Wolff fait diversion : c’est le Red Bull Ford qui est la référence ’moteur’, pas Mercedes F1

L’Autrichien voit aussi les pilotes avoir ’un facteur gaming’ à dompter

Auteur : Franck Drui
11 février 2026 - 14:43
Wolff fait diversion : c’est le Red Bull Ford qui est la référence ’moteur’, pas Mercedes F1

Pour celle nouvelle ère technique de la Formule 1, Toto Wolff estime que la discipline s’apprête à franchir une étape majeure, au point de forcer les pilotes à repenser leur manière de piloter. Pour le directeur de Mercedes, les règlements 2026 introduisent une dimension inédite, qu’il compare à un véritable "facteur gaming". L’Autrichien a aussi commenté les spéculations sur son moteur et a désigné Red Bull Ford comme la référence !

La nouvelle génération de monoplaces, dévoilée lors du shakedown organisé fin janvier sur le circuit de Barcelone et en cours de tests à Bahreïn, repose sur un profond remaniement des unités de puissance. Désormais, la répartition entre énergie thermique et électrique est strictement équilibrée à 50-50, avec 350 kW supplémentaires fournis par une batterie alimentée exclusivement par le MGU-K.

Une révolution qui transforme en profondeur la façon dont les pilotes doivent aborder un tour, mais aussi une course entière. Une fois l’énergie électrique déployée, la phase de récupération devient cruciale, cette puissance étant principalement destinée à faciliter les dépassements en course. À tel point que certaines discussions évoquent la nécessité de lever le pied et de gérer l’accélérateur même sur un tour de qualification, selon les circuits.

Interrogé sur cette nouvelle approche de la F1, Toto Wolff reconnaît que les pilotes devront s’adapter en profondeur.

"C’est quelque chose qu’il faut réapprendre, d’une certaine manière", explique-t-il.

"Ce n’est plus seulement attaquer à fond dans chaque virage et sur chaque ligne droite, mais ajouter une nouvelle dimension technique."

Pour le patron de Mercedes, cette évolution ne trahit toutefois pas l’ADN de la discipline, comme le dit Alonso.

"Même si on reste fidèles à nos valeurs - les voitures les plus rapides du monde, avec les meilleurs pilotes du monde - il y a désormais cette gestion de l’énergie, et il faut jouer avec elle", poursuit Wolff.

"C’est presque un facteur ’jeu vidéo’, un facteur gaming, mais sans dévaloriser ce que représente la Formule 1. C’est simplement la prochaine étape de l’évolution de la F1."

Dans le paddock, certains observateurs s’attendent déjà à voir Mercedes prendre une avance confortable dès le retour de la compétition en Australie, début mars, à l’image de ce qui s’était produit lors du précédent grand bouleversement des moteurs en 2014. À l’époque, l’équipe allemande avait ensuite enchaîné huit titres consécutifs chez les constructeurs.

Mais Wolff juge ce scénario irréaliste dans le contexte actuel de la F1, profondément transformée par le plafonnement budgétaire et les restrictions sur les essais aérodynamiques.

"En tant qu’équipe, si vous regardez les choses de manière étroite, vous voulez une domination totale, gagner 24 courses sur 24 et signer la saison la plus réussie de tous les temps", admet-il. "Mais ce n’est pas ma vision."

Le dirigeant autrichien cite alors une personne qu’il dit particulièrement respecter, sans le citer...

"J’aimerais reprendre les mots de quelqu’un que j’admire beaucoup qui m’a dit un jour : nous aimerions gagner les deux championnats lors de la dernière course, dans le dernier virage, afin d’avoir une saison excitante et d’offrir du spectacle et de l’émotion à nos fans et à nos supporters."

Un équilibre délicat, mais nécessaire selon Wolff.

"C’est cet équilibre qu’il faut trouver, et que nous devons trouver correctement."

Selon lui, la structure même de la F1 moderne empêche désormais l’émergence d’écarts de performance majeurs entre les équipes de pointe.

"La Formule 1 a évolué de telle manière que la plupart des équipes travaillent avec un matériel équivalent, sous le même plafond budgétaire", explique-t-il. "C’est pour cela que je ne vois tout simplement pas de grandes différences de performance."

Des écarts pourraient subsister, notamment pour les nouveaux entrants ou les structures les plus modestes, mais sans commune mesure avec le passé.

"Évidemment, lorsqu’on regarde un nouveau venu ou une petite équipe, oui, il peut y avoir des défis", conclut Wolff à ce sujet. "Mais à part cela, je pense que le plateau sera beaucoup plus équilibré."

Du côté des moteurs, l’Autrichien a cherché à éliminer la polémique ciblant son moteur... en disant que c’est le Red Bull Ford le meilleur ! Rien que ça !

"Je pense que tout le monde s’est un peu trop emballé des performances des écuries motorisées par Mercedes. Et je pense que nos collègues des autres marques se sont un peu emballés, craignant que cela ne soit embarrassant, ce qui n’est absolument pas le cas."

"J’espérais qu’ils soient moins performants, car ils ont fait un excellent travail," a déclaré Wolff à propos de Red Bull après la séance de ce matin, dominée par Verstappen.

"Leur voiture et le groupe motopropulseur sont la référence actuellement. Et puis, évidemment, il y a Max au volant ; cette combinaison est redoutable."

"Pourquoi le moteur de Red Bull est la référence ? Regardez la gestion de l’énergie aujourd’hui. Ils sont capables de déployer beaucoup plus d’énergie en ligne droite que tous les autres. Je veux dire, sur plusieurs tours consécutifs et d’une bonne seconde au moins."

"Sur un seul tour, on l’avait déjà vu, mais là, on l’a constaté sur dix tours consécutifs avec la même régularité en ligne droite. Je dirais qu’à ce jour, pour la première journée officielle d’essais, ils ont établi la référence."


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