2012, alors que Hamilton traversait une période frustrante avec McLaren.

"Lewis Hamilton semblait perdre espoir chez McLaren. De l’extérieur, ses relations avec Jenson Button paraissaient tendues, et il semblait perdre le moral après une série de défaillances mécaniques tout au long de l’année 2012."

"Je le croisais occasionnellement lors des courses, et nous étions toujours amicaux l’un envers l’autre, malgré sa remarque selon laquelle Red Bull n’était qu’une entreprise de boissons énergisantes. Mais je trouvais qu’il semblait étrangement vulnérable pour un ancien champion du monde."

Le premier indice concret d’un possible intérêt de Hamilton pour Red Bull serait ensuite apparu de manière inattendue.

"Puis, un jour, alors que je consultais mon téléphone pour vérifier les appels manqués et les messages, j’ai remarqué le numéro de son père à l’écran et je me suis demandé si Lewis avait changé d’avis concernant Red Bull."

Cette prise de contact a rapidement débouché sur une rencontre organisée dans la plus grande discrétion.

Une réunion secrète au domicile d’Adrian Newey

Hamilton a rencontré les responsables de Red Bull chez Adrian Newey, près d’Ascot, en Angleterre. L’endroit permettait aux différentes parties de discuter à l’abri des regards, alors que l’avenir du Britannique chez McLaren était devenu incertain.

"Lorsqu’une réunion secrète a ensuite été organisée avec Lewis, mon intuition s’est confirmée. Il cherchait à quitter McLaren, et nous étions sa destination privilégiée."

"’Que faudrait-il pour que je vous rejoigne ?’ nous a-t-il demandé lorsque nous nous sommes assis. Adrian, qui n’est pas connu pour avoir un visage impassible, semblait aux anges. Je pouvais difficilement lui en vouloir. La perspective d’associer Sebastian Vettel et Lewis Hamilton était particulièrement séduisante."

À cette époque, Vettel était déjà devenu le pilote de référence de Red Bull, et l’idée de lui associer Hamilton aurait constitué un recrutement spectaculaire.

Les deux hommes figuraient parmi les pilotes les plus rapides de leur génération. Mais si Horner et Newey étaient intrigués par cette possibilité, tout le monde au sein de l’organisation ne partageait pas leur enthousiasme.

Helmut Marko craignait les conséquences pour Vettel

Horner révèle que Helmut Marko avait accueilli cette perspective avec beaucoup plus de réserves. L’Autrichien, alors responsable du programme de jeunes pilotes et conseiller influent de Red Bull, entretenait une relation particulièrement étroite avec Vettel, dont il avait accompagné l’ascension.

"Helmut n’avait pas l’air impressionné lorsqu’il a appris la nouvelle. L’arrivée de Lewis aurait probablement eu des conséquences pour Sebastian, son protégé, et il était manifestement inquiet."

Ces réticences n’ont cependant pas empêché Horner d’explorer les conditions d’un éventuel accord avec le manager d’Hamilton.

"Intrigué, j’ai quand même tâté le terrain. Simon [Fuller] était connu pour parler doucement, mais son entrée en matière m’a fait bourdonner les oreilles. ’Toi et moi, nous pouvons conclure le plus gros contrat sportif depuis Muhammad Ali’, a-t-il déclaré avec assurance."

"J’ai éclaté de rire, car j’avais fini par bien connaître le langage des agents sportifs. Simon allait gagner énormément d’argent. Et Red Bull allait devoir dépenser une fortune."

"Malgré les retombées marketing indéniables, je n’ai pas poursuivi cette idée avec une réelle détermination. Mais le recrutement de Lewis allait forcément intéresser quelqu’un. Et j’avais une assez bonne idée de qui cela pouvait être."

Hamilton a finalement quitté McLaren pour Mercedes, avec laquelle il allait construire la période la plus fructueuse de sa carrière. Horner insiste toutefois sur le fait que les réserves financières de Red Bull ne remettaient absolument pas en cause les qualités sportives de Hamilton.

"Lewis était devenu une figure emblématique en 2012, après avoir remporté quatre courses lors de sa première saison avec McLaren en 2007. Cinq ans plus tard, il était un pilote d’élite, connu pour sa vitesse explosive, et probablement l’un des pilotes les plus rapides de toute l’histoire de la compétition. Il était champion du monde 2008, vainqueur de dix-sept Grands Prix et auteur de dix-neuf pole positions."

"En tant que pilote, il était fantastique sous la pluie, intrépide et capable de tirer absolument le maximum de sa voiture. Il représentait également un rêve sur le plan commercial. Lewis était le visage d’innombrables campagnes d’affichage et publicités télévisées. Dans l’ensemble, il était quasiment le rival parfait pour Sebastian."

L’ancien directeur souligne que Newey, toujours désireux de disposer des meilleurs pilotes possibles, avait été séduit par cette perspective.

"Adrian, qui cherchait constamment à améliorer la qualité des pilotes chez Red Bull, était particulièrement enthousiaste. Je ne pouvais pas lui en vouloir. Bien sûr, le principal obstacle était l’argent. Tout accord permettant de faire venir Lewis chez Red Bull aurait nécessité des sommes astronomiques."

Finalement, le projet n’a pas dépassé le stade des discussions. Red Bull a poursuivi son aventure avec Vettel, tandis que Hamilton a choisi Mercedes, une décision qui allait profondément transformer la hiérarchie de la Formule 1 au cours de la décennie suivante.


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