Norris a-t-il dépassé les limites face aux médias ? Son attitude après son erreur condamnée

Sarcastique, piquant, mordant... mais un peu trop ?

Norris a-t-il dépassé les limites face aux médias ? Son attitude après son erreur condamnée
Auteur : Franck Drui
11 octobre 2026 - 08:53

Lando Norris se retrouve au centre des critiques après son accrochage avec Oscar Piastri dans le dernier tour du Sprint du Grand Prix de Singapour. Si le champion du monde en titre a présenté ses excuses à McLaren et à son coéquipier, son attitude particulièrement sèche face aux questions de plusieurs journalistes a également suscité des réactions. Le Britannique s’est montré sarcastique lors de deux entretiens télévisés. Dans le même temps, Andrea Stella a rappelé avec fermeté que les intérêts de McLaren devaient toujours passer avant ceux de ses pilotes.

La tension reste palpable chez McLaren après la collision entre ses deux pilotes dans le dernier tour du Sprint disputé sur le circuit de Marina Bay.

Alors que Norris tentait de dépasser Piastri lors du Sprint, les deux monoplaces se sont accrochées, provoquant leur tête-à-queue et l’abandon de l’Australien. Norris a pu poursuivre sa course, mais cet incident a immédiatement relancé les interrogations sur la gestion des duels entre les deux pilotes de l’écurie britannique.

Au-delà de l’accrochage lui-même, c’est désormais la réaction de Norris face aux médias qui fait parler.

Depuis son sacre mondial, le Britannique affiche une personnalité publique plus combative, et ses réponses aux journalistes après le Sprint de Singapour en ont constitué une nouvelle illustration.

Interrogé par Viaplay sur le caractère éventuellement inutile de sa tentative de dépassement sur Piastri, Norris a immédiatement contesté la formulation de la question. Le journaliste cherchait notamment à savoir si une attaque aussi risquée était justifiée dans une course Sprint, mais le pilote McLaren a préféré répondre en jouant sur le nom même de l’épreuve.

L’échange a rapidement pris un ton sarcastique.

"Quoi, c’était inutile d’avoir tenté de profiter d’une grande ouverture ?", a répliqué Norris.

Lorsque le journaliste lui a rappelé qu’il s’agissait d’une "Sprint", le Britannique lui a demandé : "Quel est le nom de l’épreuve ?"

"Sprint", a répondu son interlocuteur.

"Et qu’est-ce qu’il y a après Sprint ?" a poursuivi Norris.

"Course", a répondu le journaliste.

"Waouh. Bravo", a conclu le pilote McLaren.

Une manière pour Norris de rappeler qu’un Sprint reste une course à part entière (Sprint Race en anglais), dans laquelle les pilotes cherchent naturellement à gagner des positions.

Le pilote McLaren a également réservé un accueil peu chaleureux à Sandra Baumgartner, la journaliste de Sky Deutschland.

Cette dernière souhaitait simplement savoir s’il avait déjà discuté de l’incident avec Oscar Piastri.

Norris a répondu à deux reprises par la même question : "Qu’est-ce que vous en pensez ?"

Avant d’ajouter, sur un ton sarcastique : "Vous pensez qu’on peut discuter à la radio ?"

Cette attitude a notamment fait réagir son collègue sur Sky, Ralf Schumacher, qui estime que Norris a dépassé les limites dans sa manière de répondre à la journaliste allemande.

L’ancien pilote de Formule 1 reconnaît apprécier le caractère parfois piquant du Britannique, mais considère que celui-ci aurait dû faire preuve de davantage de retenue.

"D’un côté, j’aime bien Lando lorsqu’il se montre un peu mordant, mais il a été beaucoup trop mordant envers Sandra."

Schumacher estime également qu’un pilote doit parfois être capable d’assumer publiquement sa responsabilité dans un incident, même lorsque les circonstances sont difficiles à accepter.

"Parfois, il faut savoir ravaler sa fierté et être capable de dire en direct : ’Oui, d’accord, c’était mon erreur’."

Norris avait pourtant présenté ses excuses à McLaren et à Piastri après la collision, reconnaissant les conséquences de l’incident pour l’écurie britannique. Il a néanmoins préféré éviter de développer publiquement son analyse de l’accrochage avant d’avoir pu revoir les images et discuter de la situation en interne.

"Je leur ai présenté mes excuses pour le fait que l’une de nos voitures ait été éliminée. Je préfère simplement revenir sur les faits et analyser ce qui s’est passé."

Du côté de la direction de McLaren, Andrea Stella n’a pas cherché à minimiser la gravité de l’incident.

Le directeur de l’équipe a qualifié l’accrochage de "grave" et "d’inacceptable", tout en rappelant que les intérêts collectifs devaient primer sur les ambitions individuelles des pilotes.

"Nous allons leur rappeler une nouvelle fois que les intérêts de l’équipe sont bien plus importants que ceux de n’importe quel individu. Il n’y a pas de place pour les ego, personne n’est au-dessus de McLaren."

De son côté, Oscar Piastri a adopté un ton nettement plus apaisé malgré son abandon.

"Nous étions quatrième et cinquième dans le Sprint, donc je ne suis pas particulièrement inquiet dans un sens ou dans l’autre."

"Le plus important, bien sûr, c’est que nous ne pouvons pas laisser ce genre de choses se produire. Nous savons tous les deux présenter nos excuses lorsque c’est nécessaire et passer à autre chose."


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