’Je n’aurais pas pu travailler avec lui’ : Schumacher critique Ron Dennis

Aucun regret avec Jordan malgré l’épisode controversé de Spa 1998

’Je n’aurais pas pu travailler avec lui’ : Schumacher critique Ron Dennis
Auteur : Franck Drui
17 mai 2026 - 17:18

Ralf Schumacher n’a jamais caché son franc-parler. L’Allemand l’a une nouvelle fois démontré en revenant sur sa carrière en Formule 1, confessant son soulagement de ne jamais avoir eu à travailler sous les ordres de Ron Dennis chez McLaren. Invité du podcast Formula For Success aux côtés de son ancien patron Eddie Jordan, Schumacher a livré une anecdote révélatrice de sa perception du management en F1, tout en revenant sur ses débuts au sein de Jordan Grand Prix.

Arrivé en Formule 1 en 1997 avec Jordan, Schumacher s’était rapidement illustré avec trois podiums en deux saisons. Mais c’est surtout son Grand Prix de Belgique 1998 qui reste dans les mémoires. Ce jour-là, sur le circuit de Spa-Francorchamps, Eddie Jordan avait demandé à Schumacher de rester derrière son équipier Damon Hill afin d’assurer un doublé historique pour l’écurie.

Une décision controversée, qui avait notamment provoqué la colère de Michael Schumacher, furieux que son frère ne puisse pas jouer la victoire. Lors de leurs retrouvailles, Eddie Jordan a demandé à son ancien pilote s’il avait été le pire directeur d’équipe de sa carrière. La réponse de Schumacher a été nuancée mais révélatrice.

"Non, ce n’est pas vrai. D’abord, tu m’as donné ma chance," a-t-il répondu.

"Et ça aurait pu être pire : j’aurais pu tomber sur Ron Dennis, donc je suis très heureux que cela ne soit pas arrivé. Je pense que je ne pourrais pas travailler avec un homme comme lui, donc je suis content."

Une déclaration qui fait écho aux propos tenus il y a deux ans par Heinz-Harald Frentzen, autre ancien pilote Jordan, qui avait affirmé qu’une plaisanterie sur les connaissances en allemand de Dennis lui aurait coûté une opportunité chez McLaren.

Schumacher en a également profité pour évoquer avec nostalgie la Formule 1 de ses débuts, bien différente de celle d’aujourd’hui.

"Pour Eddie, c’était son entreprise, son bébé, et je suis sûr que ce n’était pas toujours facile," a-t-il expliqué.

"Et je me souviens qu’à cette époque, on faisait du vrai sport automobile : 16 à 18 courses par an, des voitures incroyables, le son, le look… On avait de beaux circuits, un bon catering, pas aussi grand qu’aujourd’hui, mais toujours élégant, et pour 10 % du budget. Pas récemment, mais avant le plafond budgétaire."

De son côté, Eddie Jordan a tenu à rappeler les principes qui guidaient sa gestion d’équipe.

"Cela peut paraître un peu étrange, mais j’ai toujours essayé d’être très juste," a-t-il affirmé.

"Tout le monde savait qu’en venant chez Jordan, ils ne toucheraient pas le maximum, mais ils seraient toujours payés. Et ce qu’ils obtenaient, que ce soit les ingénieurs, les designers ou les pilotes, c’était une base solide, un tremplin."

"Ce qui me rend heureux, c’est que nous soyons assis ici aujourd’hui à discuter, après deux ou trois années ensemble, parfois difficiles, parfois très joyeuses."

"Ma mère me disait toujours : ’Souviens-toi que tu dois toujours pouvoir repasser par la porte que tu viens de franchir’. Il ne faut jamais brûler les ponts."

Malgré les tensions de l’époque, notamment à Spa en 1998, Ralf Schumacher assure ne nourrir aucun regret.

"Pour moi, c’était pareil : il y avait sa part et la mienne," a-t-il expliqué.

"Bien sûr, j’étais déçu, en tant que jeune pilote, de ne pas pouvoir gagner. Mais c’était comme ça."

"1998 était une année difficile, nous avions une voiture médiocre, mais 1999 était bien meilleure. Celle de 1997 était une super voiture."

"Aucun regret, tout va bien. Cela fait partie de l’histoire, de l’apprentissage."

Après son passage chez Jordan, Schumacher rejoindra Williams en 1999, où il signera ses six victoires en Grand Prix, avant de passer puis terminer sa carrière chez Toyota en 2007.


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