Affaire Gasly : un Briatore en colère accuse un juge de la FIA d’être lié à McLaren, qui se sent insultée et menace en retour !

Pour Flavio le jugement n’a pas été fait en toute indépendance

Affaire Gasly : un Briatore en colère accuse un juge de la FIA d’être lié à McLaren, qui se sent insultée et menace en retour !
Auteur : Franck Drui
4 septembre 2026 - 15:43

Flavio Briatore a vivement réagi à la décision de la Cour d’appel internationale de la FIA concernant les pénalités infligées à Pierre Gasly au Grand Prix de Monaco. Le directeur d’Alpine a accusé l’un des quatre membres de la formation judiciaire d’avoir des liens trop étroits avec McLaren, l’écurie à l’origine de l’appel avec Red Bull, estimant que cette situation posait une question fondamentale d’indépendance. Briatore affirme accepter le verdict, mais conteste ouvertement les conditions dans lesquelles l’affaire a été examinée.

Vendredi, la Cour d’appel internationale de la FIA a rendu son verdict et décidé de rétablir les deux pénalités de cinq secondes initialement infligées à Pierre Gasly pour excès de vitesse dans la voie des stands.

Le pilote Alpine avait franchi la ligne d’arrivée en troisième position à Monaco, mais était ensuite tombé au septième rang du classement final après l’ajout des dix secondes de pénalité à son temps de course. Alpine avait toutefois obtenu le droit de faire réexaminer la sanction après avoir démontré que le chronométreur officiel avait commis une erreur en mesurant la longueur de la voie des stands, ce qui avait pu entraîner de fausses détections d’excès de vitesse.

McLaren et Red Bull avaient ensuite contesté cette décision devant la Cour d’appel internationale de la FIA. L’appel avait été entendu le 25 août. La décision rendue aujourd’hui a finalement permis à Isack Hadjar, initialement promu à la troisième place après l’annulation des sanctions de Gasly, puis privé de cette position avant de la retrouver après le verdict de vendredi, de récupérer officiellement le podium.

Deux heures après l’annonce de la décision, Briatore a profité de la conférence de presse des directeurs d’équipe de la FIA pour formuler de graves accusations à l’encontre de l’un des quatre membres de la formation judiciaire.

"Désolé, mais c’est très injuste," a commencé Briatore devant les médias.

"Tout d’abord, nous acceptons la décision, mais ce qui est très étrange, c’est que, parmi les quatre juges du panel, l’un d’entre eux agit comme un procureur."

Briatore affirme que ce n’est toutefois pas le comportement du juge pendant l’audience qui constitue à lui seul son principal sujet de préoccupation. Selon lui, des liens entre ce membre de la Cour d’appel et McLaren soulèvent une question plus importante.

"Pour nous, ce n’est pas un gros problème. Le problème, c’est qu’il est très lié à McLaren, parce que nous avons une belle photo de cet homme lors d’un discours pour McLaren en 2018, chez McLaren Special Operations (MSO), à Beverly Hills."

Le directeur d’Alpine a également évoqué une fondation liée à ce juge et une voiture fournie par McLaren dans le cadre de ses activités caritatives.

"Il a une fondation appelée One Drop Foundation, et McLaren a donné deux ou trois voitures. C’est assez injuste. L’un des juges était lié à une équipe qui avait fait appel contre nous."

Ces accusations ont été formulées après qu’Andrea Stella, directeur de McLaren, eut défendu à ses côtés la décision de son équipe de contester la procédure au nom de l’intégrité sportive. Briatore a rejeté cet argument, estimant que la question de l’indépendance du juge devait passer avant toute autre considération.

"Andrea ! Ce qui est injuste, c’est que le juge était lié à McLaren, c’est injuste. Normalement, le juge doit être complètement indépendant, et ce juge a été très désagréable pendant l’audience. Il agissait comme un procureur et, ensuite, nous avons découvert pourquoi il était si désagréable. Cet homme est très lié à McLaren."

Le dirigeant italien a ensuite répondu directement à l’argument avancé par Stella sur la défense de l’intérêt général du sport.

"Peu importe ce que Stella dit pour le sport, je pense d’abord que, concernant le jugement, vous devez être indépendant. Faire un discours pour McLaren et quelqu’un qui utilise des voitures McLaren dans le cadre d’une œuvre caritative : c’est ça, le problème."

Briatore a par ailleurs expliqué qu’il ne souhaitait pas entrer dans le détail des différents points du règlement ayant encadré la procédure d’appel. Pour lui, la question centrale reste l’identité et l’indépendance du membre de la formation judiciaire.

"Après cela, les points 1.1, 2, 3, 4, 5 du règlement, je m’en fiche ; je suis très surpris que cet homme ait été impliqué avec McLaren."

"Nous n’avions aucune idée que cet homme était lié à McLaren. Nous sommes allés à l’audience face à McLaren et nous avons trouvé cela très amusant, parce que ce juge n’était pas un juge ; c’était un procureur. Ensuite, nous avons découvert que cet homme était lié à l’équipe McLaren ; c’est ce que je pense. C’est donc assez injuste si l’un des juges fait partie de l’une des équipes qui se battent contre nous."

"La décision à Monaco venait des mêmes personnes, parce que les commissaires dont nous parlons sont les mêmes. Tout a été fait de la même manière, et j’accepte tout. Ce que je n’accepte pas, c’est lorsqu’il y a le juge, le panel de juges. Nous avons besoin de quelqu’un d’indépendant."

