Albon : les F1 de 2026 vont à l’encontre de mes points forts
Le casse-tête des monoplaces actuelles qu’Albon n’arrive toujours pas à résoudre
Après une saison 2025 encourageante, Williams espérait franchir un nouveau cap en 2026. La réalité s’est révélée beaucoup plus difficile, au point de voir Alex Albon et Carlos Sainz rarement en mesure de se mêler à la lutte pour les points. Pour le Thaïlandais, désormais engagé avec l’équipe jusqu’à fin 2027, une partie de ses difficultés s’explique aussi par les caractéristiques des nouvelles monoplaces, qui ont profondément modifié les domaines dans lesquels un pilote peut faire la différence.
Williams est loin des objectifs affichés en début de saison et ne compte que 11 points après les premières manches du championnat. Albon n’en a inscrit que cinq, tandis que son équipier Sainz a nettement pris l’avantage en qualifications, avec douze confrontations remportées contre une seule par le Thaïlandais et un écart moyen proche de trois dixièmes de seconde.
La situation est plus équilibrée en course, mais le constat reste difficile à ignorer : contrairement à leur première saison commune, où les deux hommes étaient proches, Sainz a été le pilote Williams le plus performant en 2026.
Pour autant, déterminer précisément l’origine des difficultés d’Albon est loin d’être évident. Williams a accumulé les problèmes de fiabilité, les variations de performance d’une séance à l’autre et les difficultés à exploiter régulièrement une monoplace moins compétitive que prévu. À cela s’ajoutent les particularités des nouvelles unités de puissance, qui rendent parfois très délicate l’évaluation de la performance pure des pilotes.
Les problèmes de déploiement d’énergie rencontrés par Mercedes, notamment ceux qui ont affecté George Russell et Kimi Antonelli, en sont une illustration. Les équipes clientes peuvent évidemment être concernées par les mêmes phénomènes.
"Honnêtement, c’est vraiment difficile à déterminer," a reconnu Albon lorsqu’on lui a demandé quelle part de ses performances en 2026 était réellement sous son contrôle.
"Il se passe tellement de choses. Je pense qu’il y a plusieurs facteurs. Si vous prenez simplement ce qui arrive à George et à Kimi, ce n’est pas un problème qui concerne une seule voiture ou une seule équipe."
"On peut imaginer que si l’équipe officielle rencontrait des difficultés avec cela, les équipes clientes seraient certainement concernées elles aussi."
Albon pointe également des situations où le comportement de la voiture ne correspond pas aux attentes habituelles.
"Je peux assez régulièrement repenser à des séances de qualifications, même à Spa, où vous devriez être devant et où vous ne l’êtes pas. Il y a des éléments qui l’expliquent."
"Il y a également des éléments qui nous concernent directement. Je pense que chez Williams, nous sommes actuellement en train de comprendre ce qui se passe, mais Carlos a lui aussi rencontré ce problème, ce qui est difficile à comprendre pour nous."
La variation des performances complique encore davantage le diagnostic.
"Il y a des différences de performance d’une séance à l’autre, d’un week-end à l’autre, que nous avons parfois réussi à expliquer et parfois pas."
"Mais ce n’est pas le début d’année le plus propre pour moi, quoi qu’il en soit."
Des F1 qui ne mettent plus Albon dans sa zone de confort
Au-delà des problèmes propres à Williams et aux nouvelles unités de puissance, Albon estime que la réglementation 2026 a également modifié certains des paramètres qui lui permettaient auparavant de mettre en valeur ses qualités.
"Il y a certains éléments pour lesquels je pense réellement que cette réglementation va à l’encontre de mes points forts," a-t-il expliqué.
Le principal exemple concerne les virages rapides. Albon a toujours considéré sa capacité à les négocier comme l’une de ses qualités, mais les nouvelles monoplaces ont considérablement changé la nature de ces portions du circuit.
"Il n’y a tout simplement plus vraiment de virages à haute vitesse. J’ai toujours considéré que les virages rapides étaient l’un de mes points forts, mais lorsqu’un virage est à haute vitesse, il est désormais soit à fond lui-même, comme Pouhon à Spa, soit nous arrivons tellement lentement qu’il n’est plus vraiment à haute vitesse."
"Il faut aussi simplement essayer de comprendre cette réglementation. Ces voitures, ces pneus, sont assez sensibles. Pour le moment, je n’ai pas vraiment trouvé le point idéal avec eux. Parfois, je peux m’en sortir correctement, mais de manière générale, c’est difficile. C’est assurément un style de pilotage différent."
