Antonelli revient sur le déclic de Suzuka et les neuf victoires qui ont construit son titre mondial

"En fait, nous pouvons gagner ce championnat !"

Antonelli revient sur le déclic de Suzuka et les neuf victoires qui ont construit son titre mondial
Auteur : Franck Drui
2 novembre 2026 - 18:54

Sacré champion du monde de Formule 1 dès sa deuxième saison, Kimi Antonelli n’a pas oublié les critiques qui accompagnaient ses débuts chez Mercedes. Certains estimaient qu’il n’était pas prêt à rejoindre directement une équipe de pointe, et l’Italien reconnaît aujourd’hui qu’ils n’avaient peut-être pas entièrement tort. Mais les difficultés de sa première année ont accéléré sa progression et contribué à faire de lui un pilote capable de jouer le titre. Après neuf victoires cette saison, Antonelli revient sur les moments décisifs de son championnat, les épreuves qui l’ont fait grandir et la concurrence qu’il s’attend à retrouver en 2027, à commencer par son coéquipier George Russell.

Kimi Antonelli est devenu champion du monde à seulement 20 ans, mais son ascension n’a pas été aussi linéaire que son palmarès pourrait le laisser penser. Propulsé directement chez Mercedes pour remplacer Lewis Hamilton, l’Italien avait dû affronter une pression considérable dès ses premiers pas en Formule 1. Ses difficultés initiales avaient alimenté les critiques de ceux qui jugeaient sa promotion prématurée.

Un an plus tard, Antonelli ne cherche pas à effacer cette période de son histoire. Au contraire, il estime qu’elle a joué un rôle déterminant dans sa conquête du titre mondial.

Interrogé sur la motivation supplémentaire que lui avaient apportée les critiques, Antonelli reconnaît qu’il a parfois utilisé les doutes exprimés à son sujet pour alimenter sa détermination. Mais le nouveau champion du monde fait également preuve d’une certaine lucidité sur son niveau lors de sa première saison.

"C’est toujours bien de faire abstraction d’une partie du bruit extérieur et, bien sûr, je pense que, d’une certaine manière, cela permet aussi d’attiser le feu, le fait que certaines personnes aient dit que je n’avais pas ma place en Formule 1 ou que je n’étais pas prêt."

"Ce qui, à un certain moment l’année dernière, était probablement l’impression que je donnais. Je n’étais pas prêt. Mais je pense que le fait d’avoir pu vivre ces moments l’année dernière m’a aussi rendu beaucoup plus prêt pour cette saison."

Antonelli considère notamment que les situations difficiles et les moments de forte pression auxquels il a été confronté lui ont permis de progresser bien au-delà de son seul pilotage.

Il insiste sur une évolution à la fois sportive et personnelle, tout en reconnaissant qu’il lui reste encore beaucoup à apprendre.

"Je pense que le fait d’avoir traversé des situations vraiment difficiles, des moments très compliqués et de forte pression, m’a beaucoup aidé à affronter certaines situations cette année, et cela m’a clairement fait énormément mûrir en tant que pilote et en tant que personne."

"Et même cette année, il y a eu des moments où j’aurais pu faire mieux, beaucoup mieux. Donc, oui, c’est simplement un processus d’apprentissage permanent."

"Mais je pense que, vous savez, le fait d’avoir pu courir directement chez Mercedes l’année dernière, en étant évidemment immédiatement sous le feu des projecteurs, m’a fait progresser beaucoup, beaucoup plus vite que si j’avais rejoint une plus petite équipe, par exemple."

La régularité, véritable clé de son championnat

Avec neuf victoires à son actif, Antonelli aurait pu désigner un Grand Prix particulier comme le moment déterminant de sa conquête du titre. Pourtant, lorsqu’il dresse le bilan de sa saison, l’Italien préfère mettre en avant sa constance plutôt qu’un résultat isolé.

"Je pense que c’est vraiment difficile d’en choisir un. Je crois que l’élément principal a été notre régularité tout au long de la saison, parce que même lorsque les choses semblaient un peu compliquées, nous avons quand même réussi à obtenir un résultat correct, à limiter les dégâts."

"Cela a été la clé : toujours être là."

"Et aussi, je pense que le fait de profiter de chaque week-end, de profiter des week-ends, de les aborder avec passion et avec l’amour de ce sport, de ce que je fais, et d’essayer également d’apprécier chaque instant."

Même à Mexico, alors que la perspective du titre rendait le week-end particulièrement éprouvant sur le plan émotionnel, Antonelli s’est efforcé de conserver cette philosophie.

"Ce week-end a également été très difficile sur le plan émotionnel. Cela n’a pas été facile, mais j’ai quand même essayé d’apprécier cette journée, d’arriver sur le circuit avec ce sentiment que ce pouvait être le jour, et aussi ce que je ressentais sur la grille."

