Sainz accuse Mercedes après le fiasco des règles 2026 : ’cela n’aurait jamais dû arriver’
Wolff avait promis que "cela n’arriverait pas", Carlos demande des comptes
Les critiques autour de la réglementation technique 2026 sont montées d’un ton après les qualifications à Spa-Francorchamps et un coupable a été clairement désigné, même s’il n’a pas été nommé : Mercedes ! Après plusieurs Grands Prix marqués par les difficultés de gestion énergétique, Carlos Sainz veut des comptes sur les choix effectués lors de la conception de ces nouvelles monoplaces, allant jusqu’à considérer que certains problèmes actuels qui ont été anticipés n’auraient jamais dû arriver !
Le pilote Williams F1 veut toutefois éviter de trop critiquer une discipline dont il reste l’un des ambassadeurs.
"Je pense que personne en piste n’a pris autant de plaisir avec un tour de qualification qu’on pouvait le faire l’année dernière," a déclaré Sainz après les qualifications du Grand Prix de Belgique. "Je pense qu’il est clair que nous avons perdu beaucoup de choses avec ces voitures à Spa."
Depuis l’introduction des nouvelles unités de puissance hybrides répartissant théoriquement leur puissance à parts égales entre moteur thermique et partie électrique, la gestion de l’énergie est devenue un sujet central des discussions dans le paddock.
Si la FIA a déjà ajusté certains paramètres, notamment après le Grand Prix de Miami avec une limitation de la récupération d’énergie et une augmentation de la puissance disponible via le "super-clipping", les dernières courses à Silverstone et Spa-Francorchamps ont ravivé les critiques.
Les tracés rapides, composés de longues lignes droites et de nombreux virages à moyenne ou haute vitesse, ont mis en évidence les limites du système. Les pilotes doivent encore composer avec des phases où la voiture manque d’énergie électrique en sortie de virage ou en pleine accélération, ce qui modifie profondément le comportement des monoplaces.
À Spa, cette situation est particulièrement visible dans la descente vers Blanchimont, où les voitures perdent une cinquantaine de kilomètres par heure lorsque le déploiement électrique arrive à son terme. Le contraste est également frappant dans le double gauche de Pouhon : les pilotes passent désormais à fond mais avec une vitesse nettement inférieure.
Pour Carlos Sainz, ces difficultés ne doivent cependant pas conduire les acteurs de la F1 à dénigrer leur propre championnat.
"Cela dit, je ne veux pas continuer à rabaisser mon propre sport, parce que cela ne va rien apporter de positif," a expliqué l’Espagnol. "Je pense que nous savons tous que ce n’est pas suffisant."
Le pilote Williams estime néanmoins qu’une réflexion est nécessaire afin d’éviter que certains choix techniques ne reproduisent les mêmes erreurs à l’avenir.
"Cela doit changer. Cela va évoluer. Mais oui, j’espère que l’année prochaine sera une étape supplémentaire dans la bonne direction, et que l’année suivante apportera encore une amélioration," a-t-il ajouté.
Au-delà des sensations au volant, Sainz pointe surtout du doigt le processus de validation qui a conduit à ces règlements. Selon lui, certains signaux auraient dû alerter bien plus tôt les décideurs de la discipline.
"Ce que je dis, c’est que ceux qui ont vu ces simulations en 2022, en 2023, et qui les ont regardées en se demandant comment nous pouvions accepter cela, doivent revoir ce qui s’est passé, parce que cela n’aurait jamais dû arriver," a lancé le pilote espagnol. Et c’est clairement Mercedes qui est pointé du doigt !
Interrogé sur cette accusation, Sainz a ajouté : "il suffit de reprendre les échanges entre les deux rivaux de l’époque (Horner et Wolff, ndlr), et vous avez toute l’histoire."
En juillet 2023, Toto Wolff se voulait catégorique quant à la capacité de la F1 à éviter un tel scénario.
"Cela n’arrivera pas. Pensez-vous vraiment que nous ne sommes pas assez innovants pour concevoir des règles châssis et moteurs empêchant les pilotes de rétrograder en ligne droite ?"
Parmi les voix critiques dès l’origine, il y avait celle de son ennemi, Christian Horner.
"Il faut peut-être agir en urgence sur le ratio entre puissance thermique et électrique. C’est la création d’un Frankenstein technique nécessitant des artifices aérodynamiques extrêmes pour compenser. Et les voitures n’ont pas assez d’énergie."
À l’époque, Toto Wolff n’avait pas tardé à répondre, accusant son rival de vouloir torpiller la réglementation 2026 : "Je pense que ce qui l’inquiète surtout, c’est que son programme moteur ne progresse pas comme prévu, et qu’il cherche à le saboter ainsi. Il faut toujours s’interroger sur les motivations derrière ce genre de déclarations."
Une remarque qui résonne bien différemment aujourd’hui... sans oublier les premiers retours de Max Verstappen au simulateur il y a deux ans.
"J’en ai discuté avec l’équipe et j’ai déjà vu les données sur le simulateur. Pour moi, c’est catastrophique. Si vous attaquez à fond dans la ligne droite de Monza, quatre ou cinq cents mètres avant la fin, vous êtes obligé de rétrograder à fond car c’est plus rapide. Je pense que ce n’est pas la bonne solution. Bien sûr, c’est probablement l’un des pires circuits."
"Mais pour moi, le problème, c’est que cela ressemblera finalement à une compétition de moteurs : celui qui aura le moteur le plus puissant aura un avantage considérable. Mais je ne pense pas que ce soit l’objectif de la Formule 1, car cela déclencherait une nouvelle guerre de développement et gagner quelques chevaux par-ci par-là deviendrait probablement très coûteux. Je pense que ce devrait être l’inverse."
"De plus, les voitures auront probablement beaucoup moins de résistance à l’air, donc les dépassements en ligne droite seront encore plus difficiles."
"Et puis, il y a l’aérodynamisme actif, que l’on ne peut pas contrôler, enfin, c’est le système qui s’en charge. Ce qui, à mon avis, rend la conduite très délicate, car je préfère avoir le contrôle. Bien sûr, quand on est derrière quelqu’un, on a parfois besoin de plus d’adhérence à l’avant ou à l’arrière. Ce genre de choses."
"Si le système commence à gérer ça pour nous, je ne pense pas que ce soit la bonne solution. En plus, le poids diminuerait à peine. Il faut se pencher sérieusement sur la question, car 2026 approche à grands pas. Et pour le moment, d’après tous les chiffres et les données que j’ai déjà analysées, ça ne s’annonce pas bien, donc je ne suis pas très enthousiaste."
Interrogé sur les propos de Sainz, Lewis Hamilton a abondé dans son sens, ajoutant que "les écuries et les pilotes avaient décelé les problèmes immédiatement."
"Le comportement n’est tout simplement pas bon dans les lignes droites, alors que les voitures sont excellentes en virage. C’est juste que, en ligne droite, ce n’est pas très agréable."
"Je suis presque certain que nous l’avons vu tout de suite. Je ne sais pas qui a pris la décision, mais quel que soit le responsable, il a toujours son poste."
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