Recharges et ralentissements surprise : une nouvelle F1 déroutante en piste
"L’apprentissage s’annonce complexe pour les pilotes comme pour les fans"
Champion du monde de Formule 1 en 1996, Damon Hill a fait part de ses inquiétudes concernant la manière dont les pilotes doivent gérer les nouvelles unités de puissance introduites cette saison. Avec un règlement profondément remanié, l’équilibre entre moteur thermique et énergie électrique change radicalement, au point de bouleverser certaines bases du pilotage en course.
La nouvelle réglementation met en effet beaucoup plus l’accent sur la batterie, dont la puissance est désormais équivalente à celle du moteur à combustion interne. Le ratio est clair : 50 % de l’énergie provient de l’électrique, contre 50 % pour le thermique. Une évolution majeure qui a déjà commencé à transformer les habitudes des pilotes.
Les premières prises en main ont eu lieu le mois dernier à Barcelone, lors d’un shakedown destiné à tester ces nouvelles unités de puissance, puis à Bahreïn cette semaine, avec des F1 de retour en piste depuis mercredi. George Russell a notamment expliqué que les pilotes avaient dû adopter de nouvelles techniques, comme rétrograder en fin de ligne droite lorsque la batterie arrive à épuisement. Max Verstappen a usé de la même chose lors de ses tests mercredi, avec des rétrogradages très violents pour maximiser la récupération.
Pour Damon Hill, cette gestion permanente de l’énergie pourrait devenir problématique lorsque les pilotes se retrouveront en lutte directe sur la piste.
"Je suis un peu inquiet de la manière dont ils vont gérer ça, lorsqu’ils devront recharger à la fin des lignes droites. Si vous êtes dans l’aspiration d’une autre voiture et qu’elle commence soudainement à ralentir... auparavant, il y avait ce voyant lumineux quand une voiture rechargeait."
"Mais maintenant, ils vont tous le faire, donc on risque d’avoir des différences de vitesse en fin de ligne droite entre les pilotes, simplement parce qu’ils doivent recharger leur batterie."
Selon Hill, cette situation pourrait profondément modifier la dynamique des courses, avec des variations de vitesse parfois difficiles à anticiper, tant pour les pilotes que pour leurs adversaires immédiats. Il va même jusqu’à s’interroger sur le rôle futur du moteur thermique.
"On peut se demander s’ils ne vont pas finir par utiliser leur moteur presque littéralement comme un simple dispositif de recharge pour la batterie."
Cette importance accrue de la gestion électrique pourrait également être exploitée stratégiquement par les pilotes, certains évoquant déjà la possibilité de surprendre un rival en utilisant différemment le déploiement de l’énergie. Plusieurs acteurs du paddock estiment ainsi que des dépassements dans des zones inhabituelles pourraient devenir plus fréquents.
Un changement qui promet un spectacle différent de celui auquel les fans sont habitués depuis des années.
"Ça va être à la fois très intéressant et très déroutant à regarder pour nous, de l’extérieur," poursuit Hill.
"Je sais que la F1 va nous fournir tous les graphiques nécessaires, et qu’on pourra voir dans quel état se trouve chaque voiture."
"Mais même avec ces outils, l’apprentissage s’annonce complexe. Malgré tout, ça va être intéressant d’essayer de comprendre tout ça depuis l’extérieur."
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