Pourquoi Newey a décidé de diriger Aston Martin F1 lui-même

Newey aux manettes, Honda et Alonso comme piliers en 2026

Auteur : Franck Drui
7 décembre 2025 - 13:26
Pourquoi Newey a décidé de diriger Aston Martin F1 lui-même

La présence d’Adrian Newey dans le garage Aston Martin F1 n’est plus une exception : elle devient la norme. Après le Qatar, le génie de l’aérodynamique est à nouveau présent à Abu Dhabi, signe clair que son implication dans le projet 2026 monte en puissance à grande vitesse.

Lui qui n’avait assisté qu’à deux courses cette saison, à Monaco et à Silverstone, est désormais omniprésent pour se préparer à son rôle de directeur d’équipe en 2026. Et il ne s’en cache pas : pour franchir un cap, Aston Martin a besoin de son implication directe.

"C’était je pense la seule solution pour accélérer la transformation et prendre les décisions qui s’imposent le plus vite possible," lance-t-il sans détour à Abu Dhabi.

Reprendre tout de suite les choses en main, à sa façon, était essentiel. Newey, désormais pleinement tourné vers l’avenir, ne mâche pas ses mots lorsqu’il évoque la monoplace actuelle et la façon dont elle a été exploitée. Est-ce que cela l’a décidé aussi à prendre la direction de l’équipe ?

"La voiture de cette année a été une déception pour tout le monde : elle a été difficile à piloter et difficile à régler," confie-t-il, sans répondre directement à la question posée...

En 2026, l’équipe basculera vers un tout autre monde : le premier châssis entièrement conçu sous la direction de Newey, accompagné du retour d’un moteur Honda usine et, grande première pour Aston, d’une boîte de vitesses fabriquée en interne. Un niveau d’intégration inédit, qui explique pourquoi l’ingénieur britannique s’apprête à endosser un rôle encore plus large : celui de team principal, en remplacement d’Andy Cowell.

L’explication de la mise en retrait volontaire de Cowell, pour s’occuper de la relation avec Honda notamment, n’a convaincu personne lorsqu’elle a été donnée mais Newey assure que c’est bien le cas.

"Andy, très généreusement, a décidé de prendre cela en charge personnellement. Il a commencé à réaliser qu’avec la complexité des groupes propulseurs de l’an prochain et l’intégration entre Honda, Aramco et nous, tout devait être parfaitement coordonné."

Et d’ajouter : "Il craignait que certains détails commencent à se perdre en cours de route."

Etait-ce cela ou la porte ? Personne ne le saura à court terme...

Certains observateurs s’inquiètent déjà de voir Newey dispersé entre management et technique. Le principal intéressé balaie les doutes.

"La principale différence, c’est de devoir gérer les médias et quelques autres détails, mais pas grand-chose de plus par rapport à ce que je faisais," dit-il, confirmant entre les lignes qu’il a déjà plus ou moins pris les commandes à bord pour les décisions.

Sur le projet 2026, son enthousiasme est palpable.

"Cela nous permet de travailler très étroitement sur l’intégration moteur. Et pour la première fois depuis longtemps, nous devons fabriquer notre propre boîte de vitesses, ce qui implique de créer un tout nouveau département."

Interrogé sur son départ de Red Bull, Newey assure qu’Aston Martin n’était pas une destination planifiée.

"La vérité, c’est que lorsque j’ai quitté Red Bull je n’avais aucune idée de ce que je ferais ensuite," affirme le Britannique de 66 ans.

"J’ai vraiment apprécié ma carrière. Je me sens très chanceux d’avoir fait partie de ce sport. Et je me suis dit que si je continuais à travailler, ce devait être en suivant ma passion. C’est exactement ce que j’ai fait."

L’autre atout majeur d’Aston pour 2026 est bien sûr Fernando Alonso. Le double champion du monde, 44 ans, estime qu’il vient de réaliser une année paradoxale mais extrêmement forte personnellement.

"Je n’ai pas besoin de le dire : c’est le chrono qui a le dernier mot," lance-t-il aux médias avant la dernière course.

"C’est l’une des pires en termes de résultats, mais personnellement l’une des meilleures. C’est impossible à expliquer, et je ne veux pas que les gens à la maison comprennent, parce qu’ils ne le pourront pas, et c’est comme ça."

Alonso précise : "Ici dans le paddock, c’est sûrement l’une des années que j’ai le plus appréciées et durant laquelle je me suis senti le plus respecté."


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