Hamilton réalise ‘un de ses rêves les plus fous’ avec sa première victoire pour Ferrari
Il revient sur le travail titanesque derrière ce succès
Il l’a fait ! Comme Michael Schumacher il y a 30 ans tout juste, Lewis Hamilton a remporté sa première victoire, avec Ferrari, sur le tracé de Barcelone. Un succès obtenu au mérite : puisque même sans la voiture de sécurité virtuelle, le Britannique aurait eu assez de marge pour l’emporter sur la Mercedes de George Russell. Une victoire qui vient confirmer les progrès de Lewis depuis Montréal au moins… et qui en appelle d’autres ?
Comme il pouvait s’y attendre, Lewis Hamilton a été assailli par les félicitations mais aussi par les journalistes après son succès à Barcelone ! Avec un peu plus de recul, trouvait-il les mots justes pour décrire l’émotion de sa première victoire en rouge ?
« C’était la plus longue zone d’interviews télévisées que j’aie jamais connue. Je pense qu’il va certainement me falloir quelques jours pour vraiment... C’est sûr que je repenserai à ce moment en me disant : "Mince, j’aurais aimé trouver les mots justes". Comment trouver les mots adéquats pour exprimer une émotion qui dépasse vos rêves les plus fous ? »
« Vous savez, je croyais sincèrement en ma décision de rejoindre Ferrari. Je croyais vraiment en ce que cette équipe pouvait accomplir, en ce que nous pouvions accomplir ensemble. Et je sais que tout a commencé avec beaucoup d’enthousiasme, puis beaucoup de doutes et de négativité qui ont perduré pendant toute une année. »
Lewis Hamilton a tenu des mots forts à la radio : ce sont ses fans, sa famille aussi, qui lui ont « rappelé » la légende qu’il était.
« J’ai vraiment le sentiment que mes fans m’ont sauvé l’année dernière, tout comme ma famille et mes amis qui sont restés à mes côtés à travers tout cela. En entamant une nouvelle saison, une nouvelle année, les très nombreux changements effectués en coulisses m’ont permis d’atteindre la position dans laquelle je me trouve. Je ressens simplement énormément de gratitude, beaucoup de fierté, et je suis très, très fier des personnes avec lesquelles je travaille. Ils sont tellement passionnés, ils ont tellement d’humilité et sont d’une telle gentillesse. Et, vous savez, les voir chanter l’hymne national était "waouh", c’était un sentiment incroyable. Tout simplement le meilleur. »
La 106e victoire de Lewis Hamilton en F1 (il améliore ainsi son propre record) est certainement l’une des plus spéciales… Dans son top 5 personnel, avec celle à Silverstone en 2024 ?
« Elles sont toutes spéciales à leur manière. Chacune a sa propre histoire. Par exemple, celle de Silverstone en 2024 a été, à sa façon, un moment monumental pour moi, car c’était un instant où je pensais peut-être ne plus jamais gagner. Et puis, après une année comme celle de l’an passé, il y a indéniablement eu des moments où je me disais : "Mince, c’est peut-être vrai qu’à un certain stade, on perd le truc". »
Lewis Hamilton aurait donc douté de lui-même ?
« Eh bien, je ne suis qu’un être humain. Donc, vous savez, il y a des moments où je vois ces choses et c’est sûr qu’il y a des instants où j’ai laissé cela m’atteindre et me toucher profondément. Mais ensuite, je suis passé par une phase où je me suis déconnecté de cette matrice. Je l’ai dit l’an dernier, j’ai passé beaucoup de temps avec ma famille, beaucoup de temps avec mes amis, de vraies personnes qui me connaissent, qui n’ont jamais douté de moi, qui sont restées à mes côtés toute ma vie. »
« On l’a toujours en soi, ça demande juste du travail. Cela demande de la persévérance, de croire constamment en soi pour puiser dans ses ressources intérieures, pour rester vif, rester en forme. »
Cet hiver, Lewis Hamilton a mené un travail titanesque, avec ses ingénieurs notamment, pour changer ce qui devait être changé. Il a aussi travaillé sur sa forme physique, étincelante sous la chaleur catalane. Et on voit le résultat aujourd’hui.
« Je me sens très bien physiquement, vous savez, en courant contre des jeunes de 19 ans qui font un travail exceptionnel, mais je me sens en pleine forme. Je trouve que c’est tellement tôt dans la saison pour en arriver là. »
Ferrari avait-elle aussi, à un moment, douté du potentiel de son champion ?
« Je n’ai pas vraiment eu l’impression d’avoir dû le rappeler à l’équipe. Vous savez, ils ont été si gentils. On rentre au garage après une course difficile et ils vous disent simplement : "Ne t’inquiète pas, ça ira mieux la prochaine fois". Ils sont d’un tel soutien à travers tout ça. Mais il est certain que des résultats comme celui-ci changent tout et, s’il y a un manque de confiance, cela restaure tout. J’espère que l’écart et la course ont été convaincants, mais je pense que cela se met en place depuis les dernières courses. Les changements que j’ai demandés et pour lesquels j’ai poussé toute l’année dernière ont été faits, et j’ai maintenant la bonne équipe autour de moi, j’ai maintenant la bonne voiture autour de moi, et je peux désormais commencer à faire ce que je fais de mieux. »
Un changement d’ingénieur de course décisif pour Lewis Hamilton ?
