Norris : j’ai gagné avec une McLaren F1 ‘horrible’ à piloter !

Un relais extraordinaire en durs à mettre à son crédit

Norris : j’ai gagné avec une McLaren F1 ‘horrible’ à piloter !
24 août 2026 - 07:16

La passe de deux ! Poleman mais dépassé au deuxième départ par Kimi Antonelli, Lando Norris a récupéré son bien lors de la deuxième moitié du dernier Grand Prix des Pays-Bas. Le pilote McLaren F1 a en particulier impressionné avec son dernier relais en durs, au rythme quasiment supérieur à celui d’Antonelli en tendres. Le champion du monde remporte ainsi sa deuxième victoire consécutive… de quoi peut-être lui donner des idées pour la suite du championnat.

La question mérite d’être posée : cette 13e victoire de Lando Norris en carrière, n’est-elle pas sa plus belle ? Auteur de deux dépassements en fin de course sur Lewis Hamilton et Kimi Antonelli, au milieu des retardataires, et avec donc un rythme superbe en fin de Grand Prix, Lando Norris a plus qu’impressionné. Alors, où place-t-il cette victoire dans son panthéon personnel ?

« Assez haut. Assez haut simplement parce que la course a été très disputée à bien des égards. Plus que cela, c’est le revirement depuis le samedi. J’étais assez déçu de la veille. Cela m’a un peu éteint de voir à quel point nous étions en difficulté lors du Sprint. Je sais que ce n’est qu’un Sprint, mais chaque point compte et nous n’avions vraiment pas le rythme. Je n’avais pas ce petit quelque chose qui me donne vie dans la voiture. Samedi soir, nous avons travaillé très, très dur. J’ai passé beaucoup de temps avec mes ingénieurs pour comprendre ce que nous pouvions faire de mieux, comment attaquer davantage, économiser davantage les pneus, comment tout faire mieux que ce que je faisais et mieux que tout le monde. Et je suis convaincu de l’avoir fait. À part le départ, c’était un mélange de courses, car le début du premier relais a été assez mauvais et m’a un peu rappelé la veille. Mais nous avons passé les pneus durs, les choses ont pris vie et la course a vraiment commencé à venir à moi. »

En sprint, Lando Norris était en difficulté, mais en deuxième moitié de course, il semblait survoler la concurrence. Pourquoi ce changement du jour au lendemain ?

« C’est juste un avantage, un avantage de rythme. C’est simplement le fait de savoir que l’on peut gagner. Je ne l’avais pas samedi… Nous n’avions pas le rythme pour gagner (en sprint, ndlr), et cela ne me donnait pas beaucoup d’espoir pour la suite, même avec la pole, et encore moins après le premier tour, après m’être fait doubler au départ, ni même lors du premier relais. Mais, comme je l’ai dit, je sais que lorsque la voiture me donne ce que je veux, et qu’en plus je conduis à mon niveau actuel, je peux gagner des courses. »

C’est bien en pneus durs que Lando Norris a soufflé la concurrence, et il partageait ce constat en racontant la course de l’intérieur.

« C’est exactement ce qui s’est passé : lors du premier relais, je n’avais pas ce que je voulais de la voiture. Nous avons passé les pneus durs, nous avons été un peu plus agressifs sur la façon d’aborder le relais, nous avons inversé la tendance, et j’ai retrouvé les sensations voulues dans la voiture. Je suis passé du sentiment de ne pas pouvoir gagner une course à "au moins, nous pouvons pousser Kimi à faire des erreurs". Il a commencé à faire beaucoup plus d’erreurs quand j’étais derrière lui. »

La victoire de McLaren F1 a été aussi obtenue grâce à un dernier relais prolongé, un succès tactique que Lando Norris met aussi en valeur.

« Nous avons forcé Mercedes à réagir sur la stratégie. Cela nous a permis d’attaquer, de prolonger le relais. Quand j’obtiens ce dont j’ai besoin d’une voiture, quand j’ai le train avant que je veux, quand j’ai confiance dans le train arrière en entrée de virage, quand j’ai ce qu’il faut pour anticiper chaque virage, je gagne. Mais si je ne l’ai pas, comme lors du premier relais, il n’y a pas grand-chose que je puisse faire. »

Ceux qui auront suivi les réseaux cet été pourront le confirmer : Lando Norris s’est (très) détendu à bord de quelques bateaux de plaisance. Ce qui lui profite puisqu’il semble revenu à son meilleur niveau. Le meilleur de sa carrière, vraiment ?

