De Williams à favori pour le titre : Russell prêt pour la consécration ?

Le pilote Mercedes F1 veut récolter les fruits d’un long apprentissage

Auteur : Franck Drui
28 mars 2026 - 17:16
De Williams à favori pour le titre : Russell prêt pour la consécration ?

Sept ans après des débuts compliqués en Formule 1, George Russell semble avoir atteint la maturité nécessaire pour viser les sommets. En tête du championnat du monde à l’aube du Grand Prix du Japon, le pilote Mercedes apparaît aujourd’hui comme l’un des grands favoris pour décrocher un premier titre.

Le contraste est saisissant avec sa saison de débutant chez Williams, où il découvrait la discipline dans des conditions particulièrement difficiles, relégué en fond de grille avec une monoplace capricieuse. Dès cette époque, lors du Grand Prix de Grande-Bretagne à Silverstone, le Britannique affichait déjà une lucidité rare : "En F1, il ne s’agit pas seulement de piloter, mais de l’ensemble du package."

Aujourd’hui âgé de 28 ans, Russell estime que ce fameux « package » est désormais presque complet. Il aborde ce week-end à Suzuka en leader du championnat, fort d’une victoire et d’une deuxième place lors des deux premières manches de la saison 2026. À cela s’ajoute un succès en course sprint en Chine, qui lui permet de compter quatre points d’avance sur son jeune coéquipier Kimi Antonelli.

Au volant d’une Mercedes qui fait figure de référence en ce début de saison, Russell affiche une sérénité et une maîtrise qui confirment enfin les promesses entrevues depuis ses débuts. Une approche forgée dans l’adversité, notamment lors de ses années chez Williams.

"Quand j’étais plus jeune, j’étais frustré, je m’énervais, surtout quand j’étais chez Williams et que je terminais avant-dernier chaque week-end," confie-t-il au Guardian à Suzuka. "J’étais furieux. J’ai travaillé toute ma vie pour arriver en F1 et me retrouver à l’arrière, à ne rien pouvoir faire."

Une frustration qu’il a appris à canaliser : "J’ai dû travailler là-dessus : comment gérer ça ? Et j’ai réalisé que je devais simplement me concentrer sur mon travail. Je ne peux pas m’énerver pour quelque chose que je ne contrôle pas. Tout ce que je peux faire, c’est piloter aussi vite que possible, et le résultat sera ce qu’il sera."

"Maintenant, je me retrouve à l’exact opposé et j’ai la même mentalité. Mon objectif est simplement de piloter le plus vite possible. Si cela signifie gagner le dimanche, fantastique, mais je ne vais pas rentrer chez moi le lundi en faisant la fête, car je sais qu’il y a une vision globale : devenir champion du monde."

Passé par des saisons parfois chaotiques chez Mercedes, notamment sous l’ère des monoplaces à effet de sol mal maîtrisées, Russell n’a jamais cessé de progresser. Il n’a pas été intimidé par la comparaison avec le septuple champion du monde Lewis Hamilton, qu’il a battu en qualifications sur leurs trois saisons communes, et devancé au championnat en 2022 et 2024.

Parmi ses faits d’armes, plusieurs victoires marquantes : sa première au Grand Prix de São Paulo 2022, puis à Las Vegas en 2024, sans oublier ses succès au Canada et à Singapour la saison passée. Autant de performances obtenues malgré une monoplace inconstante, qu’il a su exploiter au maximum.

Lorsque Mercedes a pris l’ascendant avec la nouvelle réglementation 2026, Russell était prêt.

"Je ne pense pas avoir quoi que ce soit à prouver, honnêtement," explique-t-il. "Ça m’a beaucoup aidé en vieillissant. Quand on est jeune, on cherche à prouver des choses, à plaire aux bonnes personnes. Maintenant, je m’en fiche un peu. Je veux être moi-même, être heureux avec les gens proches de moi, travailler dur avec mon équipe et piloter aussi vite que possible."

Derrière cette réussite se cache aussi un équilibre personnel soigneusement construit. Russell met en avant un cercle proche essentiel à sa performance : son entraîneur Aleix Casanovas, son manager Harry Soden, mais surtout sa compagne Carmen Montero Mundt, avec qui il est en couple depuis 2020.

"Il n’y a pas beaucoup de personnes avec qui vous pouvez vraiment baisser la garde," explique-t-il. "Avoir ce soutien de quelqu’un qu’on aime fait une énorme différence. On vit une vie spectaculaire, mais on est souvent seul sur la route. À l’hôtel, on est isolé, ce n’est pas une vie sociale classique. Donc ce soutien mental est essentiel."

"Avant une course, s’il y a du stress, je me sens à l’aise d’en parler avec elle. Elle m’aide à gérer ces émotions, ou encore les décalages horaires. Elle comprend vraiment ce sport et ce qu’il faut pour performer à ce niveau."

Avec l’expérience, Russell a appris à prendre du recul.

"En grandissant, on a une meilleure perspective sur la vie. Plus jeune, chaque seconde était dédiée à la F1. Mais être obsédé en permanence peut devenir contre-productif. Il faut trouver ce qui permet d’être performant le samedi et le dimanche."

Leader du championnat avec encore 20 courses à disputer, Russell aborde cette position sans pression apparente.

"Je ne ressens aucun poids, aucune pression supplémentaire. J’ai toujours été enthousiaste à l’idée de courir, même quand j’étais à l’arrière."

"Je ne me dis pas : ’Je mène le championnat, c’est incroyable, c’est mon rêve’. Non. Je n’ai jamais rêvé de mener le championnat. J’ai rêvé de le gagner. Et j’espère ressentir cela à la fin de la saison."


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