"Donc, oui, j’ai simplement essayé de vraiment profiter de chaque instant, et c’est ce qui a caractérisé cette saison pour moi avec l’équipe. Prendre les courses les unes après les autres et profiter des week-ends, sur la piste comme en dehors, profiter du temps passé avec les mécaniciens, avec les ingénieurs et avec toutes les personnes impliquées, parce qu’au bout du compte, je dois quand même me rappeler que j’ai énormément de chance de pouvoir faire de ce que j’aime mon métier."

Suzuka, le premier véritable tournant

Si la régularité constitue à ses yeux le fondement de son titre, Antonelli identifie néanmoins un moment précis où sa conviction de pouvoir devenir champion s’est renforcée.

Après un début de saison prometteur en Chine, sa victoire à Suzuka, lors du troisième Grand Prix de l’année, lui a permis de prendre la tête du championnat pour la première fois.

"Oui, je pense que Suzuka a évidemment été... Je crois que la Chine a été le point de départ de tout, mais Suzuka a constitué le premier tournant, parce que c’est à ce moment-là que j’ai commencé à mener le championnat."

"Donc, clairement, cela a été un moment clé pour moi, et cela m’a aidé à franchir un nouveau cap mentalement, cela m’a donné une conviction supplémentaire en me disant : ’En fait, nous pouvons gagner ce championnat’."

"Gagner sur un circuit aussi emblématique a été très spécial, parce que, comme je l’ai dit, c’était le premier tournant de mon championnat. Prendre la tête pour la première fois m’a donné cette confiance supplémentaire."

Spa, la victoire qui a effacé l’un de ses pires souvenirs

Invité à choisir la plus marquante de ses neuf victoires, Antonelli refuse de désigner un succès incontestable.

Il cite néanmoins sa victoire à domicile et, surtout, celle de Spa-Francorchamps, qui possède une signification particulière au regard des difficultés traversées sur ce même circuit l’année précédente.

"Difficile à dire. Je pense que la meilleure reste encore à venir, comme toujours. Mais si je devais en choisir une, je dirais ma course à domicile. Une victoire très, très spéciale. Ensuite, bien sûr, il y a la première victoire. Vous savez, la première est toujours très, très spéciale, et je pense qu’elles ont toutes été très spéciales et uniques à leur manière."

"Ensuite, je considère que Spa a été une victoire très spéciale, parce que Spa a probablement été, l’année dernière, le moment le plus difficile de ma carrière. Revenir cette année et gagner sur un circuit où j’avais probablement été au plus bas, c’était très spécial."

"Donc, je pense qu’elles ont toutes été très spéciales et, avec un peu de chance, une victoire encore plus spéciale est en chemin."

Russell, un adversaire qu’Antonelli ne sous-estime pas

Malgré son titre, Antonelli ne s’attend pas à dominer facilement son coéquipier George Russell lors des prochaines saisons.

Le Britannique a connu une année difficile, notamment en raison de plusieurs épisodes malchanceux, mais le jeune Italien reste convaincu de sa capacité à revenir au premier plan.

"Concernant George, oui, je pense clairement qu’il a manqué de chance à certains moments de la saison. Je pense qu’il a été un peu plus malchanceux que moi, pour être honnête."

"J’ai aussi eu mes moments difficiles à Silverstone et à Barcelone. Et après Silverstone, nous avons également dû mettre au rebut notre nouvelle unité de puissance parce qu’elle avait un problème, et nous avons dû prendre une pénalité plus tôt que prévu, à Monza."

"Nous avons clairement connu nos mauvais moments, mais je pense quand même qu’il reviendra sans aucun doute. Vous savez, il est extrêmement rapide. Il a montré cette saison que, lorsqu’il est dans un grand jour, il est très difficile à battre."

Verstappen, Ferrari et McLaren également attendus en 2027

Pour Antonelli, la défense de son titre ne se résumera toutefois pas à un duel interne chez Mercedes. L’Italien s’attend à une concurrence particulièrement relevée en 2027, avec Red Bull et Max Verstappen, mais aussi Ferrari et McLaren.

Il estime donc indispensable de poursuivre sa progression, sans se laisser distraire par les performances de ses adversaires.

"De mon côté, il s’agit simplement de rester concentré sur moi-même, de continuer à placer la barre plus haut, de continuer à progresser et à me développer, parce que je pense qu’au bout du compte, il ne sera pas seulement question de George à la fin de cette saison."

"Je pense aussi que, pour la saison prochaine, Red Bull, particulièrement avec Max, Ferrari et McLaren seront probablement tous aux avant-postes, et que la lutte sera serrée."

"Il sera donc important d’être au meilleur de notre niveau, non seulement face à mon coéquipier, mais aussi face à tous les autres."


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