Horner : ’l’aventure incroyable’ avec Red Bull ’dépasse mes rêves les plus fous’
Il revient sur plus de 400 GP et 20 ans à la tête de l’équipe
Il y a 20 ans, Christian Horner vivait sa première saison en tant que directeur d’équipe en F1. Le team principal de Red Bull était à la tête de l’équipe qui venait de changer d’identité en ayant repris la structure abandonnée par Jaguar. Au moment de tirer un bilan de ces deux décennies et plus de 400 Grands Prix, il n’est pas peu fier.
"On a toujours des rêves et des aspirations dans la vie" a déclaré Horner à PlanetF1. "Mais je pense que ce qui s’est passé au cours des 20 dernières années dépasse tous mes rêves et espoirs les plus fous."
"Jusqu’à présent, j’ai vécu une aventure incroyable : 124 victoires, 14 championnats du monde, 106 pole positions... nous sommes l’équipe la plus victorieuse du 21e siècle. En peu de temps, nous avons fait beaucoup de choses, et cela semble être passé très vite !"
Le Britannique révèle comment Dietrich Mateschitz, PDG de Red Bull, l’a sélectionné grâce à Helmut Marko pour devenir le directeur de Red Bull Racing : "Helmut avait une équipe en Formule 3000 et j’avais couru contre son équipe et gagné, consécutivement, trois championnats d’affilée."
"Helmut m’a donc recommandé à Dietrich, après avoir travaillé sur leur programme junior avec Liuzzi en 2004. Dietrich a toujours cru qu’il fallait donner une chance aux jeunes. Il a vu en moi une ambition et l’a soutenue. Bien sûr, les premières années, il y a eu des difficultés, mais il m’a toujours énormément soutenu."
Red Bull a rejoint en 2009 "un groupe d’élite"
Remporter une victoire et, l’année suivante, un championnat, furent évidemment les grands moments pour Red Bull en Formule 1, et pour Horner en tant que patron : "La première victoire a été énorme : un doublé en Chine en 2009 (photo en haut). Soudain, nous avons gagné et nous avons rejoint un groupe d’élite."
"Puis ce premier championnat un an plus tard, contre toute attente, à Abu Dhabi avec Sebastian [Vettel], lorsque quatre pilotes se sont retrouvés dans la lutte pour le championnat lors de cette course - c’était un autre moment monumental."
En réalité, la quête de titre de Red Bull n’était pas "contre toute attente" cette année-là, puisqu’en arrivant à la dernière course, Mark Webber était deuxième du championnat et Red Bull avait déjà assuré le titre mondial des constructeurs après avoir terminé vice-championne des équipes en 2009.
"Ensuite, nous avons répété l’exploit au même endroit en 2021, après une bataille herculéenne entre Lewis [Hamilton] et Max [Verstappen], Mercedes et nous-mêmes, Mercedes ayant été la force dominante pendant huit ou neuf ans. Alors, revenir dans la course et s’imposer à nouveau dans ce championnat, c’était un grand moment."
Etonnamment, le moment qu’il regrette le plus au fil de toutes ces années est le Grand Prix des Etats-Unis 2005, où seulement six voitures avaient couru : "Je regarde en arrière, je regarde Indianapolis 2005 et je pense que nous aurions pu faire un meilleur travail."
"Il se passait beaucoup de choses, et les équipes qui roulaient avec un certain manufacturier de pneus n’ont pas couru. Je pense qu’en tant que sport, nous aurions pu faire mieux à l’époque. On apprend toujours dans ce métier. On apprend toujours. On apprend toujours dans ce métier. Si je devais choisir un moment parmi ces 21 années, ce serait celui-là."
Interrogé sur son duo de pilotes idéal, il associerait ses deux champions et placerait Daniel Ricciardo en back-up : "C’est une évidence ! Max et Sebastian avec Daniel comme réserve et David Coulthard comme ambassadeur !"
"Mon cœur et mon âme sont dans cette équipe"
Horner est au centre de rumeurs pour un départ de Red Bull, mais il réitère sa fidélité à l’équipe, surtout à l’aube du lancement de Red Bull Powertrains en compétition : "Il est évident qu’au fil des ans, j’ai eu différentes approches et il est toujours flatteur d’être associé à une autre équipe, car ce sont toutes de grandes équipes."
"Mais mon cœur et mon âme sont dans cette équipe. J’y ai investi une grande partie de ma vie et je me sens responsable des gens. C’est un groupe de 2000 personnes et je suis très enthousiaste à l’idée de construire notre propre moteur. C’est vraiment le prochain chapitre pour nous, tout regrouper sous un même toit."
"Vous savez, combien de personnes ont fait cela ? Il s’agit donc d’un défi de taille, mais aussi d’une grande opportunité et d’un projet qui nous tient à cœur en tant qu’organisation. Ce sont les gens qui font une équipe, et c’est à eux que je suis très attaché."
"L’équipe, bien sûr, mais aussi les actionnaires qui l’ont soutenue, les sponsors et les partenaires, nous avons maintenant 58 partenaires que j’ai été chargé d’intégrer à l’équipe, et nous entretenons d’excellentes relations avec un grand nombre d’entre eux. C’est une partie importante de ma vie."
"Nous sommes les dissidents"
Il se félicite d’avoir été soutenu par ses associés au fil d’une histoire tumultueuse, qu’il essaie de faire passer sous un prisme de la victimisation. Red Bull a volontairement endossé le mauvais rôle au fil des ans, souvent en encourageant ses pilotes à faire des actions à la limite, ou en prenant la défense de l’indéfendable.
Selon Horner, c’est ce qui fait que Red Bull a subi de nombreuses critiques, mais il assume totalement le fait d’avoir ce rôle : "Je pense que les gens qui vous entourent... quand vous êtes dos au mur, vous découvrez qui sont vos amis."
"Le niveau d’engagement et de loyauté de cette équipe est sans précédent. C’est un groupe phénoménal d’individus qui travaillent en équipe. On écrit sur nous et on nous jette plus de choses que n’importe quelle autre équipe, peut-être parce que nous sommes les dissidents."
"Nous ne nous conformons pas, nous avons toujours été un peu différents, et c’est quelque chose que Dietrich a toujours encouragé. Soyons nous-mêmes. Ne soyons pas la marionnette d’un fabricant. Nous avons une opinion. N’ayons pas peur de l’exprimer."
Avec un contrat qui court jusqu’en 2030 et l’habitude d’être sous le feu des projecteurs, il ne pense pas à la retraite : "Je le ferai aussi longtemps que j’aurai la même passion et la même motivation. J’ai juste un peu plus d’expérience à faire valoir, et quelques cicatrices de combat en cours de route, mais cela vous endurcit à bien des égards."
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