168 000 tonnes de CO₂ pour la F1 sur la piste… mais plus d’un million autour des circuits

Quel est le vrai bilan carbone de la Formule 1 avant la saison 2026 ?

Auteur : Franck Drui
2 mars 2026 - 14:38
168 000 tonnes de CO₂ pour la F1 sur la piste… mais plus d’un million autour des circuits

Greenly estime à 1,04 MtCO₂e (millions de tonnes en équivalent CO₂) l’empreinte annuelle du championnat, soit six fois plus que les émissions opérationnelles déclarées par la F1 : une différence qui s’explique par les activités parallèles autour des circuits.

À l’approche du lancement du prochain championnat du monde de Formule 1 ce week-end, Greenly, spécialiste du bilan carbone, présente une estimation complète et détaillée de l’empreinte carbone d’une saison en intégrant le Scope 3, c’est-à-dire les émissions indirectes liées notamment aux déplacements des spectateurs. Verdict : 1,04 million de tonnes de CO₂e par an, un volume comparable aux émissions annuelles du Belize (0,92 MtCO₂e).

Ce total est six fois supérieur aux 168 720 tCO₂e déclarées par la F1, qui vise pourtant la neutralité carbone ("net zéro") d’ici 2030.

Un bilan carbone opérationnel sous-estimé

Selon le dernier Sustainability Update publié par la F1 en 2025, le championnat a émis 168 720 tonnes de CO₂ sur 24 Grands Prix, réparties principalement entre :

  • Logistique (transport du matériel) : 37%
  • Déplacements des équipes et du personnel : 36%
  • Les usines et installations : 14%
  • Les opérations sur les circuits : 13%
  • Les monoplaces en piste : moins de 1%

Soit environ 7 030 tCO₂e par Grand Prix. Mais ce reporting n’intègre pas les principaux facteurs indirects  : déplacements des spectateurs, hébergement, restauration, merchandising, diffusions télévisées ou streaming, qui représentent aujourd’hui la plus grande part de l’empreinte carbone du championnat.

Un éclairage complémentaire sur l’empreinte totale

En intégrant les déplacements des 6,15 millions de spectateurs, l’hébergement, la restauration, le merchandising et les diffusions, Greenly estime 875 767 tCO₂e supplémentaires, dont :

  • Les déplacements des spectateurs : 655 600 tCO₂e
  • L’hébergement : 122 326 tCO₂e
  • La restauration : 49 201 tCO₂e
  • Le merchandising : 20 049 tCO₂e
  • Les diffusions télévisées et streaming : 28 081 tCO₂e
  • Consommations sur place : 509 tCO₂e

Au total, l’empreinte carbone d’une saison complète atteint environ 1,04 million de tonnes de CO²e par an, un volume comparable aux émissions annuelles du Bélize.

Même si la F1 a réduit ses émissions de 26%, grâce à l’optimisation du fret, aux énergies renouvelables et aux carburants durables, les facteurs indirects représentent l’essentiel de l’impact climatique et ne peuvent être ignorés pour atteindre le net zéro.

Les leviers vers une neutralité carbone

Au-delà des activités sur les circuits, les comportements des spectateurs ont un impact direct sur l’empreinte carbone des Grands Prix. Greenly recommande d’engager les leviers suivants pour réduire cette empreinte :

  • Privilégier la proximité : assister à une course proche en train ou voiture réduit les émissions par rapport aux longs déplacements.
  • Choisir des transports terrestres bas carbone : trains, bus, véhicules électriques et covoiturage plutôt que des vols court-courriers ou des trajets en individuel.
  • Se loger à proximité et limiter les déplacements sur site : loger près du circuit et utiliser les transports publics ou navettes événementielles.
  • Regarder localement : regarder certaines courses à domicile ou en visionnage collectif.
  • Optimiser les voyages : combiner déplacements pour les courses avec d’autres trajets planifiés.

Adoptées par des millions de fans sur 24 courses, ces actions deviennent significatives. La trajectoire vers le net zéro dépend donc autant des carburants durables et de la logistique que de la manière dont la discipline prend en compte les émissions générées par sa pratique et sa consommation.


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