McLaren F1 abandonne officiellement les ’papaya rules’
Un terme trop marketing pour un concept devenu polémique
La saison de Formule 1 actuelle marque la disparition d’un terme devenu emblématique - et controversé - du duel interne chez McLaren. Après avoir cristallisé les tensions, alimenté les débats stratégiques et même dépassé le cadre du paddock pour devenir un sujet politique en Australie, les fameuses "papaya rules" ne seront plus utilisées par l’écurie de Woking... du moins sous ce nom qui sonnait un peu trop "marketing". Une décision qui illustre la volonté de McLaren de tourner la page d’une année 2025 marquée par une lutte intense entre Lando Norris et Oscar Piastri, où la gestion de la hiérarchie et des consignes d’équipe a souvent été au centre des critiques.
Ce terme, initialement conçu comme une simple expression interne pour encadrer la liberté de course entre les deux pilotes McLaren, a fini par devenir un symbole de confusion et de polémique. Introduites officiellement lors du Grand Prix d’Italie l’an dernier, les règles papaya étaient toutefois entrées en vigueur bien plus tôt en interne et devaient définir une ligne claire : permettre aux pilotes de se battre, mais sans contact et avec une prudence accrue lorsqu’ils évoluent ensemble. Cependant, au fil de la saison, leur interprétation a été remise en question, jusqu’à provoquer une défiance croissante autour de leur application réelle en piste.
À l’origine, le concept avait été présenté comme un cadre de course sain entre coéquipiers. L’ingénieur de course de Lando Norris, Will Joseph, avait notamment évoqué ce principe lors du Grand Prix d’Italie 2025, expliquant que le Britannique pouvait attaquer Oscar Piastri mais "dans le respect des papaya rules".
Le directeur de l’équipe McLaren, Andrea Stella, avait dû préciser alors la philosophie globale de cette approche révélée au grand public.
"Notre recommandation est toujours de courir selon les papaya rules, ce qui signifie que, lorsque la voiture est papaye, comme face à n’importe quel concurrent, vous devez être particulièrement prudent."
De son côté, le PDG de McLaren, Zak Brown, avait résumé cette doctrine de manière plus directe : "Se battre de manière respectueuse, se laisser suffisamment d’espace et ne pas se toucher."
Mais très vite, ce cadre censé protéger l’équité sportive est devenu un point de friction. Les décisions internes, comme l’ordre donné à Oscar Piastri de céder la deuxième place à Lando Norris à Monza, ou encore l’incident entre les deux pilotes à Singapour sans sanction immédiate en course, ont alimenté les critiques.
Les observateurs les plus virulents ont alors dénoncé une application incohérente des règles, certains allant jusqu’à estimer qu’elles favorisaient Norris dans la lutte pour le titre. La controverse a même dépassé le cadre sportif, jusqu’à susciter des interrogations au parlement australien sur l’équité du traitement réservé à Piastri.
Au final, Oscar Piastri a terminé la saison 2025 à la troisième place du championnat, battu par Lando Norris pour 13 points, et également devancé par Max Verstappen au classement général.
La fin officielle des papaya rules
Face à cette polémique persistante, McLaren a choisi de tourner la page. Si Zak Brown insiste désormais sur une approche plus générale de la compétition dénommée "notre manière de courir", Oscar Piastri reconnaît que le cadre interne a évolué.
"Les papaya rules vont avoir un aspect différent," a expliqué l’Australien, ajoutant : "Nous nous sommes probablement compliqué la vie à certains moments l’année dernière, sans que ce soit nécessaire."
La disparition du terme a été confirmée de manière informelle par plusieurs membres de l’équipe.
Sur le podcast High Performance Racing, l’ancien ingénieur Ferrari Rob Smedley a estimé que cette appellation avait surtout créé de la confusion : "Tout ce que vous voulez appeler ’papaya rules’, c’est exactement pour ça qu’il ne faut jamais laisser le marketing interférer avec des choses sérieuses."
Le présentateur Jake Humphrey a lui aussi confirmé le changement de communication interne chez McLaren : "Ils ont abandonné ça maintenant. On m’a dit récemment qu’on ne parlerait plus des papaya rules."
"C’était presque devenu une caricature. On associe ça à une période de confusion. Je ne pense pas que vous entendrez encore cette expression."
Pour Rob Smedley, qui a travaillé chez Jordan, Ferrari et Williams, le problème ne vient pas du concept de règles d’engagement, mais de leur interprétation.
"McLaren a des règles d’engagement, Force India en avait, Williams en avait," a-t-il rappelé. "C’est très simple : si tout est clair dès le début de saison et que tout le monde est d’accord - direction, pilotes compris - il n’y a aucun problème."
Mais l’ingénieur britannique pointe surtout un manque de cohérence interne chez McLaren en 2025.
"Le problème arrive quand 50 % du garage connaît les règles et 50 % ne les connaît pas. À ce moment-là, ça devient un vrai problème, et les tensions apparaissent."
"Je n’étais pas dans l’équipe évidemment, mais mon impression est qu’il n’y avait pas de clarté totale. Parce que quand il y a de la clarté, où est le problème ?"
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