Moteur évolué, Ferrari SF-26 en forme : Hamilton admet penser à une 1ère victoire en rouge à Monza

"Nous avons maintenant une étoile polaire"

Moteur évolué, Ferrari SF-26 en forme : Hamilton admet penser à une 1ère victoire en rouge à Monza
Auteur : Franck Drui
3 septembre 2026 - 15:07

Ferrari aborde son Grand Prix à domicile avec des ambitions nettement plus élevées qu’il y a un an. Après une saison 2026 plus compétitive et une nouvelle évolution de son unité de puissance, la Scuderia espère pouvoir jouer la victoire à Monza devant ses Tifosi. Lewis Hamilton, déjà vainqueur cette année avec Ferrari à Barcelone, estime que le travail accompli à Maranello permet désormais à l’écurie de disposer d’une direction claire, au point de croire à nouveau à un succès en Italie.

Ferrari bénéficiera ce week-end de sa deuxième évolution moteur autorisée par la FIA dans le cadre du système des "Additional Development and Upgrade Opportunities" (ADUO).

Après avoir introduit une première évolution au cours de la saison, la Scuderia apporte donc sa deuxième mise à jour à Monza, un rendez-vous évidemment stratégique pour une écurie qui rêve de s’imposer à domicile. Une victoire serait la deuxième de Ferrari sur ses terres en trois ans, alors que les attentes des Tifosi sont particulièrement élevées après une saison 2026 bien plus disputée.

Hamilton, qui a décroché à Barcelone sa première victoire depuis son arrivée chez Ferrari, estime que cette nouvelle évolution peut contribuer à réduire l’écart avec les références du plateau. Mais le septuple champion du monde insiste surtout sur le travail effectué en coulisses par la Scuderia.

"Chaque petit progrès compte et je pense que jusqu’à présent cette année, nous avons perdu du terrain. Même lors de la dernière course, sur un circuit aussi court que Zandvoort, nous perdions quatre dixièmes par tour pendant la course," explique-t-il aujourd’hui lors de la conférence de presse des pilotes de la FIA.

Pour Hamilton, ce déficit est loin d’être anodin puisqu’il accompagne Ferrari depuis le début de la saison. Pourtant, plutôt que de pointer du doigt les difficultés de l’équipe, le Britannique veut mettre en avant la réaction de Maranello et l’intensité du développement entrepris depuis plusieurs mois.

"C’est un énorme déficit, et nous l’avons conservé tout au long de l’année jusqu’à présent. Tout ce que je peux dire, c’est que je suis vraiment, vraiment fier de la manière dont tout le monde travaille dur."

"Quand je retourne à l’usine et que je vois à quel point tout le monde travaille dur, ils sont vraiment concentrés sur leur travail. Tout le monde est tellement enthousiaste. Je vois une concentration différente cette année par rapport à l’année dernière."

Hamilton estime même que Ferrari a enfin trouvé ce qu’il décrit comme une véritable "étoile polaire", autrement dit une direction technique claire permettant à l’ensemble de l’équipe de travailler vers le même objectif.

"L’année dernière, j’avais le sentiment qu’il n’y avait pas vraiment d’étoile polaire. Nous faisions de notre mieux, mais sans vraiment savoir exactement vers quoi nous essayions de tendre. Et maintenant, nous avons une étoile polaire, nous savons vers quoi nous devons travailler, et je pense qu’ils ont fait un travail formidable pour vraiment se rassembler et livrer les résultats."

L’évolution introduite à Monza ne suffira toutefois pas à effacer d’un coup l’intégralité du retard accumulé face aux meilleures équipes. Hamilton en est parfaitement conscient, mais il voit dans ces progrès successifs un signe particulièrement encourageant pour la suite.

"C’est un pas en avant. Ce n’est pas tout l’écart dont nous avons besoin, mais nous savions que ce serait le cas. Mais voir des éléments arriver chaque week-end, ajouter des choses à la voiture, c’est excitant de voir que nous continuons à pousser. Je crois toujours fermement que nous avons ce qu’il faut pour gagner."

Hamilton pense déjà à une première victoire à Monza

Cette confiance retrouvée nourrit naturellement un rêve particulier chez Hamilton : remporter pour la première fois le Grand Prix d’Italie avec Ferrari. Le Britannique reconnaît d’ailleurs avoir commencé à mesurer ce que représenterait une telle victoire, tant sur le plan sportif que symbolique.

"Pour gagner ce week-end, tout le collectif doit être réuni. Tout doit fonctionner dès le début."

Le contexte de Monza donne évidemment une dimension supplémentaire à cette perspective. Hamilton sait qu’une victoire dans le temple de la vitesse au volant d’une Ferrari entrerait immédiatement dans l’histoire de la Scuderia, tout particulièrement pour un pilote britannique devenu l’un de ses représentants.