Parmi les changements opérés cet hiver, chacun aura noté celui de l’ingénieur de course de Lewis Hamilton : à son poste, Carlo Santi semble apporter du talent, du professionnalisme, de la rigueur mais aussi de la joie partagée… Bref, tout ce qui manquait au Britannique l’an dernier. C’est d’ailleurs Santi qui a sabré le champagne avec Lewis Hamilton sur le podium de Barcelone. Santi est-il devenu son Bono italien ?
« Oui, c’était génial de l’avoir là-haut. Je pense que le fait qu’il ait en quelque sorte pris le relais cette année, qu’il ait plongé et se soit investi à fond avec moi... Nous ne nous connaissions pas, nous ne nous étions jamais parlé et je ne savais rien de lui. Et nous nous sommes rencontrés et je crois que le courant est tout de suite passé. Mais c’est formidable de pouvoir créer un lien avec un ingénieur différent de celui que j’avais avant. »
« Vous savez, j’ai eu la même dynamique pendant si longtemps et puis on perd un peu ce sentiment parce que Bono le fait maintenant avec Kimi. C’est vraiment génial de pouvoir partager cette expérience avec lui sur ce podium. Et aussi, il est probablement très, très discret. On sentait que c’était difficile pour lui d’exprimer ses émotions. Il était juste très souriant et, vous savez, je lui faisais de gros câlins en le serrant contre moi pour lui dire merci. J’aime à penser que cela a probablement ravivé l’amour qu’il porte à son métier d’ingénieur, tout comme il l’a fait pour moi en tant que pilote. »
Lewis Hamilton a eu aussi un mot pour son directeur d’écurie, Frédéric Vasseur, qui l’a recruté chez Ferrari… et qu’il connait depuis au moins la F2.
« Eh bien, tout d’abord, je ne serais pas dans cette équipe sans Fred. C’est Fred qui a rendu cela possible, ce dont je lui suis incroyablement reconnaissant. Je pense que l’année dernière a été très, très difficile à gérer pour lui. Mon arrivée a été un grand choc pour le système, car je m’exprime beaucoup. Si je vois quelque chose qui ne me semble pas juste, ou si je pousse très, très fort, c’est l’essence même de ce que je suis et je suis implacable là-dessus. Et je crois que ce n’est pas facile quand on jongle aussi avec toute une organisation, vous savez, et une culture qui est en elle-même établie d’une certaine manière. »
« De plus, vous savez, il est Français dans une culture italienne. C’était beaucoup de choses à gérer pour lui et je pense que c’était très, très dur car il devait évidemment aussi s’occuper des médias. Mais il a continué à y croire, a continué à être un bon ami, a continué à être un excellent coéquipier et un allié, et d’un grand soutien. Et, en fin de compte, j’ai dû vraiment insister, vraiment demander certains changements. Et il a fait en sorte qu’ils se réalisent, ce dont je lui serai éternellement reconnaissant, car cela ne se serait pas produit sans ces changements. Alors un grand, grand merci à lui. »
Une première victoire avec Ferrari à Barcelone : Hamilton comme Michael Schumacher
Il y a 30 ans, Michael Schumacher remportait donc aussi sa première victoire, sous la pluie, pour Ferrari à Barcelone. Ce parallèle n’a pas manqué d’interpeller l’autre septuple champion du monde Ferrari…
« C’est la première étape de notre histoire. Et je viens tout juste d’apprendre, on vient de me rappeler que c’était il y a 30 ans que Michael a gagné. Vous savez, j’aurais été chez moi sur mon canapé en train de regarder cette course, probablement comme beaucoup d’entre vous, avec une assiette sur les genoux, en train de manger un sandwich, ou peut-être une soupe de nouilles au poulet ou quelque chose comme ça. J’avais 12 ans, si je ne courais pas. Et, oui, je regardais cette voiture rouge en me disant : "Je me demande ce que ça fait d’être assis dans ce cockpit rouge ?" Mon cockpit se trouve être blanc, ce dont je n’ai pas été très satisfait. Je voulais qu’il soit rouge comme celui de Michael. Je le ferai repeindre en rouge à un moment donné. »
« Mais, oui, ce que ça ferait d’être assis dans cette voiture rouge, ce que j’ai pu expérimenter l’année dernière, mais ensuite être dans cette combinaison rouge, à la première place devant cette équipe incroyable qui chantait l’hymne national... Et je crois que le son était coupé car ils étaient désynchronisés avec la chanson, mais c’était vraiment incroyable d’y assister, de voir la joie dans leurs yeux et de la ressentir avec eux. J’ai failli m’évanouir après les avoir serrés dans mes bras. Mon cœur explosait de joie. »
Debriefing du GP de Barcelone
Le debriefing aura lieu mardi soir à 20h pile sur notre chaine Twitch.
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