Sous le feu des critiques en ligne, la FIA répond aux accusations de partialité de ses commissaires en F1

La polémique continue après l’affaire Colapinto à Zandvoort

Sous le feu des critiques en ligne, la FIA répond aux accusations de partialité de ses commissaires en F1
Auteur : Franck Drui
3 septembre 2026 - 11:37

Les sanctions infligées à Franco Colapinto et Arvid Lindblad lors du Grand Prix des Pays-Bas continuent de faire débat en Formule 1. Tous deux avaient été pénalisés pour avoir dépassé sous régime de drapeaux jaunes après l’accident de Max Verstappen dans le premier tour à Zandvoort, déclenchant de nombreuses critiques de la part des pilotes, des fans et des analystes, mais aussi du principal sponsor de Colapinto. Face aux accusations de partialité visant les commissaires de la FIA, Mohammed Ben Sulayem a fermement rejeté l’idée que certaines nationalités ou certains pilotes seraient ciblés.

Le président de la FIA s’est exprimé à Buenos Aires, à l’occasion du Congrès américain de la FIA, alors que la controverse autour des décisions prises à Zandvoort continue d’alimenter les discussions. Les pénalités de Colapinto et Lindblad avaient notamment suscité des interrogations sur l’impartialité des commissaires sportifs de la fédération.

Ben Sulayem assure toutefois que les accusations de partialité ne sont pas propres à l’Argentine ou au cas de Colapinto.

"J’ai également entendu d’autres personnes dire qu’ils étaient partiaux à l’encontre d’autres personnes," a-t-il déclaré.

"Certains pensent que la FIA est partiale à l’encontre des Britanniques, mais nous ne sommes pas partiaux à leur encontre. Ni même contre les Argentins ou qui que ce soit !"

Pour tenter de renforcer encore la cohérence et la perception d’équité de ses décisions, la FIA prévoit par ailleurs d’élargir la formation de ses commissaires et de faire davantage tourner les officiels entre les différentes compétitions et juridictions.

"Nous demandons aux autorités sportives des différents pays de nous envoyer des noms afin que nous puissions préparer les commissaires, car nous allons faire tourner les commissaires sportifs," a expliqué Ben Sulayem.

Cette volonté de rotation s’accompagne d’un objectif qui, selon le président de la FIA, doit rester extrêmement simple : les commissaires peuvent se montrer sévères, mais ils doivent appliquer les règles de manière équitable.

"Ils peuvent être sévères, mais ils doivent être justes," a-t-il résumé. "L’équité est la mission de la FIA."

La polémique de Zandvoort pourrait également donner lieu à un échange direct entre Ben Sulayem et Colapinto. Le président de la fédération a assuré qu’il souhaitait entendre personnellement le pilote argentin, plutôt que de laisser les critiques se multiplier sans dialogue.

"J’appellerai Franco personnellement. J’écouterai ce qu’il a à dire," a-t-il promis.

La FIA condamne les attaques contre les commissaires

Au-delà du débat sur le bien-fondé des pénalités infligées à Zandvoort, la FIA a également dû réagir à la vague de harcèlement en ligne visant les commissaires de Formule 1 après le Grand Prix des Pays-Bas. Les attaques ont été particulièrement nombreuses autour de la sanction de Colapinto.

Interrogé sur cette question, Ben Sulayem s’est montré catégorique dans sa condamnation de ces comportements, tout en soulignant que la lutte contre les abus en ligne ne pouvait pas être menée par la seule fédération.

"Les abus touchent les pilotes, les journalistes, les officiels, beaucoup d’entre nous," a-t-il déclaré. "Et il y a deux ans, deux ans et demi, j’ai dit que si je ne faisais rien, notre sport serait irréparable. Ce serait terminé."

"Parce que je me souviens qu’à Miami, il y a deux ans, nous avons eu un problème. L’une de nos commissaires, une femme espagnole, a été menacée de mort, elle et sa famille."

"C’est à ce moment-là que nous avons commencé cette unité contre le harcèlement en ligne. Les gouvernements, les fédérations, les médias, tous ensemble. Et maintenant, l’élan se poursuit. Les équipes sont avec nous."

Pour Ben Sulayem, le problème dépasse largement le cadre de la FIA et nécessite donc une réponse collective sur le long terme.

"C’est un marathon. Je ne peux pas le faire seul. La FIA ne peut pas le faire seule. C’est un effort collectif."

"Soixante-dix pour cent des abus" proviennent des Amériques

Le président de la FIA a enfin cité une étude consacrée à l’origine géographique des propos injurieux en ligne. Selon cette analyse, une très large majorité des comportements concernés provient des deux Amériques, du Nord comme du Sud.

"Soixante-dix pour cent des abus venaient des deux Amériques, du Nord et du Sud," a-t-il expliqué. "Ensuite, le reste venait en fait d’Europe, peut-être 18 % ou quelque chose comme ça. Donc le reste du monde ne représente que 12 % ou 10 %."

"Et cela concerne tous les sports, pas seulement le sport automobile."


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