Hamilton reproche encore à Ferrari de ne pas jouer collectif

"Nous faisons encore trop d’erreurs en termes d’exécution"

Hamilton reproche encore à Ferrari de ne pas jouer collectif
Auteur : Franck Drui
6 septembre 2026 - 07:21

Lewis Hamilton estime que Ferrari doit désormais davantage travailler en équipe si elle veut préserver ses dernières chances de revenir dans la course au titre. Distancé de 59 points par Kimi Antonelli, le Britannique a été devancé par Charles Leclerc à Monza, mais les choix opérationnels de la Scuderia lors des qualifications ont une nouvelle fois nourri ses interrogations. Entre aspiration mal exploitée, attente en Q2 et sortie trop tardive en Q3, Hamilton considère que Ferrari laisse encore échapper des opportunités.

À Monza, Hamilton s’est qualifié cinquième, juste derrière Charles Leclerc, alors que son déficit sur Kimi Antonelli s’élève désormais à 59 points. Sur la grille Hamilton s’élancera 4e et Leclerc 3e après application d’une pénalité de trois places à Oscar Piastri, qui a gêné Liam Lawson en qualifications.

Le pilote Mercedes, leader du championnat, doit toutefois s’élancer depuis le fond de la grille en raison d’une pénalité moteur, ce qui offre théoriquement à Hamilton et Ferrari une occasion de réduire une partie de leur retard.

Le Britannique dispose par ailleurs de 28 points d’avance sur Leclerc au championnat. Une hiérarchie qui commence à devenir importante dans la manière dont Ferrari doit gérer ses deux pilotes, selon Hamilton, qui avait déjà estimé à Zandvoort que l’équipe n’avait pas suffisamment favorisé le pilote le mieux placé au classement.

À Monza, il a de nouveau insisté sur l’importance d’une approche collective, tout en soulignant l’ampleur du retard qui sépare encore Ferrari d’Antonelli et de Mercedes.

"Nous sommes à un moment de l’année où 59 points représentent un déficit énorme, vraiment énorme, à combler, surtout lorsque Mercedes continue d’être l’équipe la plus rapide. Donc oui, nous devons travailler en équipe."

Hamilton a ensuite laissé planer quelques secondes de silence avant de poursuivre, sans réellement achever son raisonnement.

"Avons-nous été... et si jamais cela devait changer... Nous verrons bien, mais tout ce que je peux faire, c’est venir ici et faire le meilleur travail possible."

Le contexte de Monza rendait la gestion des aspirations particulièrement importante. Hamilton disposait ce week-end de la priorité sur Leclerc concernant l’ordre de passage en qualifications, mais il avait naturellement choisi de rouler derrière son équipier, l’aspiration ayant une valeur particulièrement importante sur le circuit italien.

Leclerc avait déjà reconnu jeudi que cette situation existait, tout en indiquant qu’il ne s’attendait pas à ce que Ferrari "compromette" ses propres qualifications pour favoriser Hamilton. Le Monégasque avait même expliqué qu’il aurait accepté de donner l’aspiration à son équipier tout en bénéficiant lui-même de celle d’une autre monoplace.

Cette question a pris une importance particulière en Q2. Hamilton a bien failli ne pas accéder à la dernière partie des qualifications, puisqu’il n’a devancé Gabriel Bortoleto, 11e, que d’un seul millième !

Le Britannique estime que la stratégie adoptée en partie par Ferrari, notamment en raison du choix de Leclerc de ne pas prendre la piste en premier, l’a privé d’une tentative supplémentaire.

"Nous étions censés faire un tour rapide, deux tours de refroidissement, puis un autre tour rapide. Mais comme tout le monde attendait et que Charles ne voulait pas sortir en premier, nous avons dû attendre, attendre, attendre. Et finalement, nous n’avons eu qu’un seul tour rapide. Et oui, cela a rendu les choses assez difficiles pour nous."

La situation ne s’est pas réellement améliorée en Q3. Hamilton devait normalement suivre Leclerc lors des deux tentatives afin de profiter de son aspiration, mais Ferrari ne l’a pas envoyé en piste suffisamment tôt lors du premier passage.

Le Britannique s’est donc retrouvé seul, très loin derrière la majorité du peloton, perdant l’avantage que pouvait lui procurer l’aspiration.

"Je n’avais pas de roues montées sur la voiture et tout le monde est parti alors que mon moteur tournait. J’ai perdu 25 secondes. Dingue !"

Cette mauvaise gestion a également eu des conséquences sur sa deuxième tentative, puisque le fait de suivre une autre monoplace modifie considérablement les repères du pilote, notamment à l’approche des zones de freinage.

