À quoi ressemblerait la F1 si Verstappen pouvait décider de tout
V8, push-to-pass et week-ends raccourcis : la F1 idéale selon Max
Max Verstappen ne cache plus depuis longtemps ses réserves concernant la direction prise par la Formule 1, mais le quadruple champion du monde a cette fois détaillé ce qu’il changerait s’il pouvait lui-même redessiner la discipline. Au-delà de ses critiques envers les monoplaces 2026 et leur groupe propulseur, le Néerlandais souhaite une F1 davantage centrée sur le pilotage et la course : des week-ends raccourcis, moins d’essais libres, moins d’informations avant le Grand Prix et, surtout, le retour d’un moteur V8 beaucoup plus simple accompagné éventuellement d’un système électrique de dépassement.
Verstappen a été l’un des principaux détracteurs de la révolution réglementaire introduite en 2026, au point d’avoir menacé de quitter complètement la Formule 1 en raison de son insatisfaction concernant les nouvelles règles moteur.
Sa position s’est quelque peu adoucie au cours des derniers mois, notamment après l’accord trouvé pour une transition en deux étapes entre la répartition initiale proche de 50-50 entre puissance thermique et électrique et un équilibre 58-42 en faveur du moteur à combustion interne à partir de 2027 puis 60-40 en 2028.
Cela ne signifie pas pour autant que le pilote néerlandais apprécie davantage le comportement des F1 actuelles.
Selon lui, la réglementation moteur 2026 a notamment réduit le défi représenté par les qualifications et la récompense associée à l’engagement du pilote dans les virages rapides. Il en résulterait un style de pilotage qu’il juge peu naturel.
Invité du podcast P1 with Matt and Tommy, Verstappen a résumé sans détour son sentiment sur les voitures actuelles, estimant qu’elles "ne conviennent à aucun circuit, on essaie simplement d’en tirer le meilleur".
Le problème concerne notamment la manière dont les pilotes doivent gérer l’accélérateur et l’énergie disponible.
"Naturellement, lorsque vous arrivez dans certains virages, soit vous passez à fond, soit vous effleurez simplement l’accélérateur tout en étant proche de passer à fond, et c’est la pire chose que vous puissiez faire avec ces voitures."
"C’est justement là que certains pilotes peuvent normalement faire la différence : en freinant tard, en remettant les gaz tôt, ou encore grâce à une manière différente d’utiliser l’accélérateur. Maintenant, tout consiste simplement à essayer de remettre les gaz le plus tard possible, ou à atteindre la pleine charge le plus tard possible. Ce n’est vraiment pas orienté vers la course."
"Je dirais que les pilotes rapides ne conduisent pas comme ça. C’est pourquoi, en qualifications, vous êtes simplement bloqué dans une certaine zone où, physiquement, vous ne pouvez presque plus faire la différence, parce que vous devez conduire d’une certaine manière que presque tout le monde est capable de reproduire, à cinq centièmes ou un dixième près."
"C’est pour cela que les écarts sont généralement très faibles, parce que certains virages à haute vitesse ne sont en réalité plus vraiment des virages à haute vitesse : il est plus efficace de lever le pied, de remettre les gaz plus tard et d’avoir le déploiement plus tard dans la ligne droite."
Cette frustration vis-à-vis du règlement 2026 a ensuite conduit Verstappen à élargir sa réflexion au fonctionnement général de la Formule 1.
Avec un calendrier qui s’est développé et des obligations médiatiques et commerciales de plus en plus nombreuses, le pilote Red Bull souhaiterait retrouver une approche plus traditionnelle, dans laquelle la course occuperait davantage le centre de l’attention.
"La F1 a évidemment beaucoup changé, avec davantage de courses et, je dirais, un paddock qui ressemble un peu à un zoo. C’est un peu un zoo. Je ne pensais pas que cela arriverait aussi rapidement."
"Cela reste de la course, cela reste le sommet. Mais en réalité, vous ne pilotez pas beaucoup par rapport à tout ce que vous faites autour de la piste."
Son week-end idéal commencerait le samedi
Interrogé sur ce à quoi ressemblerait son format de Grand Prix idéal, Verstappen imagine une organisation extrêmement condensée. Dans sa vision, les pilotes n’arriveraient que le samedi matin, disputeraient une unique séance d’Essais Libres avant les qualifications, puis le Grand Prix le dimanche.
"Arriver le samedi matin, faire les Essais Libres, les qualifications, puis la course le dimanche."
Le Néerlandais reconnaît cependant immédiatement les impératifs commerciaux qui empêchent probablement la Formule 1 d’adopter une organisation aussi radicale.
"Je comprends évidemment qu’ils doivent monétiser le vendredi, qu’ils doivent monétiser le samedi et le dimanche. C’est pourquoi je comprends qu’un vendredi doit être intéressant, qu’un samedi doit être intéressant et qu’un dimanche doit être intéressant."
"Je comprends donc qu’un format Sprint soit meilleur, ou probablement plus amusant pour les personnes présentes sur le circuit parce qu’il y a davantage de course. Je pense simplement, du strict point de vue du pilote, que trois séances d’essais peuvent devenir un peu ennuyeuses. C’est probablement un peu trop. Il faudrait en supprimer au moins une."
