’Ridicule, artificiel, dangereux’ : les pilotes F1 flinguent le règlement !

Ferrari et Mercedes le défendent cependant

8 mars 2026 - 15:24
’Ridicule, artificiel, dangereux’ : les pilotes F1 flinguent le règlement !

C’est ce que tout le monde attendait : qu’a donné, en termes de spectacle, la révolution réglementaire de 2026 ? Il y avait pas mal de crainte dans le paddock, notamment après la douche froide des qualifications (les pilotes n’attaquent pas à fond)...

Après le premier Grand Prix à Melbourne, heureusement, nombre de téléspectateurs ont été plus ravis que prévu : la course a réservé du spectacle, surtout dans les premiers tours, quand Charles Leclerc et George Russell ont croisé le fer.

De nombreux autres dépassements ont émaillé le Grand Prix, un peu moins en seconde moitié de course cependant.

Et du côté des pilotes ? Le bilan est là aussi partagé. Voire très partagé. Les trois premiers de l’épreuve, George Russell, Andrea Kimi Antonelli et Charles Leclerc, ont tiré un bilan positif, appelant aussi à la patience avant de tirer un bilan plus conclusif… (voir notre article ici).

Mais chez les autres pilotes, c’est plutôt la douche froide !

Pour rappel, c’est Lando Norris, le champion du monde, qui avait dégainé le premier et le plus fort, en qualifiant ces règles de chaotiques et de dangereuses !

Max Verstappen, qui a appelé la F1 et la FIA à réagir lors de ses interviews à chaud après la course, a été un peu plus critique devant la presse de son pays !

"Ah bon, ça vous a plus ? Si ça vous plaît, tant mieux," a-t-il répondu lorsqu’on lui a dit que les fans avaient trouvé ça plutôt fun.

"Mais moi, chez moi, je joue à Mario Kart. Personnellement, je n’ai pas vraiment apprécié. La façon dont on pilotait n’était pas très correcte, disons."

"On double quelqu’un en ligne droite, et on peut se faire redoubler. La plupart des voitures que j’ai doublées ne pouvaient plus m’attaquer ; j’ai aussi une meilleure vitesse en virage. Au milieu du peloton, il se passait clairement des choses dignes de Mario Kart."

Et le reste des pilotes ? Ce n’est guère mieux.

Isack Hadjar, infortuné durant l’épreuve (abandon pour problème d’unité de puissance), a été lui aussi très sec sur ce qu’il pensait de la révolution réglementaire de 2026 !

« Je ne vois pas en quoi la course est bonne » lance ainsi le jeune pilote Red Bull.

« Du moins pour moi, quand je vois des voitures passer de partout, je ne vois pas en quoi c’est un pas en avant ou un progrès. »

Chez Haas F1, Oliver Bearman, même s’il avoue que sa 7e place le rend un peu partial, a tout de même osé qualifier le règlement de ridicule !

« Le fait d’avoir terminé 7e fait que je suis heureux, même si la voiture n’a pas été la plus amusante à piloter ce week-end. »

« C’est un peu ridicule pour être honnête. Avoir un tel écart de vitesse avec un simple bouton et perdre autant dans la ligne droite suivante... C’est aussi très non-linéaire, donc ce que vous gagnez dans la ligne droite où vous utilisez le boost représente le quart de ce que vous perdez dans la ligne droite suivante. »

« Donc, à moins de réussir le dépassement dès le début de la ligne droite — c’est-à-dire, vous sortez du virage, vous terminez la manœuvre — et qu’ensuite vous récupériez, récupériez, récupériez de l’énergie… ils vous repasseront dans la ligne droite suivante. »

Et de conclure en paraphrasant Max Verstappen…

« Ce n’est pas de la course, c’est de la Formule E. »

Son coéquipier, Esteban Ocon, n’est pas plus convaincu. Le pilote se sent dépossédé de son propre talent, explique le Français de Haas F1.

« C’est pénible car on ne peut pas faire grand-chose en tant que pilotes. Une fois que vous utilisez le bouton de boost et que vous ne parvenez pas à dépasser — ou même si vous dépassez en fait — vous êtes de nouveau vulnérable dans la ligne droite suivante. »

« L’autre pilote va vous dépasser à nouveau. Ce qui est arrivé avec Pierre, genre, trois fois, et avec Gabi [Bortoleto] aussi quand je me battais contre lui, deux fois. Je venais de le dépasser et je me suis fait redépasser. »

« C’est très frustrant. On a l’impression que c’est très artificiel dans la façon dont on doit piloter. »

Chez Cadillac, qui était totalement hors du rythme en course, Sergio Pérez ne reconnaît plus la F1 qu’il avait quittée…

« C’est très difficile de comprendre ce qu’il se passe. »

