Williams F1 craint La Monumental, un virage qui ne ressemble à ’rien au calendrier’

Une sollicitation inédite sur "la voiture, le pilote et les pneus" à Madrid

Williams F1 craint La Monumental, un virage qui ne ressemble à ’rien au calendrier’
10 septembre 2026 - 09:57

Comme toutes les équipes de la grille, Williams F1 va devoir travailler de manière particulièrement précise ce week-end à Madrid à l’occasion du Grand Prix d’Espagne, pour préparer au mieux un des week-ends qui s’annoncent les plus difficiles cette saison. Le Madring, circuit urbain semi-permanent situé en banlieue de la capitale espagnole, va en effet proposer plusieurs défis aux pilotes mais aussi aux teams pour les réglages des monoplaces.

En amont du Grand Prix d’Espagne 2026, Paul Williams, ingénieur de piste en chef, a expliqué les facteurs techniques qui façonneront le week-end, et ce que les équipes auront besoin de réussir pour faire un bon week-end.

"Un tout nouveau circuit implique l’absence de données de référence sur lesquelles travailler. La surface neuve offrira peu d’adhérence au départ et évoluera rapidement, et les murs ne laissent aucune place à l’erreur" a déclaré Williams.

"Le vendredi sert tout autant à apprendre la piste qu’à régler la voiture. Le virage 12, La Monumental, est un virage en banking d’un demi-kilomètre pris à grande vitesse pendant environ six secondes, avec une sortie aveugle. Rien d’autre sur le calendrier ne sollicite la voiture, les pneus et le pilote de cette façon."

"Le tracé mêle une section serrée, à basse vitesse et bordée de murs autour du centre d’exposition à une boucle rapide et fluide à travers Valdebebas. Le défi des réglages consiste à trouver le bon équilibre entre les deux, en plus des deux longues lignes droites menant à de zones de fort freinage."

"Un dénivelé important, des crêtes aveugles, deux tunnels et des vibreurs agressifs ajoutent une difficulté supplémentaire. Avec peu de possibilités de dépassement, la position en qualifications et un week-end sans faute comptent plus que d’habitude."

Outre l’aspect du pilotage et des murs qui seront à éviter pour Alex Albon et Carlos Sainz, l’ingénieur explique que la gestion de l’énergie va être compliquée, car il faudra découvrir si les prévisions du simulateur sont exploitables en piste.

"S’agissant d’un nouveau circuit, Madrid ajoute une difficulté supplémentaire à la gestion de l’énergie. La préparation est basée sur des niveaux d’adhérence et des trajectoires supposés, et le risque de voir la réalité s’écarter de ces prédictions est plus élevé que d’habitude."

"Équilibrer la dépense d’énergie entre les longues lignes droites menant aux virages 1 et 4, et les nombreuses courtes lignes droites nécessitant chacune un petit apport d’énergie, est un défi auquel nous n’avons jamais été confrontés à ce point auparavant. Plusieurs virages pourraient passer de pied au plancher à la nécessité de lever le pied de l’accélérateur, selon l’adhérence."

"Lorsqu’un virage est pris à fond, cela change considérablement l’approche de la gestion de l’énergie pour les lignes droites avant et après. Adapter notre déploiement à la voiture et au pilote pour en extraire la performance maximale sera le véritable défi."

Les pneus seront aussi délicats à gérer, car les teams ne savent pas ce qu’il adviendra de la dégradation et ne le sauront pas avant le terme de la première journée. Dès lors, il faudra être prudent sur la première journée.

"Pirelli a attribué le milieu de sa gamme : C2 (dur), C3 (medium) et C4 (tendre). L’adhérence est la plus grande inconnue, et elle façonnera à la fois la montée en température des pneus et le risque de graining sur les mélanges les plus tendres."

"Nous nous attendons à une faible adhérence au début, avec une évolution rapide tout au long du week-end. La charge soutenue dans les virages à haute vitesse sollicite fortement les pneus gauches, et l’asphalte deviendra chaud sous le soleil, deux facteurs qui favorisent la surchauffe des pneus."

"Les tours de qualification devront équilibrer la montée en température des pneus avant pour les premières zones de freinage et le contrôle de la surchauffe arrière plus tard dans le tour. La surchauffe est la limitation la plus probable en course, à moins que du graining ne se produise."

Mais l’objectif sera de faire une stratégie à un seul arrêt, à condition que les pneus tiennent : "L’incertitude stratégique est élevée sur tous les plans. Plusieurs facteurs spécifiques au circuit ne pourront être confirmés que sur la piste et devront être intégrés dans le programme des essais au fur et à mesure."

"Le temps perdu dans les stands devrait être important, environ 22 secondes plus le temps d’arrêt, et les dépassements devraient être aussi difficiles qu’à Singapour. Pris ensemble, cela oriente vers une course à un seul arrêt. Le tracé étroit, la nouvelle surface et la proximité des murs signifient que chaque session est susceptible d’être perturbée par des drapeaux ou des interruptions."


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