"Et cela m’a simplement fait perdre le rythme pour la deuxième tentative parce que lorsque vous suivez une autre voiture, lorsque vous êtes dans son aspiration, vous arrivez beaucoup plus vite, donc les zones de freinage sont différentes. Et lorsque vous êtes seul, vous perdez les aspirations. Beaucoup de temps a été perdu sans les aspirations."

À Monza, où chaque pilote tente de trouver le meilleur compromis entre aspiration et position sur la piste, ces détails opérationnels peuvent peser lourd. Hamilton considère justement que Ferrari n’a pas parfaitement négocié ces moments décisifs.

"Je ne comprends pas vraiment pourquoi nous manquions autant de rythme, parce que nous aurions dû avoir le rythme que nous avions lors de la première séance, mais tout le monde a progressé."

"Je pense qu’à la fin, l’équipe était uniquement concentrée sur le fait d’essayer d’avoir une aspiration équivalente sur l’ensemble du circuit et nous avons simplement trébuché."

Hamilton reste évasif sur les discussions internes

La situation faisait forcément écho aux événements de Zandvoort, où Hamilton avait déjà exprimé sa frustration concernant la manière dont Ferrari avait géré la course et la hiérarchie entre ses deux pilotes.

Interrogé sur les discussions menées depuis afin d’améliorer le travail d’équipe et la stratégie, le septuple champion du monde a marqué un long silence avant de... ne pas répondre pour ne pas s’attarder sur les échanges internes avec Ferrari.

Il a plutôt choisi de mettre en avant la performance de Pierre Gasly et d’Alpine, qui avaient manifestement mieux géré cet aspect à ses yeux.

"Ce que je peux dire, c’est que Gasly a fait un excellent travail de... clairement, en regardant de loin, Alpine semblait avoir très bien travaillé en équipe."

"La lumière au bout du tunnel" s’estompe

La question centrale demeure toutefois celle de la hiérarchie à établir chez Ferrari. Hamilton conserve une chance mathématique non négligeable de revenir dans la lutte pour le titre, mais celle-ci se réduit à mesure que les Grands Prix passent.

Le Britannique reconnaît lui-même que la fenêtre se referme progressivement, même s’il tient à souligner les efforts considérables réalisés par Ferrari sur le développement de sa monoplace.

"Il y a de la lumière au bout du tunnel, mais elle devient de plus en plus faible à mesure que nous avançons. Même si l’équipe fait un travail extraordinaire en apportant des évolutions et en nous faisant progresser, je suis tellement fier de tous ceux qui travaillent, je le dis tout le temps, c’est parce que je le pense vraiment... donc même s’il y a ça, nous faisons encore trop d’erreurs en termes d’exécution."

"Je ne pourrais pas faire ce que je fais sans voir l’excellent travail de tout le monde, et j’ai toujours le sentiment de devoir m’assurer de les remercier et de reconnaître leurs efforts, parce que je veux qu’ils continuent à pousser, qu’ils restent affamés et qu’ils conservent cette passion et cette flamme."

"Mais aussi sur le circuit, nous devons être à la hauteur de leur travail et agir en conséquence pour nous assurer d’obtenir le résultat dont nous avons besoin."

Ferrari doit-elle favoriser Hamilton ?

C’est tout le dilemme auquel Ferrari est désormais confrontée. Leclerc dispose d’un contrat portant sur plusieurs années et conserve lui aussi une possibilité mathématique de jouer le titre. Avec encore 283 points à distribuer cette saison, le Monégasque peut légitimement considérer que son championnat n’est pas terminé.

D’autant que le duel entre les deux pilotes Ferrari est particulièrement équilibré cette année. Il serait donc difficile pour la Scuderia d’expliquer à Leclerc qu’il doit abandonner ses propres ambitions pour favoriser Hamilton.

La pénalité infligée à Oscar Piastri pour avoir gêné Liam Lawson a néanmoins modifié la situation sur la grille. Hamilton gagne une position et s’élancera finalement quatrième, tandis qu’aucun autre concurrent ne se retrouve désormais entre les deux Ferrari et George Russell.

Cette configuration donne à Hamilton une opportunité supplémentaire de demander un véritable travail d’équipe dimanche afin de tenter de battre Mercedes.

"Bien sûr, il y a une chance de se battre, je l’espère, avec George. C’est une Mercedes à l’avant. Donc j’espère que cela nous donnera une chance de travailler en équipe pour essayer de les faire tomber."


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