’J’ai eu de la peine pour Vasseur’ : Horner brise le silence sur les rumeurs Ferrari

Il assure ne pas faire campagne pour prendre sa place

’J’ai eu de la peine pour Vasseur’ : Horner brise le silence sur les rumeurs Ferrari
Auteur : Franck Drui
20 octobre 2026 - 14:32

Christian Horner a tenu à clarifier les propos qui avaient alimenté les rumeurs d’une possible arrivée chez Ferrari à la place de Frédéric Vasseur. L’ancien directeur de Red Bull assure que ses déclarations sur le prestige de la Scuderia ont été sorties de leur contexte et qu’il n’a jamais cherché à fragiliser son homologue français. Alors que Ferrari traverse une période difficile malgré les qualités reconnues de son châssis, le Britannique estime au contraire que Vasseur mérite davantage de temps pour mener son projet à bien. Il affirme également privilégier d’autres pistes pour la suite de sa carrière.

Les spéculations entourant l’avenir de Frédéric Vasseur chez Ferrari avaient pris une ampleur considérable le mois dernier, au point de contraindre la Scuderia à organiser une conférence de presse inhabituelle pour réaffirmer publiquement sa confiance envers son directeur d’équipe.

À l’origine de cette agitation figurait notamment un entretien accordé par Christian Horner au quotidien britannique The Times, dans lequel l’ancien patron de Red Bull avait décrit Ferrari comme la plus grande marque de la Formule 1, un rêve et un géant endormi.

Ces déclarations avaient rapidement été interprétées comme un possible appel du pied à Maranello, alors que la position de Vasseur faisait déjà l’objet de nombreuses interrogations.

Invité du podcast F1 de The Race, Horner a souhaité revenir sur cette polémique et expliquer pourquoi ses propos avaient, selon lui, été mal compris.

Horner souligne d’abord que l’entretien à l’origine des rumeurs avait été réalisé bien avant sa publication. Le Britannique avait rencontré un journaliste de The Times dans le cadre de la promotion de son autobiographie, à une période où les difficultés de Ferrari et les interrogations concernant Vasseur n’occupaient pas encore la même place dans l’actualité.

"Le moment où tout cela est sorti était vraiment malheureux. J’avais accordé une interview dans le cadre de la publication d’extraits du livre, avec un homme très sympathique qui était un grand supporter de Lewis Hamilton. Il était venu discuter, il ne travaillait pas dans le milieu, mais c’était un passionné de ce sport."

Au cours de cet échange, plusieurs écuries avaient été évoquées, dont Ferrari.

"Il parlait des différentes équipes et ainsi de suite. Et nous avons parlé de Ferrari. Ferrari est différente des autres équipes. On peut voir à quel point les pilotes et les gens lui portent une immense estime et un immense respect. Et j’essayais de témoigner du respect à Ferrari."

Le problème, selon lui, est que l’article a été publié plusieurs semaines après la réalisation de l’entretien, dans un contexte devenu beaucoup plus sensible pour la Scuderia.

"Cette interview avait été réalisée probablement un mois avant sa publication effective. Et il se trouve qu’elle a coïncidé, je crois, avec certaines déclarations faites autour de Monza ou de Madrid, ou je ne sais plus exactement."

Horner conteste le titre qui lui a été attribué

L’ancien directeur de Red Bull affirme que la présentation de l’entretien a contribué à donner une signification différente à ses déclarations. Il conteste notamment l’idée d’avoir présenté Ferrari comme son rêve personnel.

"Soudain, cet article est sorti avec un titre qui disait quelque chose comme : ’Ferrari est mon rêve’. Je n’ai jamais réellement dit cela. J’essayais d’expliquer que Ferrari occupe une place unique dans ce sport et que toute personne travaillant pour cette équipe considérerait cela comme un privilège. Particulièrement, j’imagine, si l’on est Italien."

Dans l’entretien publié par The Times, Horner avait pourtant été cité en ces termes lorsqu’il lui avait été demandé s’il envisagerait de rejoindre Ferrari : "Est-ce que j’envisagerais Ferrari ? Je veux dire, Ferrari est la plus grande marque de la Formule 1. C’est le rêve. Et on peut probablement dire que c’est le géant endormi de la Formule 1."

La nuance défendue aujourd’hui par Horner porte donc sur le sens de cette formule : il assure qu’il évoquait le prestige général de Ferrari, et non une ambition personnelle de remplacer Vasseur.

Il insiste également sur le fait qu’il n’avait aucune intention d’ajouter de la pression sur le directeur français.

"Soudain, cela s’est transformé en quelque chose qui n’était absolument pas destiné à exercer la moindre pression sur Fred. Mais ce titre, combiné à tout ce qui se passait dans leur environnement et avec leurs pilotes, a créé une petite tempête."

"J’ai eu de la peine pour Fred parce que j’ai moi-même été à la tête d’une équipe performante, ou d’une équipe soumise à une forte pression, et je sais ce que cela implique."

"C’était simplement une histoire où l’on a additionné deux et deux pour arriver à six."

Interrogé directement sur la possibilité d’accepter la direction de Ferrari si les conditions lui permettaient de disposer des responsabilités souhaitées, Horner n’a pas fermé la porte de manière catégorique.

Mais il a clairement indiqué que cette perspective ne constituait pas sa priorité actuelle.

"Ferrari reste Ferrari dans ce sport et possède une influence considérable. Et ils ont évidemment eu une très bonne voiture cette année, ou en tout cas un très bon châssis. Il semble qu’ils aient peut-être été un peu en retrait sur le plan de la puissance moteur. Et je pense que tout le monde aimerait revoir Ferrari gagner."

"Je suis plutôt concentré sur d’autres options. Chaque fois que l’on est associé à Ferrari, c’est un grand honneur, mais ce n’est pas quelque chose pour lequel je fais campagne."

Au-delà de son propre avenir, Horner a également livré une réflexion sur les difficultés structurelles auxquelles Ferrari doit faire face.

"Je pense que, dans n’importe quelle organisation, la stabilité est essentielle. Pendant mon passage chez Red Bull, j’ai eu face à moi peut-être six ou sept directeurs d’équipe chez Ferrari, depuis Jean Todt jusqu’à Fred."

"La stabilité est cruciale. Ferrari subit une pression qui lui est propre, puisqu’elle est essentiellement une équipe nationale, et elle fait l’objet d’une surveillance à laquelle les autres ne sont pas confrontés."

"Je pense que tout le monde serait heureux de voir Ferrari gagner à nouveau dans ce sport. Je pense que Fred est un dirigeant très compétent, qu’il possède un excellent parcours dans les catégories inférieures du sport automobile. Il a probablement simplement besoin de davantage de temps."


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