Sainz est lui aussi impressionné par Red Bull Ford après le premier jour d’essais

"Un vrai pas en avant, et c’était franchement impressionnant"

Auteur : Franck Drui
12 février 2026 - 10:11
Sainz est lui aussi impressionné par Red Bull Ford après le premier jour d’essais

Carlos Sainz n’a pas caché ses inquiétudes après la première journée d’essais de pré-saison de Formule 1 à Bahreïn, estimant que Red Bull aurait déjà pris une avance significative sur le reste du plateau. Une impression déjà donnée hier par Toto Wolff et renforcée par les données analysées par l’Espagnol, malgré une préparation hivernale loin d’être idéale pour Williams.

Absent du roulage de Barcelone, Sainz et son équipe sont arrivés à Bahreïn avec un retard à combler, cherchant à limiter les conséquences d’un contretemps survenu durant l’hiver. Pour autant, la nouvelle FW48 a effectué une première sortie sans encombre, bouclant l’intégralité de son programme matinal avec 77 tours au compteur.

Relais pris par Alex Albon l’après-midi, Sainz a profité de la suite de la journée pour éplucher ses données, tout en comparant les chronos et configurations des équipes rivales. Et son constat est clair : la combinaison Red Bull-Ford impressionne déjà.

"C’est encore extrêmement tôt, mais si je devais juger à partir des données GPS d’hier, il est vrai que ce que faisaient les groupes propulseurs Red Bull Ford était clairement un cran au-dessus de tout le monde", a confié Sainz ce matin aux médias pendant que son équipier était en piste.

"Pas un petit pas en avant, mais un vrai pas en avant, et c’était franchement impressionnant."

L’Espagnol insiste également sur la fiabilité affichée par l’écurie championne du monde, un point d’autant plus marquant dans un contexte de nouvelle réglementation technique.

"S’ils arrivent à la première course avec un règlement totalement nouveau, un moteur complètement nouveau, de nouvelles personnes, et qu’ils se présentent avec le moteur le plus rapide et le plus fiable, il faudra leur tirer notre chapeau", poursuit-il.

"Parce qu’au moins, ce qu’ils ont montré hier était très impressionnant."

Sainz est ensuite revenu longuement sur l’un des enjeux clés de cette nouvelle ère : le compromis – ou plutôt l’intégration – entre gestion de la batterie, boîte de vitesses et préférences de pilotage. Là encore, Red Bull lui semble avoir trouvé une solution particulièrement aboutie.

"Oui, même si je pense que la clé de ce règlement ne sera pas de séparer les deux, mais de les intégrer ensemble", explique-t-il.

"Et jusqu’à présent, de ce que j’ai pu voir hier, il semble que Red Bull ait exactement fait cela, sans imposer de compromis au pilote."

Selon Sainz, la force du concept réside dans le fait de laisser le pilote conduire naturellement, pendant que la voiture gère le reste.

"On te dit : voilà comment tu veux conduire, et je vais te permettre de faire ce que tu veux avec la récupération que, moi, je veux. Quand la voiture te demande de rétrograder d’une certaine manière, tu fais simplement ce qu’elle te demande."

Une adaptation qui nécessitera néanmoins un important travail de la part de tous les pilotes.

"C’est pour ça que tous les pilotes, après avoir fait peut-être 300 ou 400 tours à Bahreïn, essayent toutes sortes de techniques pour améliorer la maniabilité et la performance de la voiture."

Pour Sainz, tout doit fonctionner comme un ensemble cohérent.

"C’est pour cela que j’insiste sur le fait que l’intégration entre le groupe propulseur, la boîte de vitesses et les préférences du pilote doit former un cercle fermé. Dès que l’un des deux ou trois éléments n’est pas exactement là où tu le veux, c’est là que les problèmes commencent. Tout le monde va devoir s’adapter et trouver la bonne manière de faire."

À plus long terme, l’Espagnol estime que l’évolution naturelle de ce règlement ira dans ce sens.

"Si je me projette dans deux ou trois ans, je pense que l’avenir de ce règlement sera justement d’intégrer les deux, sans donner le choix au pilote ni lui demander de s’adapter, mais en réunissant tout dans un seul package."

Un processus déjà observé lors du précédent cycle technique.

"C’est ce que nous avons fini par faire avec la réglementation précédente. Et même si aujourd’hui il est extrêmement tôt, et qu’il est normal que les deux aspects soient encore un peu séparés, pour moi, l’avenir serait de ne pas laisser le choix : il faut que ça fonctionne."

Williams rassurée après un "contretemps"

Si les performances des concurrents ont attiré l’attention de Sainz, l’Espagnol s’est au moins montré satisfait de retrouver enfin la piste après avoir manqué le roulage de Barcelone. Le directeur de l’équipe, James Vowles, a d’ailleurs indiqué que la FW48 avait roulé "sans le moindre problème" lors de la journée de tournage de mardi, une fiabilité confirmée lors de cette première journée complète d’essais hier.

Qualifiant son absence à Barcelone de "frustrante", Sainz reconnaît toutefois que la situation était hors de contrôle.

"Évidemment, je ne vais pas cacher que j’aurais adoré être à Barcelone pour avoir ces trois jours et prendre de l’avance", admet-il.

"C’était le plan initial, mais malheureusement, pendant l’hiver, nous avons rencontré certains problèmes, quelques bosses sur la route, que nous n’avions pas anticipés en tant qu’équipe."

"Nous avons dû adapter notre plan et faire de notre mieux avec ce que nous avions."

Arriver à Bahreïn et enchaîner une journée sans accroc a donc valeur de soulagement.

"Le fait d’arriver ici et de vivre une journée fluide comme celle d’hier envoie au moins le message que nous avons fait ces choix pour une raison", conclut Sainz.

"Et que maintenant, nous roulons de manière propre et que nous essayons de rattraper les autres."


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