Russell progresse mais le titre s’éloigne : ’je vais avoir besoin d’un peu de chance’
George fait le point sur sa lutte face à Antonelli chez Mercedes F1
Avec 66 points de retard sur Kimi Antonelli au championnat, George Russell aborde la suite de la saison 2026 avec une lucidité certaine. Alors qu’il semblait promis à la lutte pour le titre avant le début de l’exercice grâce aux performances de Mercedes F1, le Britannique a vu son jeune équipier prendre les commandes du classement et creuser progressivement l’écart. À neuf ou dix Grands Prix de la fin, Russell reconnaît désormais qu’il lui faudra non seulement hausser encore son niveau de performance, mais également compter sur quelques circonstances favorables pour inverser la tendance.
Avant le début de la saison, Russell semblait destiné à jouer le titre mondial avec Mercedes F1, compte tenu du niveau de performance affiché par la monoplace. La domination de Kimi Antonelli durant la première partie de l’exercice était en revanche beaucoup moins attendue. Le jeune Italien s’est rapidement installé en tête du championnat et n’a depuis jamais véritablement cédé sa position.
Russell et Hamilton ont tenté de réduire l’écart, mais Antonelli s’est montré particulièrement régulier et performant. Lors de la journée médias du Grand Prix d’Espagne, Russell n’a d’ailleurs pas cherché à minimiser la situation, reconnaissant ouvertement la supériorité actuelle de son équipier.
"Pour l’instant, il est tout simplement plus performant que moi."
Le Britannique sait donc que la remontée vers la tête du championnat ne dépend pas uniquement de lui.
"J’ai besoin d’un peu de chance et de bonnes performances. Vous savez, ce n’est pas vraiment quelque chose auquel je pense, parce que, comme je l’ai dit, pour l’instant il est plus performant que moi, donc il mérite de mener le championnat. Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir."
Le Grand Prix d’Italie représentait justement une occasion importante pour Russell de réduire l’écart. Le jeune pilote de Mercedes avait dû s’élancer depuis le fond de la grille à la suite d’un changement de moteur, la course offrait donc à Russell la possibilité de reprendre des points à Antonelli.
La situation a toutefois pris une tournure totalement différente. Antonelli a réussi à remonter dans le peloton avant de se retrouver aux avant-postes, tandis que Russell n’a pas pu profiter de ce week-end pour réduire son déficit. Pire encore pour le Britannique, son équipier italien a accru son avance au championnat.
Russell préfère néanmoins retenir les progrès réalisés plutôt que de s’attarder sur cette déception.
"C’est une bonne année pour apprendre à gérer les choses. Je me sens bien et j’ai tiré des éléments positifs de chaque week-end. J’aurais adoré gagner la course à Monza, j’aurais adoré poursuivre cette bataille avec Kimi," a-t-il déclaré.
"Le fait est qu’il fait simplement un travail incroyable en ce moment et il faut lui en donner le crédit. J’ai effectué de bonnes améliorations et je veux continuer sur cette voie pour reprendre la lutte face à lui. C’est l’état d’esprit que j’ai actuellement."
Pour espérer revenir dans la course au titre, Russell sait cependant qu’Antonelli devra connaître, à un moment ou à un autre, plusieurs week-ends moins favorables. L’Italien n’a en effet pas encore véritablement connu de contre-performance cette saison.
"Il n’a pas encore connu de mauvais week-end en termes de performance, il est exceptionnellement performant. Mes performances sont meilleures ces derniers temps mais..."
"Si je veux gagner ce championnat, je vais avoir besoin d’un peu de chance en chemin, mais ce n’est pas quelque chose sur lequel je me concentre. Je me concentre sur le fait de piloter plus vite et de trouver davantage de performance."
Une situation paradoxale s’est d’ailleurs installée depuis la trêve estivale. Alors que l’écart entre les deux équipiers s’est réduit sur la piste, l’écart au championnat a continué à augmenter. Russell estime néanmoins avoir franchi un cap personnel depuis la reprise.
"Je travaille là-dessus et je pense que cela s’est nettement amélioré, donc je suis très satisfait du progrès que j’ai réalisé," a-t-il confié.
Les réglementations techniques de 2026 ont contraint les pilotes à adapter leurs habitudes au volant des nouvelles monoplaces. Plusieurs d’entre eux ont dû réapprendre certains réflexes ou modifier profondément leur style de pilotage afin d’exploiter au mieux ces voitures.
Russell a lui aussi été confronté à cette nécessité, qu’il considère comme l’un des aspects les plus difficiles de sa progression.
"Fondamentalement, modifier son style de pilotage est quelque chose de réalisable pour beaucoup de pilotes, mais être réellement rapide avec ce nouveau style est une autre question," a-t-il expliqué.
"Je pense que ma performance depuis la trêve estivale est la suivante : je me suis qualifié devant lui lors des trois séances de qualifications et mon rythme de course a été au même niveau que le sien lors de ces deux courses, ce que je n’aurais pas pu dire avant la pause."
Cette progression constitue donc désormais son principal motif de satisfaction, indépendamment de la situation au classement général.
"Comme je l’ai dit, je suis vraiment très satisfait de cette progression. Nous verrons ce que la suite de la saison nous réserve."
Enfin concernant le nouveau tracé du Madring, Russell admet : "C’est un tracé vraiment dingue, il faut bien l’admettre. Je le classerais probablement parmi les deux circuits les plus dangereux, voire le plus dangereux, de toute la saison."
"J’ai été assez surpris d’apprendre qu’il y avait eu 20 drapeaux rouges lors des essais de F3. Puis, après l’avoir essayé sur simulateur, j’ai été étonné qu’il n’y en ait eu que 20. C’est complètement fou, mais j’ai hâte de découvrir ça en vrai."
"Ce sera un véritable défi et je pense que les qualifications joueront un rôle crucial. Ce n’est pas un circuit facile pour les dépassements : il n’y a qu’une seule ligne droite, qui se termine par une courbe, et une seule trajectoire possible pour aborder cette chicane serrée."
"Je pense donc que la situation en qualifications ressemblera un peu à celle de Singapour. Ce n’est pas aussi extrême qu’à Monaco, mais cela s’en rapproche en termes de facilité de dépassement."
D’autres pilotes ont évoqué des centaines de tours de simulateur pour préparer cette course...
"Pas autant pour moi ! Je voulais aborder les choses avec l’esprit ouvert ; je me suis donc contenté d’apprendre le tracé et les virages. Je n’ai pas passé énormément de temps sur le simulateur car, en réalité, une fois sur place, on ne sait jamais vraiment comment les choses vont se passer."
"Je me souviens avoir passé deux jours sur simulateur avant la course d’Istanbul en 2020 : une fois sur le circuit, nous étions 10 secondes plus lents que sur la simulation et tout le monde partait en tête-à-queue. Cela prouve bien que, lorsqu’on découvre un nouveau circuit, il faut garder l’esprit ouvert, car on n’a aucune idée de ce qui nous attend."
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