Avec Pérez, la logique de la performance prend le pas sur la logique de la filière chez Red Bull
Un choix qui pose beaucoup de questions
Pérez chez Red Bull : pourquoi c’est une première depuis 2007 et Webber
La signature de Sergio Pérez, et la rétrogradation d’Alexander Albon comme pilote de réserve Red Bull pour l’an prochain, était attendue. Au-delà de l’effet d’annonce, ce transfert (pour le Mexicain) et ce désaveu (pour le Thaïlandais) entérine un changement de philosophie dans l’équipe de Milton Keynes.
Sergio Pérez est en effet le premier pilote à piloter pour Red Bull sans être passé auparavant par Toro Rosso / AlphaTauri depuis Mark Webber en 2007. 13 ans….
Certes Alexander Albon avait été repêché au dernier moment dans la filière Red Bull en 2018, pour conduire chez Toro Rosso ; certes Max Verstappen avait été aussi signé à la dernière minute dans le programme Red Bull pour piloter chez Toro Rosso ; mais il s’agissait alors de signatures opportunistes pour nourrir l’équipe-fille, jamais encore l’équipe-mère.
La logique de la compétitivité…
En faisant le pari Pérez, Red Bull a ainsi voulu privilégier la logique de la compétitivité pure sur la logique de la filière, priorisant le Mexicain sur les autres pilotes du programme maison, pourtant aussi aptes à la F1 (Alexander Albon, Pierre Gasly, Daniil Kvyat, Yuki Tsunoda…).
Ce choix est logique bien sûr sur le plan sportif. Sergio Pérez a réalisé une saison absolument remarquable avec Racing Point. Même en ayant raté 2 Grands Prix pour cause de coronavirus, il est parvenu à devenir le « meilleur des autres » et à signer deux podiums, dont une victoire étincelante à Sakhir.
La victoire de Sakhir ne tient d’ailleurs ainsi aucunement du miracle : en l’absence de Max Verstappen, qui avait abandonné au premier tour ; en l’absence des Mercedes, empêtrées dans des problèmes d’arrêts aux stands, ce devait être Sergio Pérez, forcément Sergio Pérez, pour ramasser les morceaux. Car à la régulière, le Mexicain a dominé le peloton à Sakhir (où il avait fini avec 9 bonnes secondes d’avance sur Esteban Ocon et… Lance Stroll, tout en étant parti en tête-à-queue au premier virage), comme lors de bien d’autres Grands Prix.
Surtout, le Mexicain aura été impressionnant de constance, de maîtrise des Pirelli, n’aura commis que très peu d’erreurs, et aura mis sous l’éteignoir son coéquipier. Quand on connaît l’importance des pneumatiques dans la F1 contemporaine, cela a sans doute dû peser lourd dans la décision de Milton Keynes… En somme, Sergio Pérez a dominé Alexander Albon alors qu’il n’était pas même dans une Red Bull.
Et Toto Wolff, directeur de Mercedes F1, l’a bien relevé aujourd’hui en voyant l’annonce : "Red Bull se dote d’un pilote rapide avec beaucoup d’expérience. Je vois Perez comme un renfort pour eux. Ils deviendront un rival encore plus grand."
… plutôt que la logique d’une filière asséchée
Mais ces dernières années, Red Bull avait toujours privilégié la logique de la filière à la logique de la compétitive. Autrement, Nico Hülkenberg serait sans doute par exemple arrivé à Milton Keynes l’an dernier… Par le choix Sergio Pérez, Red Bull acte ainsi un changement de philosophie : la compétitivité prend le pas sur la filière.
C’est un désaveu bien sûr pour les pilotes du programme Red Bull ; pour le travail de Helmut Marko dont le bilan devra bien être fait ces prochaines semaines ; et plus globalement, cela confirme que la filière Red Bull est bien « en panne » sèche comme nous l’écrivions il y a un an de cela.
De jeunes pilotes comme Jüri Vips, Jehan Daruvala (les pilotes Red Bull en F2) et bien sûr comme Yuki Tsunoda, le nouvel arrivé chez AlphaTauri, sont ainsi prévenus : désormais, Red Bull priorisera la compétitivité sur la filière ; et être un « bon » pilote made in Red Bull ne suffira plus si un « très bon » pilote est disponible.
Ce changement de braquet tient aussi peut-être au nouveau statut d’AlphaTauri, qui ne sera plus une « équipe-fille » mais une « équipe-sœur » de Red Bull selon Christian Horner. Ainsi Red Bull et AlphaTauri s’inscrivent, de plus en plus, dans une logique de compétitivité ; les prochaines années, la filière aura-t-elle encore du sens ? Le choix Sergio Pérez est en tout cas un sérieux démenti à la nécessité de son existence.
Un baquet Red Bull demeurant suffisamment attractif en soi, à quoi bon financer la carrière de jeunes pilotes quand on peut saisir l’occasion au bon moment ? Ou, pour le dire crûment : à quoi sert Helmut Marko ? Voici quelques interrogations que ne manqueront pas de poser les annonces d’aujourd’hui…
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