C’est donc autour de cette question de l’indépendance que Briatore concentre désormais ses critiques. L’Italien estime qu’il ne s’agit pas de remettre en cause le résultat sportif du dossier, mais de comprendre pourquoi une personne ayant, selon lui, des relations avec McLaren a pu siéger dans cette affaire.

"Notre grande question est la suivante : pourquoi quelqu’un impliqué avec McLaren faisait-il partie du panel dans cette affaire ?"

"Nous acceptons le résultat de l’audience. Ce qui a été très décevant, c’est de découvrir que l’un des juges avait une très bonne relation avec McLaren, une relation professionnelle, en quelque sorte."

"Le panel doit être complètement indépendant et vous n’avez pas besoin de quelqu’un lié à une équipe, surtout à l’équipe impliquée avec nous dans cette situation. C’est tout. Rien de plus. Maintenant, nous allons voir. Nous réfléchissons à ce que nous pouvons faire ensuite."

McLaren se sent insultée et menace Briatore !

Andrea Stella était clairement choqué de l’attitude de Briatore à ses côtés ! Il a dû défendre l’intégrité de McLaren et de la Cour d’appel de la FIA lors de cette conférence de presse aussi étrange que houleuse.

Invité à réagir aux propos de Briatore, Stella a déclaré : "Ma réaction porte sur la décision de la Cour d’appel internationale. Si nous voulons en parler, je suis prêt à faire des commentaires. Nous venons d’ailleurs de publier un communiqué. En revanche, si l’on souhaite aborder ce genre d’allégations, je ne pense pas que ce soit approprié."

Alors que Briatore multipliait les critiques à l’encontre du juge et de la procédure de la FIA, tout en continuant à viser directement McLaren et à évoquer un manque d’impartialité, Stella a ajouté : "Je trouve que l’orientation prise par cette conférence est assez insultante pour McLaren, pour la réputation d’une équipe qui mérite un grand respect."

"Quiconque formule de telles allégations, qui semblent très graves, devra en assumer la responsabilité publiquement. L’audience et l’ensemble de la procédure devant la Cour d’appel internationale se sont déroulés selon les normes les plus strictes ; il ne faut pas remettre en cause cette instance comme cela a été fait."

Délaissant son homologue pour se concentrer sur la décision elle-même, qui a permis à Oscar Piastri de gagner deux points supplémentaires grâce à sa quatrième place, Stella a déclaré : "C’est une décision que nous accueillons très favorablement. Elle est capitale. Elle l’est car, avant tout, elle apporte de la clarté quant à l’application de l’article 1.1.1 du Code sportif international de la FIA, un article fondamental pour tout ce qui en découle."

"Nous avons fait appel parce que nous voulions nous assurer que cette clarté soit établie."

"Nos préoccupations allaient au-delà de la simple perte éventuelle de deux points au championnat. Ces deux points ne changeront probablement rien à la donne. Nous étions préoccupés par le respect de l’équité sportive et de l’impartialité, ce qui est primordial. Et cela ne concerne pas uniquement McLaren. En fait, non seulement Red Bull a déposé une demande, mais toutes les écuries étaient présentes à l’audience, car il s’agissait d’un moment crucial pour clarifier la manière dont nous appliquons les règles et assurons la cohérence ; dans ce cas précis, cette cohérence est liée aux méthodologies valables tout au long du week-end de course."

La FIA a réagi à l’issue de cette procédure en annonçant son intention de revoir les processus juridiques, notamment le système de droit de révision, dont Alpine s’était initialement prévalu pour faire annuler la pénalité de Gasly.

Interrogé sur les points susceptibles de rendre le système plus robuste, Stella a déclaré : "Je pense que le communiqué de la FIA souligne que cette affaire aura des retombées positives, car elle va inciter à revoir certaines modalités d’application du règlement."

"Il y a quelques points à souligner, dont l’un figure certainement dans la déclaration de la FIA. Tout d’abord, les commissaires sportifs accomplissent une tâche difficile. Ils doivent prendre des décisions dans un laps de temps limité."

"En tant que concurrents, nous savons ce que cela implique lorsque le temps est une variable critique et que la pression monte. Il en va de même pour les commissaires ; leur situation n’est pas différente. Je pense donc qu’il y a un aspect lié aux décisions des commissaires et à leur travail. D’ailleurs, nous avons déjà discuté de ce sujet avec la FIA et nous avons toujours soutenu l’idée d’offrir aux commissaires les meilleures conditions possibles pour mener à bien leur mission."

"Le second point concerne, à mon sens, le droit de révision. Je pense qu’il faut examiner les conditions dans lesquelles une demande de révision doit être acceptée et instruite, et celles où elle ne doit pas l’être."

"Enfin, il y a un troisième point, également très bien détaillé dans les 26 pages de la décision, qui a trait à la cohérence dans l’application de la méthodologie utilisée pour les mesures."

"Nous utilisons divers moyens pour mesurer la vitesse dans la voie des stands. De même, nous utilisons des balances pour mesurer le poids des voitures. De nombreuses mesures sont donc effectuées, et je pense qu’il y a un sujet intéressant concernant la cohérence de ce type de mesure. Pour moi, ce sont donc les trois points qu’il conviendrait, selon moi, d’examiner."


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