Verstappen avant la finale : lucide, calme et en pleine confiance
"Ce n’est toujours pas sous mon contrôle"
Dimanche soir, Max Verstappen pourrait devenir champion du monde pour la cinquième fois, au terme d’une saison qui restera comme l’une des plus grandes remontées jamais vues en sport.
Pourtant, assis jeudi dans le paddock du Yas Marina, baigné par le coucher de soleil d’Abu Dhabi, le Néerlandais respire le calme absolu et déroule une analyse limpide de son année, de son état d’esprit et de la finale à trois qui l’attend contre Lando Norris et Oscar Piastri.
Droit au but, légèrement amusé, Verstappen résume ce qui fait sa nature profonde : "Je suis trop… animé. Je ne me contente jamais de quelque chose qui n’est pas assez bon."
Et le moins qu’on puisse dire, c’est que ces derniers mois, rien n’a manqué. Il y a huit courses, il accusait 104 points de retard au championnat, dont 70 sur Norris. Aujourd’hui, il arrive à Abu Dhabi à 12 points du Britannique et 4 devant Piastri, offrant à la F1 sa première finale à trois en 15 ans.
"Ce n’est toujours pas sous mon contrôle, mais au moins il y a une vraie bataille," explique-t-il.
"Ce serait sympa de gagner, oui. Mais si je n’y arrive pas, je ne vais pas aller pleurer dans un coin. Que je finisse premier, deuxième ou troisième, je sais que j’ai fait une très bonne saison. Et ça me va."
"Je sais qu’en général, nous n’avons pas été l’équipe la plus rapide. Être encore dans la course est un bonus. Même si nous ne gagnons pas, ce ne sera pas une grosse déception. Parce que je sais où nous avons péché et je sais qu’en général, nous n’avons pas été les plus rapides."
Après la victoire de Piastri à Zandvoort, Verstappen semblait hors-jeu. Puis Red Bull a trouvé de la performance à Monza… juste au moment où McLaren commençait à multiplier les erreurs.
Qu’est-ce qui a fait la différence ? La chute de McLaren ou la remontée de Red Bull ? Sa réponse est simple : "Tout."
Sur les huit dernières courses : 5 victoires, une deuxième place, deux troisièmes, un rythme implacable.
Zak Brown a même déclaré qu’il était "inarrêtable, comme un personnage de film d’horreur qui revient sans cesse".
Verstappen sourit : "Oui, je le sais. Mais je n’y prête pas attention. Je ne gaspille pas mon énergie à penser à ça. Quand je suis avec l’équipe, quand je monte dans la voiture, je fais juste de mon mieux. Je suis assez neutre émotionnellement."
La clé selon lui ? "Personne ne peut me battre 24 fois dans une saison. Sur une course, oui. Sur l’année, non."
Verstappen raconte que cette mentalité lui vient de son père.
"Ça m’a été inculqué quand j’étais enfant. Ce niveau-là, c’est aussi l’expérience. Ma mentalité a toujours été la même, mais je ne pouvais pas l’exprimer avant 2021, je n’avais jamais une voiture capable de jouer le titre."
Cette expérience lui donne aujourd’hui un avantage face à Norris et Piastri.
"Pour eux, c’est normal d’être nerveux quand on joue son premier titre. Mais ils ont une voiture très rapide, sur laquelle ils peuvent compter."
La saison de Red Bull a aussi été secouée en coulisses par le départ de Christian Horner, remplacé par Laurent Mekies.
"J’ai toujours eu une très bonne relation avec Christian. On apprécie tous ce qu’il a fait."
Mais il comprend la décision : "L’équipe traversait une période difficile. Parfois, comme dans d’autres sports, quand ça ne fonctionne plus depuis un moment, la direction décide d’un changement radical."
"Laurent a une personnalité très différente. Je m’entends très bien avec Laurent. Il est plus impliqué techniquement. C’est une tendance dans les autres équipes aussi."
Est-ce ce changement qui a relancé Red Bull ?
"La clé ? Disons que ça a contribué. Peut-être que plus de questions ont été posées sur le plan technique."
Le Néerlandais confirme aussi qu’il a bien envisagé un départ.
"Pour moi, il ne s’agit pas uniquement de la F1. Beaucoup de choses doivent se conjuguer avant que je ne décide de changer. Mes futures responsabilités, par exemple. Si jamais je devais changer, ce serait évidemment une décision importante, car je me sens vraiment comme dans une seconde famille, et ce n’est pas facile à reproduire."
"Si je devais changer un jour, ce ne serait pas seulement parce que j’ai besoin d’une F1 plus performante ou d’un environnement différent. Il y a beaucoup d’éléments liés à ma carrière en F1 et à mes activités en dehors de la F1 qui doivent tous converger."
"Je ne vais pas mentir : il y a eu des discussions avec Mercedes. Mais tout est resté très amical et ouvert. Rien de plus."
Son seul vrai dérapage de l’année : le GP d’Espagne, où il a heurté volontairement Russell après une mauvaise stratégie pneus.
"Je pouvais me dire : ’Je suis en durs, ma course est foutue’, et laisser tout le monde passer. Mais ce n’est pas moi. La réaction n’était pas bonne. Mais je donne 100%, jamais 95%. On apprend de ce genre de moments."
"Si c’est ma seule imperfection de la saison, je la prends volontiers."
Jusqu’où ira-t-il dimanche ? On évoque Hamilton en 2016, Schumacher… Des manœuvres extrêmes.
"C’est très extrême. Ce n’est pas quelque chose auquel je pense. On veut juste faire notre meilleure course. Le reste n’est pas sous notre contrôle."
Et s’il ne gagne pas, préfère-t-il Norris ou Piastri ?
"Je m’en fiche complètement. Ce n’est pas mon intérêt. J’espère juste une belle course et un moment mémorable."
Verstappen, qui a dû se battre quasiment seul contre les deux McLaren, affirme qu’il n’y verrait aucun inconvénient si l’écurie de Woking décidait de jouer collectif pour l’empêcher de décrocher un cinquième titre mondial.
"C’est toujours mieux que de ne pas gagner du tout, donc pas de problème. Dans 20 ans, quand vous serez chez vous, vous aurez toujours ce trophée dans votre armoire. C’est tout ce qui compte."
"Y aura-t-il des consignes ? On verra bien ! C’est impossible à prédire. Je ne peux pas lire dans les pensées d’Oscar après tout ce qui s’est passé cette saison, donc je n’en sais rien."
Nouveau : comment suivre au mieux l’actualité de notre site ?
Via notre nouvelle chaîne WhatsApp Nextgen-Auto.com !
Vous abonner (cliquez sur l’étoile pour mettre en favori) à notre Google News si vous utilisez l’appli Google Actualités sur votre smartphone.
Red Bull
- Pourquoi Verstappen mise sur l’adaptation pour les règles F1 de 2026
- Red Bull accuse Mercedes F1 d’avoir entretenu des rumeurs pour signer Verstappen
- ’Une année cruciale pour moi’ : Verstappen ’prêt à quitter la F1’ si la révolution 2026 tourne au désastre
- Red Bull parie déjà sur son moteur thermique pour faire la différence !
- Calme retrouvé, performances en hausse : Steiner décrypte l’effet Mekies chez Red Bull Racing