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Le point avec les frenchies d’Audi Sport

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15 juin 2012 - 20:42
Le point avec les frenchies d’Audi (...)

Le vendredi des 24 Heures à 14H, c’est un rituel immuable. C’est l’heure de la « grand-messe » chez Audi, la grande conférence de presse d’avant-course. Accueillis dans l’impressionnante structure du raccordement, c’était l’occasion pour nous de parler avec les pilotes français d’Audi, toujours aussi accessibles. Romain et Loïc d’un côté, Benoit de l’autre. Pilotes Ultra contre pilote e-tron quattro. Voitures différentes mais problématiques semblables.

Du point de vue du comportement en piste, Romain pense que leur R18 Ultra « est légèrement mieux dans les passages très rapides tels que le virage Porsche. Mais ce n’est pas un avantage déterminant car c’est plutôt un endroit ou l’on peut perdre beaucoup de temps en tombant sur un attardé. » Ce qui est certain, c’est que la R18, déjà impressionnante dans ce passage l’an passé l’est encore plus cette année. « On passe 10 à 15 km/h plus vite que l’an passé ! » Benoit confirme le fait que « le centre de gravité légèrement plus haut de la R18 hybride par rapport à la R18 conventionnelle nous pénalise très légèrement dans les enchainements de virage. Mais la différence n’est pas dramatique. »

On peut être surpris que l’écart soit aussi serré entre l’Audi n°1 en pole et la n°3 en 2ème position : moins de 3 dixièmes. On pensait que l’hybride aurait un peu plus l’ascendant. « Loïc fait un super tour, c’est clair. » assure Romain. « Et encore, je laisse 7 dixièmes dans la première chicane » enchaine Loïc ! Ce qui l’aurait placé en pole... « Mais effectivement », reprend Romain, « je voyais un différentiel plus grand. Et je pense qu’en course, on verra cet écart de 7 à 8 dixièmes. » N’est-ce pas un peu frustrant de se savoir ainsi un peu limité avant même le départ ? « Notre voiture est éprouvée, elle devrait être fiable et elle est facile à piloter. Par contre, il ne faut pas du tout qu’il pleuve parce que là, nous ne suivrons pas les e-tron... »

Pour Romain et Ludovic, le trafic ne sera pas un problème plus difficile à gérer dans l’Ultra que dans l’e-tron. Pour Benoit, cela peut par contre changer un peu l’approche habituelle. « Parfois, on se jetait dans des trous de souris à l’abord d’un virage parce qu’on se disait que cette GT allait nous ralentir. Là, il vaut anticiper, lever le pied un peu plus tôt, allonger notre distance de freinage un peu plus tout en restant derrière. Le système hybride se recharge alors au maximum et on regagne en sortie ce que l’on a perdu en entrée. Sans avoir pris le risque de tenter un dépassement tangent. » Romain et Ludovic entendent d’ailleurs bien ne pas prendre trop de risques. « Quand on voit la façon dont on a géré notre course en 2011 et que l’on compare à 2010, on voit qu’il vaut mieux jouer la prudence. »

C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles Romain préfère que ce soit Loïc qui prenne le départ. « Avec les Toyota derrière nous, je me connais et je serai trop frustré de me faire dépasser. Je préfère que ce soit Loïc au volant, il sera plus sage. » Benoit Tréluyer, lui aussi s’attend à un départ canon des Toyota. « Le départ est donné à environ 80 km/h. Nous n’aurons pas l’apport de l’hybride à cette vitesse. Les TS030 en disposeront par contre... »

Les Toyota justement, qu’en pensent les pilotes Audi ? « Pour une voiture aussi neuve, ils ont fait un sacré boulot, bravo à eux. » admet Romain. « Je les voyais même en Pole ! » Pour Loïc, c’est même la preuve que le règlement fait désormais la part un peu trop belle aux moteurs essence. « Les ingénieurs m’ont dit qu’avec ce règlement, ils devraient pouvoir faire un moteur essence 50 chevaux plus puissant que le notre. Alors certes, il nous reste l’avantage du couple supérieur mais je suis persuadé que l’an prochain, si rien ne change, Toyota sera devant nous... » Les pilotes Toyota se plaignent pourtant du manque de puissance de leur moteur thermique, une fois que l’électrique se coupe. « Oui mais qu’ils regardent leur trainée... » Benoit abonde. « En vitesse pure, on voit que nos ingénieurs ont bien travaillé l’aérodynamique. Ils sortent forts des chicanes avec leur hybride. Mais après, ils stagnent et on les rattrape... » Quant aux zones de freinage, les pilotes Audi corroborent les propos des pilotes Toyota : « Il y a des endroits ou on leur fond dessus ! » précise Benoit.

Aucun des trois n’est particulièrement inquiet quant à la tenue des pneumatiques, même pas le vainqueur en titre. « Nous avons connu des petits soucis en arrivant mais la piste n’avait pas de grip. Maintenant, le problème est résolu et malgré les moteurs électriques, je ne pense pas que l’on connaîtra trop de soucis. Toutefois, je ne pense pas que l’on fera un quintuple relais vu que l’on fera un tour de plus par relais. » Un tour de plus malgré la diminution de l’allocation de carburant par rapport à 2011 ? (58 litres pour l’hybride, 60 pour l’Ultra contre 63 l’an passé) « Oui, en théorie, ça passe. Déjà l’an passé, on n’en était pas loin. Mais cette année, avec la réduction de puissance, nous consommons moins. Ça devrait être tout juste mais on devrait pouvoir faire 12 tours... Cependant, ça ne marche que si nous ne sommes pas à la bagarre car cela nous oblige à changer notre mode de conduite : freinages un peu plus longs et moins appuyés pour récupérer plus d’énergie et aider la relance. C’est un peu l’antithèse de ce que l’on a appris. De toute façon, nous pilotes, avons encore beaucoup de choses à apprendre avec ces systèmes hybrides... »

Du côté de l’Ultra, les pilotes espèrent conserver un avantage de consommation. Alors 13 tours pour la R18 conventionnelle ? Romain apporte des éléments au dossier. « Nous avons deux litres de plus. Ça ne représente pas un tour complet mais c’est un petit avantage qui peut faire pencher la balance du bon côté. Marc, Loïc et moi consommons quasiment la même quantité de carburant à 1% près ! Et nous avons commencé à travailler sur la consommation. » Mais que peut donc faire un pilote pour être plus frugal en carburant ? « Une fois que tu as atteint ta Vmax, tu lèves le pied de 30% environ. Puis à 200 mètres du point de freinage, tu lèves complètement et tu continues sur l’élan. Tu perds 3 à 4 dixièmes au tour mais ça peut valoir le coup... »

Finalement, cette course offre bien plus de suspense qu’on ne pouvait le penser de prime abord. Sur les sec, les deux types d’Audi R18 semblent assez proches l’une de l’autre. Et les quatre allemandes devront se méfier tout de même de ces deux nippones pensées en Allemagne. Nous n’avons plus que quelques heures à patienter avant d’avoir de vrais éléments de réponse...

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