Ferrari refuse d’admettre ses erreurs, un problème profond à Maranello
Steiner accuse la Scuderia de s’obstiner dans ses erreurs stratégiques
Gunther Steiner estime que Ferrari souffre d’un problème de culture interne qui l’empêche de reconnaître suffisamment rapidement ses erreurs, au détriment de ses performances en piste. L’ancien directeur de Haas prend pour exemple les décisions stratégiques prises lors du Grand Prix de Bahreïn disputé en Malaisie, où Lewis Hamilton et Charles Leclerc ont été pénalisés par un mauvais choix de pneumatiques au départ. Mais l’Italien s’est également exprimé sur les spéculations entourant une éventuelle arrivée de Christian Horner à Maranello, un scénario qu’il juge incompatible avec le maintien de Frédéric Vasseur à la tête de la Scuderia.
Invité du podcast The Red Flags, Steiner a voulu illustrer sa théorie sur le manque d’agilité de Ferrari par un exemple très récent. Il est revenu sur le Grand Prix de Bahreïn organisé exceptionnellement à Sepang, en Malaisie, et sur les décisions prises par Ferrari dans des conditions météorologiques particulièrement délicates.
Alors que la piste était humide, l’écurie italienne avait choisi de faire partir ses deux pilotes en pneus tendres pour piste sèche, espérant tirer profit d’une évolution favorable des conditions.
Ce pari s’est rapidement retourné contre elle. Hamilton et Leclerc ont perdu de nombreuses positions dès les premiers tours, contraints de remonter depuis le fond du classement après une entame de course particulièrement compliquée.
Les deux pilotes sont néanmoins parvenus à limiter les dégâts en terminant respectivement troisième et quatrième, mais Steiner considère que Ferrari aurait pu réagir beaucoup plus rapidement à son erreur initiale.
Pour l’ancien patron de Haas, le problème ne réside pas uniquement dans la décision de chausser les pneus tendres au départ. Il estime surtout que Ferrari a trop tardé à corriger son choix, contrairement à McLaren, qui a rapidement adapté sa stratégie en faisant passer Oscar Piastri sur les pneumatiques intermédiaires.
Steiner considère que cette différence de réaction traduit deux approches très distinctes dans la manière de gérer les erreurs.
"Chez McLaren, c’est plutôt : "’on, je pense que nous avons pris la mauvaise décision, alors corrigeons-la’. Chez Ferrari, c’est : ’Non, nous devons montrer que nous avons pris la bonne décision, même si elle est mauvaise, parce que nous ne pouvons pas admettre que nous nous sommes trompés’."
Selon lui, cette attitude ne résulte pas nécessairement d’une discussion explicite entre les responsables de l’équipe. Elle serait plutôt liée à une forme de réflexe collectif, poussant les décideurs à défendre leurs choix initiaux au lieu de les remettre immédiatement en question.
"Ce n’est pas comme si vous en discutiez ouvertement sur le moment. C’est simplement quelque chose que vous avez dans un coin de la tête... ’Bon, cette décision doit être la bonne, ne la changeons pas, parce que sinon, cela reviendrait à admettre qu’elle était mauvaise’."
Horner chez Ferrari : une possibilité relancée par ses déclarations
Les difficultés de la Scuderia alimentent également les interrogations autour de sa direction, alors que le nom de Christian Horner a de nouveau été associé à Ferrari.
L’ancien dirigeant de Red Bull a récemment confié au quotidien britannique The Times qu’il pourrait envisager de prendre des responsabilités à Maranello.
Horner a décrit la perspective de travailler pour Ferrari comme "le rêve" et indiqué qu’il s’agirait, à ce stade de sa carrière, de la seule équipe pour laquelle il accepterait un poste sans participation au capital.
Cette déclaration représente une évolution notable de sa position, puisqu’il avait précédemment laissé entendre qu’il ne souhaitait plus travailler pour quelqu’un d’autre et privilégiait un projet dans lequel il pourrait détenir une participation.
Steiner estime que ce changement de discours pourrait simplement refléter les difficultés rencontrées par Horner pour concrétiser ses ambitions initiales de retour en Formule 1.
"Je pense que Christian veut revenir en Formule 1, et il avait clairement dit qu’il ne voulait plus travailler pour quelqu’un d’autre. Manifestement, son plan A ne fonctionne pas, alors il passe au plan B, et il n’obtiendra pas de participation au capital de Ferrari s’il va travailler là-bas."
"Je pense qu’il veut revenir et qu’il voit une opportunité chez Ferrari."
L’ancien directeur de Haas souligne également que ces déclarations permettent à Horner de rester au centre de l’actualité de la Formule 1. Sur un ton plus léger, il suggère même que cette exposition médiatique pourrait être utile à la promotion du livre que l’ancien patron de Red Bull s’apprête à publier.
"Il n’y a rien de négatif pour lui dans tout cela. Il sort un livre, donc cela aidera peut-être à le vendre, ou peut-être pas, nous n’en savons rien, mais au moins, cela lui apporte un peu de publicité."
Si une arrivée de Christian Horner chez Ferrari dans les mois ou années à venir reste très hypothétique, elle soulève une question majeure : pourrait-il travailler aux côtés de Frédéric Vasseur, actuellement à la tête de la Scuderia ?
Pour Steiner, la perspective de voir les deux hommes travailler ensemble au sein de la direction de Ferrari est particulièrement improbable.
"Je ne pense pas que cela arrivera, que Fred reste là-bas pour travailler sous les ordres de Christian. Fred est lui-même quelqu’un qui a très bien réussi. Mais avant toute chose, je ne sais pas si Fred veut partir ou s’il doit partir."
"Au bout du compte, Fred a un contrat, mais quelle valeur ont les contrats en Formule 1 ? Pas grand-chose, j’imagine. Mais il n’y a pas de place pour les deux. C’est mon avis sur la question. Un duo, cela n’arrivera pas."
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