Cadillac F1 stagne, Pérez veut comprendre ce qui bloque

Pourquoi l’équipe doit déjà revoir son fonctionnement

Cadillac F1 stagne, Pérez veut comprendre ce qui bloque
Auteur : Franck Drui
27 août 2026 - 18:09

Sergio Pérez ne cache plus son impatience face à la stagnation de Cadillac. Pour sa première saison en Formule 1, la nouvelle écurie américaine découvre les exigences d’un championnat où chaque détail compte, mais ses dernières courses ont laissé un goût amer au pilote mexicain. Après plusieurs problèmes de fiabilité et des performances qui peinent à progresser, Pérez estime que l’équipe doit revoir ses méthodes pour repartir de l’avant et préparer au mieux son véritable premier grand défi : la saison 2027.

Depuis ses débuts au Grand Prix d’Australie, Cadillac a connu des fortunes diverses. Valtteri Bottas a décroché une meilleure performance limitée à une 13e place en Chine, tandis que l’équipe a également été confrontée à plusieurs problèmes de fiabilité. Pérez, arrivé en Formule 1 en 2011, apprécie néanmoins profondément son rôle dans la construction de cette nouvelle structure.

"Je me sens vraiment comme une partie de ce projet, de cette nouvelle ère, en train de construire quelque chose à partir de zéro," a-t-il expliqué dans le dernier épisode du podcast officiel de la F1, Beyond The Grid.

"Bien sûr, je veux gagner des championnats et me battre aux avant-postes."

Le Mexicain estime toutefois que Cadillac représente une motivation particulière précisément parce qu’il participe à la construction d’une équipe depuis ses fondations.

"Mais si vous n’avez pas cette opportunité, je pense que Cadillac est quelque chose qui me motive énormément, parce que c’est comme construire une équipe à partir de zéro et commencer pratiquement de la dernière place pour voir jusqu’où nous pouvons aller ensemble. Je sens qu’ici, je suis beaucoup plus qu’un pilote."

"En même temps, ils m’écoutent beaucoup sur différentes choses, sur le développement et tout ce qui s’y rapporte. Seuls quelques pilotes peuvent connaître cela dans leur carrière et c’est la première fois que cela m’arrive."

Pérez constate un coup d’arrêt

Cette implication rend d’autant plus frustrante la situation actuelle. Après des débuts difficiles mais prometteurs, Pérez estime que Cadillac a cessé de progresser au rythme nécessaire lors des dernières manches.

"Je pense que les dernières courses ont été une déception. Il y a beaucoup de déception parce que nous n’avons pas développé la voiture. Nous ne progressons pas. Pour une nouvelle équipe, c’est ce que nous devrions faire, à chaque fois."

"J’ai donc eu le sentiment qu’il y avait un peu de stagnation lors des dernières courses et c’est pourquoi nous avons dû revoir la manière dont nous faisions les choses. Évidemment, en tant que nouvelle équipe, nous apprenons constamment beaucoup de choses."

"Je ne pense pas que nous ayons progressé autant que nous l’espérions. Mais le plus important est que nous comprenions et que nous examinions nos processus, pourquoi cela n’est pas arrivé, pourquoi nous n’avons pas progressé dans tous ces domaines différents."

Le pilote Cadillac insiste sur la complexité du problème. Il ne s’agit pas, selon lui, d’identifier une seule faiblesse, mais de faire progresser simultanément plusieurs secteurs.

"Parce que ce n’est pas seulement une chose. En tant que nouvelle équipe, il y a énormément de choses qui entrent en jeu et je peux les voir. Si nous améliorons notre charge, notre comportement en prise d’appui, beaucoup de choses, alors soudainement, nous ne sommes plus si loin."

"Nous sommes à l’arrière, mais gagner une demi-seconde, une seconde, changera complètement notre vie à ce stade. Je sens que, pour nous, en tant que nouvelle équipe, c’est là. C’est possible."

L’arrivée de Budkowski comme nouveau point de départ

Cadillac a récemment revu son organisation avec l’arrivée de Marcin Budkowski au poste de directeur de l’équipe. Le Polonais a remplacé Graeme Lowdon avant le Grand Prix des Pays-Bas et représente désormais un nouvel élément important dans la progression de la structure américaine.

Pérez attend beaucoup de cette nouvelle étape et espère que les progrès réalisés en cette fin de saison permettront à Cadillac d’aborder 2027 dans une position nettement plus favorable.

"Je veux voir davantage de progrès, réduire l’écart avec les équipes devant nous et être capables de nous mêler davantage à elles en course," a expliqué le Mexicain.

"Être capables de réduire cet écart nous permettra simplement de commencer l’année prochaine dans une bien meilleure situation."

"Évidemment, j’ai hâte de travailler avec Marcin, de voir son leadership et je pense qu’il y a énormément de marge pour progresser, pas seulement en matière de performances, mais aussi sur le plan opérationnel, les arrêts aux stands, la stratégie, les pneumatiques, il reste tellement de choses à améliorer."

"Ce ne sont que nos dixième et onzième courses dans notre histoire. Il y a donc énormément de choses. Je veux voir beaucoup plus de progrès, réduire l’écart et je pense que cela nous donnera un énorme coup de pouce pour commencer l’année prochaine."

Une motivation intacte malgré les dernières places

Pour Pérez, cette première saison chez Cadillac constitue également un changement radical après quatre années chez Red Bull, où il a remporté des Grands Prix et régulièrement bataillé aux avant-postes. Désormais, son quotidien consiste davantage à se battre pour les dernières positions du classement.

Pour autant, le Mexicain affirme que cela n’a pas diminué sa motivation.

"Vous êtes toujours en Formule 1. Vous êtes toujours au sommet du sport. Vous travaillez toujours avec les meilleurs ingénieurs du monde. Vous êtes toujours en compétition avec les meilleurs pilotes du monde, même si vous êtes loin d’eux."

"Par exemple, mon équipier est Valtteri Bottas. C’est l’un des pilotes les plus expérimentés de la grille actuelle. C’est l’un des plus rapides. Alors, continuer à relever le défi face à lui, c’est ce genre de motivation."

"Même si nous nous battons pour aucun point, vous parlez toujours le même langage aux ingénieurs, au groupe pneumatiques, à tout le monde."

"C’est fou, mais que vous vous battiez pour le championnat ou pour la 18e place, le langage est très similaire et quelques secondes peuvent changer énormément votre vie en matière de développement."

Pérez cite notamment Aston Martin comme exemple de cette progression potentiellement fulgurante.

"Les Aston Martin se battaient avec nous une semaine auparavant et ensuite, en Hongrie, ils ont fait un énorme bond en avant. Dans deux ou trois mois, ils se battront probablement aux avant-postes et ils parleront le même langage."

Avant son retour en F1, le Mexicain craignait que les combats en fond de grille ne suffisent pas à entretenir sa motivation. Son expérience chez Cadillac lui a finalement prouvé le contraire.

"C’est quelque chose auquel je pensais quand je suis revenu : ’La motivation ne sera pas là parce que je vais me battre à l’arrière’. Mais cela n’a pas été le cas. Je suis très heureux d’être toujours en Formule 1, de parler le même langage avec les personnes qui m’entourent."


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