’Vendredi soir, j’ai vu un détail’ : le secret du déclic de Leclerc
"Avec ces F1, tout se joue sur des détails"
Vainqueur du Grand Prix de Grande-Bretagne après un début de week-end pourtant compliqué, Charles Leclerc a enfin levé un peu plus le voile sur le changement qui lui a permis de retrouver toutes ses sensations au volant de sa Ferrari. Sans révéler les secrets techniques de la Scuderia, le Monégasque explique qu’un simple détail découvert dans les données a profondément modifié son approche, jusqu’à transformer sa compétitivité et lui offrir son premier succès depuis le Grand Prix des États-Unis 2024.
Le week-end de Silverstone n’avait pourtant pas débuté sous les meilleurs auspices pour Leclerc. Comme lors de plusieurs rendez-vous récents, le pilote Ferrari semblait en retrait par rapport à son équipier Lewis Hamilton, une tendance qui s’est confirmée lors de la partie concernant le Sprint.
Hamilton avait signé la pole position avant de terminer deuxième de la course Sprint, tandis que Leclerc accusait plus de trois dixièmes de retard en qualifications Sprint.
La hiérarchie s’est toutefois complètement inversée dès les qualifications du Grand Prix. Le Monégasque a pris l’ascendant sur son équipier avec près de deux dixièmes d’avance avant de convertir cette performance en victoire le dimanche, son premier succès depuis Austin en 2024.
Après la course, Leclerc avait évoqué un déclic intervenu lors de l’analyse des données dans la soirée du vendredi... sans rien révéler ! À Spa-Francorchamps aujourd’hui, il a accepté d’en dire un peu plus sur cette découverte, tout en gardant confidentiels les détails techniques.
"C’est très difficile à expliquer, parce qu’il n’y a pas un moment précis où l’on réalise tout ce que l’on faisait de travers. Il y a énormément de travail pour comprendre, dans les données, ce qui fait que je suis moins à l’aise avec cette génération de voitures."
"Mais il y a eu un instant, vendredi soir à Silverstone, où j’ai remarqué un détail. Je me suis dit : ’D’accord, c’est très difficile à quantifier, mais si je modifie ce point pour qu’il corresponde davantage à mes préférences, alors mon ressenti sera probablement bien meilleur’."
Leclerc a alors décidé de mettre cette idée en pratique dès le samedi.
"J’ai effectué le changement le samedi après-midi, après le Sprint, et la voiture était nettement meilleure. Malheureusement, je ne peux pas en dire davantage. Je ne sais pas si cela a vraiment du sens d’essayer de l’expliquer sans entrer dans les détails, mais cela repose sur des ajustements très fins."
Le pilote de 28 ans insiste d’ailleurs sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une solution miracle, mais plutôt d’un ensemble de subtilités qui ont fini par produire leurs effets.
"Ce n’est pas aussi noir ou blanc que cela peut paraître, mais c’était vraiment agréable de voir que cela portait ses fruits."
Selon Leclerc, cette génération de monoplaces exige une précision extrême dans le pilotage. Le moindre écart peut rapidement entraîner une perte de performance difficile à récupérer.
"Avec ces voitures, il faut parfois être très prudent, parce que la chute de performance peut être importante. On peut commencer à perdre beaucoup de performance du côté du groupe propulseur si l’on n’est pas efficace, si l’on ne remet pas les gaz proprement ou si l’on ne reproduit pas toujours les mêmes gestes de manière constante."
"À partir de là, cela devient un peu compliqué, parce que l’on se retrouve confronté à des problèmes totalement différents. La vitesse à l’entrée du virage suivant change, ce qui modifie le point de freinage, et l’on doit constamment réadapter tous ses repères. Cela devient vraiment très difficile."
Le Monégasque estime que ce phénomène expliquait une partie de ses difficultés depuis le début de la saison, avant les ajustements effectués à Silverstone.
"Je pense qu’il y avait un peu de cela. Ensuite, j’ai simplement modifié quelques éléments à Silverstone afin de mieux m’adapter à cette génération de voitures et d’aider mon style de pilotage à fonctionner avec elles. Et cela a vraiment amélioré les choses."
"Je ne pense pas que le problème vienne de la Ferrari elle-même. Je pense que cela tient davantage à cette génération de voitures. En général, j’ai un style de pilotage assez agressif."
"Je crois que cela a été un atout tout au long de ma carrière. Mais avec ces voitures, il faut parfois veiller à ne pas basculer dans l’excès inverse, car la perte de performance peut alors être considérable."
"J’ai modifié quelques éléments donc pour m’adapter et optimiser mon pilotage. Cela a permis d’améliorer sensiblement la situation. C’est quelque chose que je veux maintenant démontrer sur plusieurs circuits. Je suis très heureux de cette victoire, mais une seule victoire ne suffit pas pour que tout aille bien et que je sois totalement serein. Il reste donc beaucoup de travail pour tenter de maintenir cette forme et, surtout, de conserver ces sensations."
"Si les sensations sont au rendez-vous alors les chronos et la performance suivent généralement tout naturellement dès que je me sens bien au volant."
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