« Je pilotais à un niveau élevé dans la deuxième moitié de l’année dernière. C’est difficile à dire, mais c’est une voiture plus délicate à piloter cette année à certains égards. On peut le voir au fait que les écarts entre coéquipiers sont souvent plus importants cette année que l’an passé. Mais j’en suis convaincu. Je suis capable de mieux comprendre les situations, de mieux comprendre la voiture. »

Lando Norris emploie ensuite des mots forts pour décrire le comportement de sa voiture papaya !

« Elle reste horrible à piloter, mais je réussis mieux à comprendre cela, à le transmettre à mon équipe, à trouver des solutions. Ce n’est donc pas seulement que je conduis mieux en piste. J’élimine assurément mes faiblesses en piste, et je n’en ai pas tant que ça, mais c’est aussi ma façon de travailler en dehors de la piste. Le revirement depuis les qualifications en est le parfait exemple : le travail accompli pendant la nuit a transformé notre course et m’a donné l’opportunité de gagner. Le travail que nous fournissons en dehors de la piste y contribue donc énormément. »

Les départs, point faible de Lando Norris ?

Pour autant, Lando Norris a failli perdre son Grand Prix dès le deuxième départ : même en tendres, il s’est fait chiper la première place par la Mercedes F1 d’Antonelli en médiums. Les départs : est-ce que cela reste un point faible pour lui ?

« Non, pas du tout. Non. Je suis l’un des meilleurs au départ sur la grille. Nous avons déjà vu en sprint que depuis la pole, l’adhérence était moindre qu’en deuxième position. C’était encore une fois évident. Je ne sais pas pourquoi. Il faut que j’aille vérifier. Je n’ai pas vu ce qu’il s’est passé avec mon départ, mais je dois évidemment revoir cela avec mon équipe et comprendre ce qui n’a pas fonctionné. »

« Mais même lors du premier départ, Oscar a démarré à l’intérieur sur une piste plus humide, mais il a pu attaquer davantage son envol que moi depuis la pole, où j’ai été plus conservateur, et j’ai eu plus de patinage que lui. Cela n’avait donc aucun sens que j’aie si peu d’adhérence. D’une certaine manière, nous nous y attendions, c’est pourquoi nous avons démarré en pneus tendres. »

« Mais je ne veux blâmer ni moi-même ni l’équipe pour le moment. Une grande partie du problème vient du fait que nous ne comprenions pas pourquoi j’avais si peu d’adhérence par rapport au côté droit de la grille. Parfois, c’est juste un manque de chance. Comme je l’ai dit, je n’ai pas tout vu, je dois donc aller en discuter avec l’équipe. Je suis confiant concernant mes premiers tours. Mes départs ont été très solides, donc ce n’est certainement pas ce que vous affirmez. »

Lando Norris a aussi gratifié le public de Zandvoort de superbes dépassements, sur une piste pourtant courte et étroite… Un spectacle que le pilote McLaren F1 a lui-même apprécié en le suivant sur les écrans durant la course !

« J’essaie de regarder les écrans de télévision autant que possible pour voir ce que faisaient les autres, pour comprendre qui s’en sortait bien et qui était en difficulté. Il y a pas mal d’écrans autour du circuit ici, donc vers le virage 1, dans le secteur intermédiaire, j’ai beaucoup d’occasions de regarder la course. Et j’en ai assurément vu quelques bribes. Bien sûr, j’étais derrière les Williams lorsqu’elles se livraient une belle bataille, et je pouvais voir cela à l’écran également. C’était une belle course. C’était une belle épreuve pour conclure le passage de la F1 à Zandvoort, du moins avec l’animation au départ, les belles batailles entre moi, Kimi et Lewis au milieu ou vers la fin. »

« Zandvoort reste un endroit très, très difficile pour dépasser. Peu de pilotes parviendront à dépasser à la régulière, et quand le pilote devant utilise le boost et que vous utilisez le boost derrière, vous n’avez aucun avantage ; c’est pire que le DRS l’an dernier. Il y a donc vraiment moins d’opportunités de dépassement que l’an passé. Mais je n’ai pas tout vu. Je n’ai pas vu à quel point c’était passionnant pour les autres. Pour ma part, c’était tout de même une course palpitante, de maintenir Kimi sous pression, d’avoir des stratégies différentes à certains égards, et bien sûr de réaliser les dépassements à la fin. Si les fans ont apprécié, j’en suis ravi. J’ai toujours dit que j’aimais courir ici. J’apprécie les fans néerlandais. Ils m’ont toujours très bien soutenu. Et c’est incontestablement l’une des courses avec le plus d’ambiance et d’énergie, c’est pourquoi j’aime toujours venir ici. C’est dommage que ce soit la dernière. »


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