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F1 - ‘J’étais au plus bas’ : quand Albon se souvient de son éviction de la filière Red Bull

Retour sur des propos tenus début 2014

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S’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, le Dr. Marko est certainement un sage. Après Daniil Kvyat et Brendon Hartley, Toro Rosso a titularisé pour 2019 un troisième pilote précédemment renvoyé du programme Red Bull Junior : Alexander Albon.

Pour la défense du Dr. Marko, la décision prise par Red Bull faisait sens. En 2012, pour sa première saison en Eurocup Formula Renault 2.0, Alexander Albon ne finit qu’à la 38e place du championnat. La sanction n’attendit pas : il fut renvoyé, dès la fin de cette année, par le Dr. Marko.

La deuxième saison d’Albon en 2.0 fut légèrement meilleure (16e place), mais toujours loin des attentes.

Sans soutien majeur et après une nouvelle campagne décevante, la carrière d’Alexander Albon aurait pu s’arrêter fin 2013. Mais le Thaïlandais réussit à rebondir au sein du Lotus F1 Junior Team, qui comptait alors dans ses rangs un certain Esteban Ocon. Avec la filière Lotus, il parvint à remonter à la pente, en signant une plus satisfaisante 3e place pour sa troisième saison en Eurocup Formula Renault 2.0.

Début 2014, Alexander Albon avait seulement sauvé sa peau et il fallait être un fameux devin pour imaginer que, cinq années plus tard, le Thaïlandais serait titularisé par Toro Rosso en F1…

Dans une interview réalisée début 2014, Alexander Albon concédait avoir été « au plus bas » après son renvoi du programme Red Bull. A le lire avec le recul, on mesure le chemin parcouru depuis !

« [Après la perte du soutien de Red Bull fin 2012, c’était une étape très importante. À la fin de l’année, j’étais au plus bas. Je me sentais abandonné trop tôt. C’était inquiétant, mais heureusement, j’étais entouré de gens qui croyaient vraiment en moi et je leur en suis reconnaissant. Ils m’ont guidé et aidé à me reconstruire » narrait à l’époque Alexander Albon.

« Ma première saison [en 2012] a été la pire de ma carrière. J’étais seul dans l’équipe, ce qui rendait les choses difficiles. Ne pas bénéficier d’un équipier expérimenté n’aidait pas car nous ne savions pas où nous étions bons et où nous pouvions nous améliorer. Entre l’appui, la vitesse et le temps de roulage, il fallait beaucoup apprendre en peu de temps ! Si je pouvais revenir en arrière, je débuterais mon entrainement six mois à un an avant le début des essais collectifs ! Beaucoup le font désormais, et cela est efficace si l’on en croit les pilotes rookies et rapides en Formula Renault. »

A l’aube de cette troisième saison en Eurocup Formula Renault 2.0, Alexander Albon ne se doutait pas qu’il sauverait sa carrière. Et comme il semblait le deviner, il avait une épée de Damoclès au-dessus de lui.

« L’Eurocup Formula Renault 2.0 est un championnat si serré que quelques dixièmes séparent les leaders du fond de grille. J’ai conscience de devoir bien faire, pour mon avenir, mais aussi pour moi-même ! L’essentiel est d’apprécier chaque moment en faisant du mieux possible… Et voir ce qui se passe. »

En 2015, Alexander Albon poursuivit sa progression en F3 Européenne (7e place finale). Juste avant de commencer sa saison, il revenait une nouvelle fois sur la décision prise par Red Bull fin 2012.

« Après une année 2012 difficile, Lotus m’a aidé à obtenir des sponsors pour courir. Très probablement, je ne piloterai plus s’ils n’avaient pas été là, donc je suis très reconnaissant pour tout ce qu’ils ont fait. »

Au départ du Grand Prix d’Australie, en mars prochain, Alexander Albon pensera certes à remercier le Dr. Marko et la filière Red Bull pour la confiance qu’ils lui ont de nouveau témoignée ; mais sans aucun doute, ses remerciements se tourneront aussi vers feu le Lotus F1 Junior Team, sans qui il serait un parfait anonyme aujourd’hui.


7 janvier 2019 - 14h06, par Valentin Vilnius 

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