Pourquoi Verstappen n’arrive pas à s’enthousiasmer pour les Sprints
Le format Sprint ne répond pourtant pas aux attentes de Verstappen. La Formule 1 organise déjà six week-ends Sprint, mais leur nombre doit passer à dix à partir de la saison prochaine.
Pour Verstappen, le premier problème réside dans la place qu’occupe réellement le Sprint dans l’esprit des pilotes. Même une victoire le samedi ne compenserait pas, à ses yeux, une défaite lors du Grand Prix du dimanche.
"Disons que vous êtes premier, que vous gagnez le Sprint, que vous décrochez la pole position et qu’ensuite vous ne gagnez pas la course principale : je rentrerais chez moi énervé."
"D’une certaine manière, il n’y a pas vraiment de récompense. Dans votre esprit, tout tourne autour de la préparation pour la course principale et, si vous perdez deux ou trois points dans le Sprint, vous vous dites : ’Peu importe, ce n’est pas bien grave’. C’est pour cela que je ne parviens jamais vraiment à m’enthousiasmer énormément pour ça."
Son autre réserve concerne les informations fournies par la course Sprint avant le Grand Prix. En disputant une première course le samedi, les équipes et les pilotes obtiennent déjà une représentation relativement précise de la hiérarchie et du comportement des voitures sur les longs relais.
Même si certains réglages peuvent encore évoluer, Verstappen considère que les principales tendances sont généralement établies.
"Cela donne déjà une partie de l’image de ce qui va se passer lors de la course principale. Je sais que vous pouvez modifier un peu la voiture, mais normalement, les grandes lignes sont établies à partir du Sprint. Vous savez alors qui possède ou non l’avantage en matière de rythme, à moins que quelqu’un ne réalise quelque chose de magique pendant la nuit, mais c’est très rare."
Le même raisonnement s’applique à la gestion des pneumatiques. Or c’est précisément cette incertitude que Verstappen souhaiterait préserver.
"Ce que j’aime également, c’est que normalement vous abordez une course avec pas mal d’inconnues, comme la gestion de vos pneumatiques. Pendant le Sprint, vous apprenez s’il faut en réalité les gérer davantage ou moins, et certains pilotes peuvent ensuite corriger cela pour la course."
"Je préfère toujours que nous n’ayons pas cela, parce qu’ensuite vous arrivez dans la course principale et, si un pilote rencontre des difficultés avec un pneu ou ne sait pas comment le gérer, sa course est terminée."
"Mais un Sprint peut parfois vous donner une petite piqûre de rappel si vous ne faites pas les choses correctement, parce qu’il vous laisse le temps d’y réfléchir pendant la nuit et vous pouvez ensuite corriger cela pour la course."
La priorité absolue : revenir au V8
Mais lorsqu’il s’agit d’identifier le changement prioritaire qu’il apporterait à la Formule 1 actuelle, Verstappen n’hésite pratiquement pas. Le problème central reste, à ses yeux, le groupe propulseur.
Interrogé sur la seule chose qu’il modifierait immédiatement s’il en avait la possibilité, le pilote de 28 ans répond : "À l’heure actuelle, je remettrais un V8. Cela règle tellement de problèmes. Un véritable V8 est bien meilleur dans absolument tous les domaines. L’agrément de pilotage, le poids, et c’est beaucoup plus amusant pour faire la course."
Verstappen ne souhaite pas davantage que la Formule 1 dépende de systèmes qu’il considère comme artificiels pour faciliter les dépassements.
Dans son monde idéal, il ne serait ainsi plus nécessaire de recourir au DRS, ni à l’aérodynamique active qui lui a succédé en 2026.
Il accepterait en revanche l’utilisation d’une petite batterie permettant de fournir ponctuellement un supplément de puissance, sur un principe proche de l’ancien KERS, afin d’offrir aux pilotes un véritable outil d’attaque.
"S’il faut une petite batterie pour disposer d’un push-to-pass afin que nous n’ayons plus besoin du DRS non plus, cela me convient."
"Un petit supplément de puissance. Quelque chose d’assez puissant pour permettre de créer une opportunité de dépassement, mais de manière à ce qu’à la fin de la ligne droite, vous deviez encore tenter votre manœuvre au freinage. Avec le DRS auparavant, c’était parfois aussi trop puissant à certains endroits."
"C’est un véritable dépassement de course, pas simplement un dépassement."
Verstappen reconnaît que la conception des monoplaces modernes et leur efficacité aérodynamique rendent l’équation plus complexe.
"Je sais évidemment que c’est parfois un peu compliqué avec les voitures que nous avons actuellement et leur traînée. On devient de plus en plus efficace en matière de traînée. Mais dans mon monde idéal, ce serait un V8 ou un V10, même si j’imagine qu’aujourd’hui ce serait plutôt un V8."
"Ce serait beaucoup plus amusant à piloter et, si vous ajoutez une petite batterie pour disposer d’une sorte de push-to-pass, alors je pense que cela fonctionne très bien."
Verstappen pourrait finir par voir au moins une partie de ses souhaits se concrétiser, même s’il lui faudrait patienter jusqu’à la prochaine réglementation moteur prévue pour 2030.
Les premières pistes dévoilées pour cette future génération envisagent un V8 turbo de 3,0 litres associé à un moteur électrique plus petit. Un mode de dépassement de type push-to-pass fait également partie des solutions étudiées.
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