Newey réagit, Aston Martin F1 accélère pour corriger ses failles

"Beaucoup de choses qui arrivent pour être plus performants"

Auteur : Franck Drui
7 avril 2026 - 18:04
Newey réagit, Aston Martin F1 accélère pour corriger ses failles

Consultant et ambassadeur d’Aston Martin F1, Pedro de la Rosa a levé le voile sur la manière dont Adrian Newey a réagi face aux problèmes de vibrations qui ont fortement perturbé le début de saison de l’équipe britannique.

L’écurie basée à Silverstone traverse un entame de championnat compliquée, avec une monoplace à la fois peu compétitive et sujette à des problèmes de fiabilité.

En cause notamment : l’unité de puissance fournie par Honda, qui génère d’importantes vibrations affectant directement le comportement de la voiture et le confort des pilotes.

Ces oscillations ont eu des conséquences concrètes en piste. Fernando Alonso a ainsi été contraint à l’abandon en Australie et en Chine en raison de leur intensité, avant de réussir à rallier l’arrivée au Japon, signe d’une première amélioration.

Face à cette situation délicate, Adrian Newey, concepteur de la monoplace et désormais directeur d’équipe, a adopté une approche directe et ouverte, selon Pedro de la Rosa. L’Espagnol est toujours chargé de porter la bonne parole puisque Newey n’était présent qu’à Melbourne et n’a pas pris la parole depuis !

"Adrian a été vraiment, vraiment transparent," a-t-il confié.

"En Australie, il a très bien expliqué la situation. Nous avons des vibrations qui rendent la voiture très inconfortable pour les pilotes."

"C’est une problématique prise à bras-le-corps en collaboration avec Honda. Nous travaillons très dur avec eux. Comme Mike Krack l’a expliqué, nous avons essayé certaines contre-mesures au Japon pour atténuer les vibrations."

"Tout va dans la bonne direction. Mais évidemment, nous voulons accélérer le processus. Adrian a réagi évidemment au plus vite et il est depuis plusieurs semaines très concentré pour corriger toutes les failles."

Si le groupe propulseur concentre une partie des préoccupations, le châssis n’est pas exempt de critiques. Aston Martin multiplie ainsi les développements pour tenter de combler son retard.

"Du côté du châssis, nous avions de nouvelles pièces sur l’aileron avant, les dérives à l’avant, ainsi que sur le bord d’attaque du plancher," détaille de la Rosa.

"L’objectif est clair : progresser rapidement pour redevenir compétitif. Il y a beaucoup de choses qui arrivent pour être plus performants. En Formule 1, on n’est jamais assez compétitif. Là où nous en sommes actuellement, nous devons faire de grands pas en avant, et nous travaillons dans ce sens."

Pour Aston Martin, aucune zone n’est épargnée dans la quête de performance.

"Nous devons simplement nous assurer qu’à chaque sortie en piste, la voiture soit plus rapide. Est-ce le groupe propulseur ? L’aérodynamique ? La suspension ? Peu importe. Qu’il s’agisse du moteur, de l’aérodynamique ou encore de la suspension, tout est passé au crible. Chaque domaine doit progresser."

Un déficit majoritairement lié au châssis

Et contrairement à une idée largement répandue, le principal problème ne viendrait pas uniquement du moteur, mais bien de la monoplace elle-même.

Le compte rendu de la course de Suzuka mentionnait en réalité que plus de la moitié du déficit d’Aston Martin par rapport aux leaders était causé par le châssis. Cette information provient d’une source très haut placée au sein de l’équipe et qui s’est confiée à la BBC après le week-end du Grand Prix du Japon. Elle correspond également à ce que les autres équipes observent sur les données GPS, auxquelles tout le monde a accès, notamment en ce qui concerne la vitesse des voitures dans différentes portions du circuit.

La répartition exacte entre les pertes dues à la voiture et celles dues au moteur n’est pas connue, et il est probablement impossible de la déterminer précisément, car le comportement du moteur peut aussi influencer les performances en virage. Il faut ajouter que, même si l’attention du public s’est focalisée sur le moteur Honda, et en particulier sur les fortes vibrations, Newey a clairement indiqué que la voiture elle-même manquait aussi de performance.

Aston Martin accuse environ 2,3 secondes de retard en qualifications pour entrer dans le top 10, la majorité étant due au châssis et le reste au moteur. En d’autres termes, avec un moteur Mercedes, la voiture se situerait probablement au niveau d’Alpine ou de Haas. Exactement comme l’a suggéré Newey, qui mentionnaient une monoplace aux portes du top 5.

Les défauts sont identifiés : la voiture est en surpoids et particulièrement en difficulté dans les virages rapides, avec une carence d’appui aérodynamique notoire.


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