"Ce serait phénoménal. J’ai vraiment réfléchi en arrivant ce week-end à l’ampleur même de ce que représente le fait de venir à ce Grand Prix. Je ne savais même pas, par exemple, que j’étais à égalité avec Michael Schumacher en nombre de victoires à Monza."

"Mais l’idée qu’il y en ait une première devant moi, dans le sens où, si vous gagniez, vous entreriez dans un nouveau territoire. Gagner à Monza pour la première fois avec Ferrari, c’est quelque chose…"

Hamilton a déjà été témoin de la ferveur qui entoure une victoire Ferrari à Monza. En 2019, il était présent sur le podium lorsque Charles Leclerc s’était imposé devant les Tifosi. Reproduire cet exploit au volant de la Scuderia aurait pour lui une signification très particulière.

"J’ai évidemment vu Charles gagner en 2019, lorsque j’étais sur le podium avec lui, mais le faire alors que je suis ici serait phénoménal. Si je le faisais, je serais probablement le seul pilote noir à avoir jamais fait cela pour Ferrari en Italie - probablement dans l’histoire, peut-être. Donc oui, beaucoup de ces pensées m’ont traversé l’esprit."

"La pression est élevée. Mais vous voulez aussi réussir pour l’équipe. Il y a tous ces gens à l’usine, dont beaucoup viennent à cette course. Les Tifosi, qui viennent en très grand nombre, et leur passion est inégalée, et vous voulez aussi réussir pour eux."

"Et ma mère est là ce week-end. Je ne pense pas qu’elle soit déjà venue à Monza, mais particulièrement pour un week-end Ferrari, et je voulais qu’elle puisse vivre cela et apporter toute la poussière porte-bonheur qu’elle pourra apporter."

La pénalité d’Antonelli pourrait aider Ferrari

Ferrari bénéficie également d’un élément extérieur susceptible de modifier le rapport de force. Kimi Antonelli devra en effet purger une pénalité sur la grille après avoir dépassé le nombre de composants moteur autorisés et devrait donc s’élancer depuis l’arrière du peloton.

Pour Hamilton, cela ne signifie cependant pas que Mercedes sera hors jeu. Il estime que les performances de la monoplace et de son unité de puissance devraient permettre à l’Italien de remonter rapidement dans le classement.

"Il y a un gros écart entre les meilleures équipes et le reste. Kimi partira de l’arrière, mais avec la puissance dont il dispose et les performances qu’il possède, il devrait traverser ce peloton assez facilement, et c’est probablement la raison pour laquelle ils ont choisi cette course pour faire cela."

"Donc atteindre la huitième ou la sixième place devrait être relativement facile. Nous devons nous concentrer sur le fait de maximiser notre week-end et essayer de prendre l’énergie des Tifosi pour, espérons-le, nous pousser vers l’avant."

Schumacher, une inspiration particulière pour Hamilton

Monza réserve également un hommage au septuple champion du monde allemand : Ferrari arbore ce week-end une décoration inspirée de Michael Schumacher et de sa F1 de 1996. Une occasion pour Hamilton de revenir sur le rôle que l’ancien pilote Ferrari a joué dans son imaginaire de jeune pilote.

Interrogé sur cette livrée, Hamilton précise d’abord qu’il ne l’a pas encore réellement vue, tout en relevant un amusant parallèle avec son propre palmarès.

"Je veux dire que je ne l’ai pas vraiment détaillée en vrai mais je porte une chemise avec sept étoiles, ce qui est assez approprié puisque j’ai moi aussi sept étoiles, donc ça va. J’ai l’impression qu’elle est aussi un peu à moi."

"C’est assez fou. L’année dernière, nous avons célébré Niki Lauda, qui était un ami cher, et Michael, pour moi, j’ai grandi avec lui. Je me souviens des dimanches les plus heureux, lorsque vous entendiez la musique, l’ancienne meilleure musique qu’ils utilisaient pour le départ de la Formule 1."

Ces souvenirs sont intimement liés à Schumacher et à la Ferrari rouge qu’il pilotait à l’époque.

"Vous pouviez l’entendre depuis l’étage inférieur et vous saviez que ça allait partir ! Vous étiez tout excité, vous couriez en bas et je me souviens toujours avoir vu Michael dans la voiture rouge."

"Je me souviens avoir joué à des jeux vidéo et avoir toujours choisi Michael dans cette Ferrari, en essayant toujours d’imaginer ce que cela ferait d’être à sa place, et j’ai maintenant le privilège de vivre cette expérience."

Hamilton reconnaît également l’importance du rôle joué par Schumacher dans la construction de Ferrari au début des années 2000, tout en rappelant qu’il a eu la chance de courir à ses côtés.

"C’était évidemment un tel leader, il a fait un travail extraordinaire tout au long de sa carrière et, encore une fois, j’ai eu le privilège de courir à une époque où il courait encore et d’être en piste avec lui, ce qui représentait beaucoup."

