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Jean-Denis Deletraz : Il faut une seule catégorie GT

"Les grosses GT1, c’était autre chose !"

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15 juin 2012 - 20:56
Jean-Denis Deletraz : Il faut une (...)

S’il y a bien un pilote qui connaît parfaitement les catégories GT, c’est bien Jean-Denis Deletraz. Pourtant, le Suisse roule en Championnat du Monde d’Endurance au volant d’une des deux Lola B12/80 du Gulf Racing Middle East. Il était intéressant d’avoir son point de vue sur les différentes catégories GT et c’est un « JDD » nostalgique des anciennes GT1 qui commence par nous dire : « Ah les grosses GT1, c’était autre chose ! C’était de vraies belles autos et elles ne coûtaient pas plus cher à faire rouler que les GTE-Pro actuelles. Il faut savoir qu’actuellement on parle de 2 millions d’euros minimum pour disputer une saison. Lorsque je roulais pour le Phoenix Racing en 2007 au volant d’une Aston Martin DBR9 du temps du FIA-GT, la saison revenait à 950 000 euros, y compris les 24 Heures de Spa. Depuis, les prix ont explosé. La preuve, il suffit de voir le peu d’autos en WEC. Je peux dire que j’ai connu les plus belles années du GT. »

La rivalité entre l’ACO et SRO n’a certainement pas arrangé les choses : « Il y a toujours eu une forme de concurrence entre les deux et ils n’ont jamais pu s’entendre pour avoir un vrai règlement commun. Stéphane Ratel est passé à un format typé Formule 1 avec deux courses d’une heure en World GT1. »

« Si l’on prend l’histoire du GT des années 60 à nos jours, il y a toujours eu une association Pro-Am. On a même vu au Mans des autos venir par la route et repartir comme elles étaient arrivées. Prenons l’exemple d’une série que j’ai bien connu avec le BPR. Au milieu des années 90, le plateau comprenait une quarantaine d’autos et dans la majorité se trouvait au moins un gentleman. C’était déjà du Pro-Am avec des courses de quatre heures, puis on est passé à trois, et maintenant deux fois une heure. En faisant du vrai sprint, on a des courses agressives avec plusieurs concurrents hors de la piste au premier virage, comme ce que l’on a vu en World GT1 la saison passée. C’est devenu très pointu et le World GT1 est devenu un championnat sans clients. »

La série Blancpain est un retour en arrière selon le pilote suisse : « Stéphane (Ratel) a sans conteste le plus beau championnat en Europe avec la Blancpain Endurance Series. On a un format de trois heures et 55 autos au départ. C’est donc un retour dans le temps. Ce championnat est magnifique. Le paddock est beau, les autos sont belles, les courses sont relevées et disputées. On voit que le Pro-Am fonctionne et que le format F1 n’est plus dans le coup. Le FIA-GT3 se meurt petit à petit. »

« De plus, il y a une confusion bien légitime dans l’esprit des gens. On a un World GT1 avec des GT3, des GT2 qui sont des GTE-Pro ou GTE-Am, des GT3 que l’on peut appeler GTC et même des Super GT qui sont en fait des GT2. Il faut une catégorie GT et c’est tout. Dès que tu mets un 3 après GT, ce n’est pas valorisant. Peu importe la réglementation, il ne faut qu’un seul championnat GT. Il y a un vrai problème de cohérence et le problème vient aussi du format. La série Blancpain a réinventé le BPR. Le championnat qui se voulait être celui de « copains » est devenu la référence. Il y a les marques, la télévision. Le format d’une heure est le meilleur pour la télévision ? On diffuse bien les 24 Heures du Mans en continu, la NASCAR aussi. Les gens veulent du spectacle. Un match de tennis de quatre ou cinq heures ne gêne personne. Tout le monde regarde, alors pourquoi pas du sport automobile. N’oublions pas non plus que toutes les marques présentes en GTE font aussi des GT3 et cela fait un peu doublon. Je le répète, une classe GT c’est l’idéal et je pense que Le Mans devrait s’ouvrir aux GT3. »

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