‘Déprimé’ et ‘épuisé’ : Tsunoda revient sur la ‘saison la plus dure’ de sa vie chez Red Bull
Il se sent prêt pour un retour comme titulaire en F1
Yuki Tsunoda retrouvera-t-il un jour un volant de titulaire en F1 ? Rien n’est moins sûr puisque le Japonais, hier titulaire aux côtés de Max Verstappen, est désormais le 3e pilote de l’équipe. Et les très bons débuts d’Isack Hadjar n’augurent rien de bon pour un retour de Tsunoda dans l’équipe-mère.
Comme trop souvent ces dernières années, la promotion chez Red Bull aura donc été, en 2025, un cadeau empoisonné pour Yuki Tsunoda. Pourtant, le Japonais semblait mieux préparé qu’un Liam Lawson par exemple : puisqu’il courait depuis 2021 chez AlphaTauri-Racing Bulls).
Pour le site officiel de la F1, Yuki Tsunoda est revenu sur son parcours et notamment ses débuts prometteurs. Trop prometteurs peut-être, car ils auront nourri une certaine hype autour de lui ?
« Ça a très bien commencé – presque trop bien. Lors des essais de pré-saison, j’étais 2e au classement général, à quelques millisecondes de Max, dans une AlphaTauri. Puis lors de la première séance de qualifications, la Q1, premier tour, je suis passé avec un seul train de pneus, et j’étais à côté de Lewis [Hamilton]. Je me sentais comme un héros ! »
« J’ai été éliminé en Q2 après ça, car je suis passé aux pneus médiums et je ne me suis pas bien adapté, mais j’ai quand même marqué des points en course, remontant à la 9e place après avoir failli chuter à la dernière place à cause d’un mauvais départ. Donc, ma première course s’est vraiment bien passée. »
Ce premier Grand Prix réussi a presque été une mauvaise nouvelle pour Tsunoda : car le reste de la saison, il a semblé perdre pied sur la majorité des courses (sauf à Abu Dhabi où il finit 4e). Ce fut là un de ses grands points faibles, et il le reconnaît aujourd’hui : la gestion de la pression et des émotions.
« Le contrôle des émotions était probablement l’un de mes points les plus faibles lorsque j’ai débuté en F1. J’ai presque dû changer de personnalité. »
« Je pense que c’est au cours de ma troisième année, dans la seconde moitié, que j’ai commencé à me dire : "D’accord, je suis en bonne forme", en ce qui concerne le fait que tout a commencé à se mettre en place. J’ai ensuite pensé : "Quelle est la prochaine étape ?", ce qui serait le rôle de leader de l’équipe, être dans une position de responsabilité, et être quelqu’un sur qui l’équipe peut compter. »
« Pour cette étape, vous avez besoin de contrôle émotionnel, ce qui était probablement l’un de mes points les plus faibles lorsque j’ai débuté en F1. Sur le circuit, il y avait beaucoup d’émotions de ma part envers les gars à la radio, et envers les ingénieurs. Au début, ça allait, mais ça a commencé à faire un peu trop, et particulièrement avec un rôle à responsabilités, vous voulez donner des retours plutôt que de partager des émotions. »
« J’ai presque dû changer de personnalité. Cela a pris un peu de temps, mais je pense qu’à partir de la quatrième année, en 2024, je me suis plutôt bien adapté. J’ai pu atteindre le niveau que je voulais en termes de contrôle émotionnel, et j’ai fait une saison solide. »
Pourtant, au début de la saison 2025, c’est bien Lawson qui a été préféré à Tsunoda pour commencer la saison aux côtés de Max Verstappen.
Pas pour longtemps cependant : au bout de deux Grands Prix seulement, Lawson était écarté manu militari, et Tsunoda le remplaçait chez Red Bull !
