Formule 1

Marko passe en revue toutes les options ’moteur’ pour Red Bull à partir de 2022

Il se plaint également des règles et des coûts

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Par Olivier Ferret

7 octobre 2020 - 14:49
Marko passe en revue toutes les (...)

Le Dr Helmut Marko, conseiller et consultant pour le sport automobile de Red Bull, s’est confié un peu plus longuement sur le retrait de Honda de la F1 et, surtout, sur les pistes envisagées en termes de moteur par l’équipe autrichienne et AlphaTauri, pour continuer en 2022 et après.

Marko avait déjà révélé, il y a quelques jours, que cela faisait un bout de temps qu’il savait, avec Dietrich Mateschitz, que Honda allait prendre cette décision.

"Le coût de développement d’un moteur en Asie plutôt qu’en Europe est bien plus élevé. Et le coronavirus est passé par là pour donner le coup de grâce au programme F1 de Honda," explique-t-il.

"Ils ont besoin de leur centre technologique à Sakura pour leurs projets de développement écologiques."

C’est aussi ce qui explique le lobbying de Red Bull auprès de la FIA pour réduire les coûts pour les motoristes. Ce qui est arrivé trop tard. "Nous aurions dû réduire les coûts au préalable," regrette aujourd’hui Marko.

"Honda serait probablement parti même si nous avions pu concourir pour le titre mondial cette année. Pour les Japonais, les mesures de réduction des coûts sont arrivées deux ans trop tard. Mais vous voulez toujours quitter la Formule 1 avec le meilleur résultat possible."

"Cela n’empêchera pas Honda de construire un nouveau moteur pour 2021. Cela devrait compenser certaines lacunes par rapport à Mercedes, non seulement en termes de puissance moteur, mais également dans d’autres domaines."

Pourquoi ne pas continuer sur cette base alors ? C’est la question qui se pose actuellement chez Red Bull, si Honda est vraiment prêt à céder sa propriété intellectuelle. Pour Marko, ce n’est pas si simple car il y aura un changement d’importance en 2022.

"À partir de 2022, vous aurez besoin d’une nouvelle culasse pour rendre le moteur adapté à 20% de biocarburant. Et puis un autre nouveau moteur pour 2023 avec 100% de carburant de synthèse. Il faut additionner les coûts alors que ça n’apporte rien pour les fans."

La solution la plus simple serait de passer à un moteur Ferrari ou Renault. Pour la première hypothèse, l’avis de Marko est tranché à la lumière des performances actuelles du V6 italien.

"Actuellement, ils ont au moins 50 à 60 chevaux de retard sur le 3e motoriste. Mais la Formule 1 ne peut pas se permettre d’avoir Ferrari dans la 2e moitié du peloton pour toujours."

"Il est vrai que nous pourrions avoir n’importe quel moteur. Mais nous ne prenons pas juste un moteur. Si vous allez chez Renault, vous obtenez un moteur qu’ils construisent en fonction de leurs besoins. Il est fait sur mesure pour leur châssis. Nous le comprenons mais c’est encore un compromis."

Red Bull peut-elle convaincre une nouveau constructeur comme VW, Porsche ou encore Toyota (qui a l’expérience de l’hybride) de se lancer ?

"Personne ne veut faire un tel effort pour une période de quatre ans seulement jusqu’à la prochaine réglementation moteur. Et tout le monde sait maintenant que vous ne pouvez pas simplement arriver et être compétitif tout de suite. La technologie hybride est beaucoup trop compliquée et coûteuse pour cela."

Selon Marko, le sujet de la réglementation moteur sera à l’ordre du jour de la prochaine réunion du Conseil Mondial de la FIA. Mais il craint que l’idée d’avancer cela à 2023, au moment où les carburants de synthèse arriveront, ne soit pas du tout à l’ordre du jour.

"Si vous deviez proposer une nouvelle réglementation moteur, ce serait la meilleure solution. Mais quel intérêt Mercedes aurait-il à changer quelque chose ? Ils ont un moteur optimal, et avec leur avantage de puissance, ils peuvent utiliser des réglages d’ailerons complètement différents. Cyril Abiteboul ne sait probablement pas s’il doit être pour ou contre. Ferrari serait probablement prête mais en cas de doute, elle voterait à nouveau contre la raison. Et avec cette unanimité idiote, rien ne changera."

Reste la dernière option, le retrait de la F1...

"Si nous ne pouvons pas trouver de solution compétitive, c’est une option. J’entends parler du besoin de moteur compétitif pour Max Verstappen dans son contrat. Mais c’est aussi un préalable pour nous : sans un moteur avec lequel nous pouvons gagner le championnat, le projet n’est pas intéressant pour nous."

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