Ce que Hamilton a changé chez Ferrari

La présence de Schumacher soulève naturellement une autre question : Hamilton s’est-il inspiré de la manière dont l’Allemand avait contribué à transformer Ferrari, notamment pour aider la Scuderia à retrouver une direction plus claire ?

Le Britannique assure ne pas avoir cherché à reproduire directement la méthode Schumacher. Il souligne plutôt la dimension collective du travail nécessaire pour faire évoluer une équipe de cette taille.

"Je n’ai rien utilisé, je n’ai pas pris une page du livre de Michael dans ce sens. Évidemment, je n’étais pas dans l’équipe lorsque Michael a, manifestement, contribué à la redresser, mais au bout du compte, c’est une combinaison de très nombreuses personnes et il n’y a pas d’équipe invincible."

"Je vois ça un peu comme si c’était un énorme navire et que le travail du pilote était de travailler aux côtés des principales figures pour essayer de le diriger dans la bonne direction."

Son expérience chez deux autres équipes lui permet selon lui d’identifier certaines habitudes qui peuvent passer inaperçues lorsqu’on évolue depuis longtemps dans la même structure.

"Je pense que l’aspect positif, ou l’opportunité pour un nouveau pilote qui arrive avec de l’expérience et qui a connu deux équipes différentes, c’est que lorsque vous êtes à l’intérieur, il est parfois difficile de voir la forêt derrière les arbres."

"Vous savez, lorsque quelqu’un arrive, même de nouveaux ingénieurs qui viennent de différents endroits, ils disent immédiatement : ’Oh, nous faisions cela différemment’. Et ce n’est pas nécessairement une meilleure manière, c’est simplement une approche différente."

Pour Hamilton, cette diversité des méthodes est même l’une des grandes particularités de la Formule 1.

"C’est assez phénoménal, vraiment, si vous y pensez : toutes ces équipes ont les mêmes règles, elles font tout différemment pour parvenir plus ou moins au même résultat, et les voitures en piste sont à un dixième près. C’est assez phénoménal et c’est vraiment ce qui fait notre sport."

Le pilote Ferrari explique ensuite avoir personnellement poussé pour modifier plusieurs éléments de la monoplace, après avoir identifié des domaines dans lesquels il estimait que l’écurie pouvait progresser.

"J’ai poussé pour beaucoup de changements sur la voiture que nous ne pouvions pas faire l’année dernière, d’abord à cause du plafond budgétaire, ensuite parce que c’est ce qu’ils ont toujours fait et que la question était : ’Pourquoi devrions-nous changer cela ?’"

Obtenir ces changements n’a donc pas été immédiat. Hamilton explique avoir dû convaincre les équipes techniques, puis participer directement à leur développement grâce au simulateur.

"Il a fallu beaucoup, beaucoup de persuasion pour faire certains de ces changements, et certains étaient coûteux et demandaient un processus plus long. J’ai travaillé sur le simulateur et demandé qu’ils les conçoivent pour le simulateur. Je les ai testés dans le simulateur l’année dernière, puis ils les ont ajoutés comme options pour la voiture que nous utilisons chaque week-end."

"Donc, en quelque sorte, tout l’objectif était, en regardant depuis l’extérieur, d’observer toutes les choses qu’ils font bien, car personne ne fait tout parfaitement, de mettre en évidence les choses qui sont peut-être bonnes ou moins bonnes et de dire : ’Hé, nous devons nous améliorer dans tous ces domaines’."

Certaines des propositions de Hamilton n’ont toutefois pas pu être mises en œuvre, notamment pour des raisons financières. Le Britannique souligne néanmoins que Frédéric Vasseur a accepté plusieurs changements importants.

"Je pense même que Fred a dit qu’il y avait certaines choses sur la liste qu’il ne pouvait tout simplement pas faire parce que c’était trop cher."

"Mais je suis reconnaissant pour celles qu’il a permis de faire, et je pense que c’est ça : je suis fier de voir les progrès que nous avons réalisés."


Comment suivre au mieux l’actualité de notre site ?

Vous appréciez nos actus ? Alors sélectionnez Nextgen-Auto.com comme source privilégiée sur Google, pour voir davantage de news F1 de ce site dans vos résultats d’actualités. Vous ne manquerez plus aucune information et serez parmi les premiers à lire nos interviews et analyses.

S’abonner est simple : il vous suffit de cliquer sur ce lien et de cocher les sources Nextgen-Auto.com.

Vous pouvez aussi vous abonner à notre chaîne WhatsApp Nextgen-Auto.com pour recevoir en temps réel les "breaking news" et quelques informations exclusives avant leur publication !

Nous suivre sur notre Profil Google afin que nos news vous soient présentées en priorité dans votre fil d’informations sur votre smartphone ! Il suffit de cliquer sur "Suivre sur Google".


Partage

xpb_1432045_hires.jpg