« Parfois, vous levez légèrement le pied et cela change plus de choses que vous ne l’auriez imaginé. Parfois, j’arrivais 30 km/h plus vite dans le virage 3 à cause d’un lever de pied différent ou d’une reprise des gaz différente, il y a des choses qu’honnêtement je ne comprends pas. »

« C’est une Formule 1 très différente de celle à laquelle j’étais habitué, c’est beaucoup moins amusant, c’est certain. Ce n’est plus aussi amusant qu’avant du côté de la course, ce n’est pas génial pour être honnête. »

Un règlement dangereux selon Carlos Sainz

Représentant du GPDA et transparent tout au long du week-end, Carlos Sainz, pour Williams F1, pointe lui carrément un problème de sécurité en raison du mode ligne droite.

« Ma plus grande inquiétude concernant la course, c’était le premier tour. J’ai eu l’impression que c’était vraiment périlleux avec le mode Ligne Droite (Straightline Mode ou SLM) activé, avec tout le monde dans la ligne droite opposée. C’était vraiment dangereux et très difficile de contrôler la voiture dans l’aspiration. »

« Et puis, quand on se bat contre quelqu’un d’autre... c’est pareil. Si c’est en ligne droite, ce n’est pas si mal, car c’est comme le DRS l’année dernière. Mais quand ça tourne un peu et que les deux voitures utilisent le SLM, ça devient... comme il y a une courbe dans les virages 7 et 8, dans cette ligne droite opposée, ça semble aussi limite. »

« Il est certain que le premier tour et les dépassements ne semblent pas très sûrs pour le moment avec le SLM activé. »

L’Espagnol remet même en cause carrément le principe de l’aérodynamique active, à la base de la révolution réglementaire de 2026…

« À mon avis, nous ne devrions pas avoir besoin d’aérodynamique active pour courir. Je pense que l’aéro active et le SLM sont un pansement sur le problème du moteur. »

« Et quand vous arrivez sur des circuits comme ceux-ci, où vous manquez cruellement d’énergie, vous vous retrouvez à devoir utiliser le SLM dans des endroits où nous ne devrions pas, pour préserver le système, le déploiement. Donc au final, on se retrouve avec une situation dangereuse comme celle que nous avons eue dans le premier tour et pendant la course en général. »

« Si vous retirez le SLM maintenant, nous ne pouvons même plus faire la course avec le déploiement dont nous disposons. Donc, nous avons en quelque sorte besoin du SLM. Mais c’est un pansement, une solution à une formule moteur qui, pour moi, ne semble tout simplement pas très bien fonctionner pour le moment. »

Hamilton est lui davantage satisfait du règlement…

Afin de donner un peu de baume au cœur à la FIA et à Stefano Domenicali, Lewis Hamilton a tenu lui à défendre ce nouveau règlement. Ce qui montre que les avis restent mitigés dans le paddock, même si globalement seules Mercedes ou Ferrari semblent plaider pour ce règlement !

« Personnellement, j’ai adoré. J’ai trouvé que la course était vraiment amusante à piloter. J’ai trouvé la voiture vraiment, vraiment amusante à conduire. J’observais les voitures devant et il y avait de belles passes d’armes. »

« J’ai trouvé ça génial. Avec 20 voitures devant soi, cela aurait peut-être semblé différent. Mais de ma position, j’ai trouvé ça super. »

Enfin Toto Wolff, le directeur de Mercedes F1, a tenu à calmer le jeu aussi après cette première course de la nouvelle ère.

"Je n’ai entendu aucun pilote parler particulièrement bien des dernières voitures et affirmer qu’il s’agissait des meilleures. Je suis donc étonné que Lando ait pu dire ça hier. On a donc tendance à être très nostalgiques quand on repense aux événements passés."

"Mais il est clair que nous sommes tous concernés par ce sport. Nous devons offrir un spectacle exceptionnel, avec les meilleures voitures et les meilleurs pilotes du monde, et faire vibrer les fans. C’est pourquoi nous devons nous concentrer sur le produit."

"L’avis des pilotes est important, certes, mais Stefano [Domenicali] dirait que le seul critère qui compte pour lui, c’est l’appréciation des fans."

L’Autrichien reste ouvert à d’éventuels ajustements.

"C’est ce que nous devons examiner. Et si des modifications s’avèrent nécessaires, si des ajustements sont indispensables, je pense que la Formule 1 nous offre la flexibilité nécessaire pour toujours prendre ces décisions."

Debrief Twitch du GP F1 d’Australie 2026 : ne manquez pas notre rendez-vous avancé exceptionnellement à ce soir à 18 heures sur le site et notre chaîne Twitch !


Comment suivre au mieux l’actualité de notre site ?

Via notre nouvelle chaîne WhatsApp Nextgen-Auto.com !


Partage

xpb_1399957_hires.jpg