Ce changement dépasse d’ailleurs les seules sensations du pilote. Les caractéristiques des monoplaces 2026 déplacent les gains et les pertes de temps vers des domaines moins intuitifs qu’auparavant.
Les données de télémétrie montrent notamment que des écarts importants entre équipiers à Silverstone ou à Spa peuvent provenir davantage du déploiement de l’énergie en sortie de virage ou en bout de ligne droite que de la manière d’aborder les virages.
Pour Albon, Russell ou Leclerc, faire la distinction entre ce qui relève du pilotage et ce qui découle des particularités de l’unité de puissance est ainsi devenu un véritable casse-tête.
"C’est très psychologique cette année, dans ce sens, parce qu’il n’y a pas de réponse simple," a souligné Albon.
"En tant qu’équipe, comme je l’ai dit avant la pause, nous luttons également contre les incendies. C’est une formule que les médias ont beaucoup repris. Mais oui... nous avons de petits feux que nous essayons d’éteindre, donc il est difficile de différencier ce qui vient de vous, ce qui vient de la voiture et ce qui vient d’autre chose."
Albon a donc choisi de simplifier son approche au cours des dernières courses. Plutôt que de chercher en permanence à comprendre les interactions complexes entre son pilotage et les différents paramètres de la voiture, il préfère désormais se concentrer exclusivement sur sa prestation.
"C’est ce que j’ai dit en effet. Je veux me concentrer uniquement sur le pilotage et de laisser les ingénieurs faire leur travail. Si vous pensez avoir fait du bon travail, vous avez fait du bon travail, et vous devez en rester là sinon vous cogitez trop sur des choses que vous ne pouvez contrôler."
"C’est une approche très simple pour aborder un week-end de course, mais c’est en réalité quelque chose qui, lors de mes derniers week-ends, a rendu ma performance beaucoup plus solide. Je pense qu’au fil de l’année, c’est presque comme une liste de contrôle. On coche les problèmes, on les règle, puis on passe au suivant."
Albon assure pourtant qu’il reste prêt à modifier son pilotage dès lors que les ingénieurs sont capables de lui expliquer précisément l’origine d’une perte de performance.
"Chaque pilote est très ouvert à l’idée que, s’il existe une raison expliquant pourquoi vous êtes lent dans une ligne droite ou autre, on vous la donne et vous vous adaptez, puis vous trouvez une manière de piloter autour de cela," a-t-il expliqué.
"Parfois, cependant, c’est très compliqué. Je me souviens même de Silverstone. Vous êtes entre deux tentatives en qualifications, vous essayez énormément de choses, différents réglages, différents styles. Je pense que cela détourne l’esprit du simple fait de piloter."
"Je l’ai déjà dit, mais vous avez seulement appris à piloter vite toute votre vie. Vous savez ce qui est rapide. Et soudain, il y a une couche supplémentaire, comme une boîte grise à l’arrière de votre tête, qui vous fait penser : ’Si je fais cela différemment, est-ce que cela améliore le temps au tour d’une autre manière ?’"
"Ce n’est ni instinctif ni naturel. Encore une fois, cela nous ramène à la question précédente : il faut simplement piloter et laisser les ingénieurs faire leur travail."
Comment suivre au mieux l’actualité de notre site ?
Vous appréciez nos actus ? Alors sélectionnez Nextgen-Auto.com comme source privilégiée sur Google, pour voir davantage de news F1 de ce site dans vos résultats d’actualités. Vous ne manquerez plus aucune information et serez parmi les premiers à lire nos interviews et analyses.
S’abonner est simple : il vous suffit de cliquer sur ce lien et de cocher les sources Nextgen-Auto.com.
Vous pouvez aussi vous abonner à notre chaîne WhatsApp Nextgen-Auto.com pour recevoir en temps réel les "breaking news" et quelques informations exclusives avant leur publication !
Nous suivre sur notre Profil Google afin que nos news vous soient présentées en priorité dans votre fil d’informations sur votre smartphone ! Il suffit de cliquer sur "Suivre sur Google".
Williams F1
- Albon : les F1 de 2026 vont à l’encontre de mes points forts
- Albon veut ’voir des changements’ chez Williams F1, Sainz demande des progrès
- Interview - Sainz : Ce qui l’a convaincu de rester chez Williams F1 malgré les doutes
- Officiel : Sainz prolonge finalement avec Williams et complète le duo pour 2027
- La F1 face à un week-end particulièrement piégeux à Zandvoort