Cette promotion tant attendue a été cependant difficile à digérer pour Tsunoda, qui a dû se plier aux caractéristiques d’une monoplace qu’il n’avait pas pilotée aux essais hivernaux…
« En 2025, j’ai pris mon meilleur départ de toutes mes saisons – j’étais 5e aux qualifications en Australie, et j’étais 6e au Sprint en Chine. C’est une génération de voiture dans laquelle j’ai passé trois ans, et une partie de celle-ci, c’est sûr, venait de mon ADN. J’ai donné beaucoup de retours, et la façon dont la voiture a été conçue correspondait principalement à ce que j’avais demandé à l’équipe. C’était une voiture magnifique. »
« Si j’étais resté chez Racing Bulls, cela aurait probablement été ma meilleure saison, mais en même temps, j’avais une belle opportunité de passer chez Red Bull. C’était le moment que j’attendais – depuis longtemps. C’était aussi très, très spécial de faire le saut chez Red Bull lors de mon Grand Prix national au Japon… Certainement le plus grand moment de ma vie. »
Mais Tsunoda n’a fait ensuite que souffrir, face à Max Verstappen, au volant de la Red Bull. Il en parle encore en termes très crus et honnêtes.
« Après le Japon, ce fut définitivement la saison la plus difficile de ma carrière, et de ma vie. Mais en même temps, j’ai beaucoup appris sur moi-même, j’ai traversé beaucoup de choses… Je pense qu’en tant qu’humain, j’ai beaucoup plus grandi, du point de vue de la personnalité. »
« Évidemment, vous êtes toujours épuisé après une course, et pendant les semaines où vous n’avez pas de course, vous voulez normalement en profiter un peu et faire une remise à zéro. Quand j’ai essayé de faire ça la saison dernière, je me sentais juste super déprimé émotionnellement, et je ne savais pas d’où ça venait. »
« Je me suis dit : "D’accord, c’est quelque chose que je dois changer". J’avais besoin d’une aide extérieure pour être plus heureux et pour apprendre à me connaître. Il fallait reconnaître que, en fait, je ne savais pas grand-chose sur moi-même, car si je pense à ce qui me rendra heureux en dehors de la course, et aux choses qui me donneront constamment de l’énergie positive… »
« J’ai commencé à penser à moi-même, et assurément, sans cette saison, je n’aurais pas trouvé ce genre de solution. »
Quel avenir pour Yuki Tsunoda en F1 ?
Désormais pilote de réserve Red Bull, Yuki Tsunoda peut logiquement s’inquiéter pour la suite de sa carrière en F1. Un espoir pourrait être de revenir chez Aston Martin, si toutefois le partenariat moteur avec Honda traverse les épreuves actuelles.
Comment Yuki Tsunoda juge-t-il ses chances de retour en F1 ? Avec Red Bull ou avec une autre équipe ? En a-t-il même l’envie ?
« J’ai pu réaliser à quel point je tiens à ce sport, et à quel point j’ai faim de retrouver un baquet. »
« Je pense me montrer, pas seulement chez Red Bull mais dans le paddock en général, est assez important. Je veux encore… Je n’abandonne pas l’idée de piloter en F1. Plutôt que d’aller dans d’autres séries et de courir… C’est aussi en partie bien, parce qu’on reste affûté, mais en même temps, on ne sait pas trop ce qui se passe en F1. »
Yuki Tsunoda l’avoue enfin, il souffre à voir ses anciens collègues prendre le départ sans lui chaque dimanche…
« C’était assez dur à regarder, en fait, la semaine de course en Australie. Regarder depuis l’écran était indéniablement quelque chose de… différent. Ça allait lors des essais de Bahreïn, mais la semaine de course était une autre histoire, et c’était vraiment dur. En même temps, j’ai pu réaliser à quel point je tiens à ce sport, et à quel point j’ai faim de retrouver un baquet. »
« Mais je ne pense pas trop à l’avenir, car ce n’est pas sous mon contrôle. Il s’agit plutôt de toujours penser à comment je peux tirer le meilleur parti de la journée, même le jour où, évidemment, vous n’êtes pas dans la meilleure position. »
« Je me concentre aussi sur moi-même, pour être dans un endroit où je suis heureux. Quand on est dans une saison de F1, on ne peut pas vraiment se concentrer sur soi-même, mais maintenant j’ai le temps de penser à moi, de passer en quelque sorte du temps pour moi, et d’être dans un moment heureux. »
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