Ferrari reste sceptique face à la théorie d’Hamilton
Les ingénieurs pas convaincus par son choix sur le simulateur
La décision de Lewis Hamilton de se passer du simulateur de Ferrari continue de faire réagir. Si le Britannique attribue en partie son meilleur résultat de la saison obtenu au Canada à ce choix, plusieurs observateurs, dont d’anciens responsables d’écuries, appellent à la prudence avant d’en tirer des conclusions définitives.
Après un début de saison compliqué chez Ferrari, Lewis Hamilton semble avoir trouvé une approche qui lui convient davantage. Frustré de constater que son travail de préparation ne se traduisait pas par de meilleures performances en piste, le septuple champion du monde avait révélé à Miami que le simulateur de Maranello ne lui apportait pas les bénéfices escomptés.
Selon lui, les sensations obtenues dans l’outil de simulation différaient trop de celles ressenties au volant de sa monoplace sur les circuits.
Pour le Grand Prix du Canada, Hamilton a donc pris une décision radicale : ne pas utiliser le simulateur dans sa préparation. Un choix qui a coïncidé avec sa prestation la plus convaincante depuis son arrivée chez Ferrari.
Le Britannique a décroché son meilleur résultat sous les couleurs de la Scuderia en terminant deuxième de l’épreuve, franchissant la ligne d’arrivée avec près de 30 secondes d’avance sur son équipier Charles Leclerc.
Fort de cette expérience, Hamilton a laissé entendre qu’il devrait poursuivre dans cette voie à l’avenir.
"Est-ce que je vais l’utiliser pour préparer une autre course ? Probablement pas", avait-il expliqué. "Il y a tout simplement trop de risques. Si vous regardez les deux meilleures courses que j’ai réalisées, je n’ai pas utilisé le simulateur, et c’est tout simplement la réalité."
"Pratiquement tous les championnats que j’ai remportés auparavant, à l’exception probablement de 2008, je ne me servais pas du simulateur, donc ce n’est pas une nécessité. C’est un outil qui peut être puissant, mais pour moi, je suis de l’ancienne école. Je suis probablement meilleur sans lui."
Une analyse qui ne convainc toutefois pas totalement Rob Smedley, qui est justement un ancien ingénieur de course de Ferrari. Il affirme avoir évoqué le sujet avec plusieurs membres de l’écurie italienne.
"J’ai parlé à quelques personnes chez Ferrari qui ont plus ou moins haussé les épaules lorsque je leur ai posé la question. Ils sont sceptiques," a-t-il expliqué dans le podcast High Performance Racing.
Selon Smedley, Hamilton a effectivement refusé de passer du temps dans le simulateur avant Montréal parce qu’il pensait que celui-ci l’orientait dans une direction qui ne lui convenait pas.
"Il a dit qu’il refusait d’aller faire son travail dans le simulateur avant le Canada. Et c’est ce qui lui a donné un sentiment de liberté, parce qu’il avait l’impression que le simulateur le poussait peut-être vers des directions qui ne lui plaisaient pas."
"Il s’est donc dit : ’Je ne vais pas le faire cette fois’."
Mais pour Smedley, le problème réside dans la faiblesse de l’échantillon de données disponible.
"Bien sûr, il dispose d’un échantillon d’une seule course pour tirer cette conclusion ! Tout à coup, il devient statistiquement vrai que si vous ne montez pas dans le simulateur, vous terminez sur le podium."
Ancien directeur de l’écurie Alpine F1, Otmar Szafnauer partage sur le même podcast cette prudence et estime qu’il est impossible d’établir un lien de causalité aussi direct.
"Ce n’est pas une expérience dans un univers contrôlé," souligne-t-il. "Et s’il avait utilisé le simulateur, aurait-il gagné la course ? Je ne dis pas que cela aurait été le cas, mais ce n’est pas une expérience contrôlée."
Interrogé sur l’importance croissante du simulateur avec les monoplaces actuelles et les systèmes complexes de déploiement d’énergie, Szafnauer estime même que son rôle est devenu plus important que jamais.
"Je discutais de mon côté avec l’un des ingénieurs d’Alpine et j’ai réalisé à quel point ce que vous faites et la manière dont vous gérez aujourd’hui le groupe propulseur sont devenus sensibles par rapport à ce que c’était auparavant."
Un constat partagé par Smedley.
"C’est énorme. Tous ceux à qui vous parlez dans la voie des stands vous le diront. La gestion énergétique est désormais un élément déterminant de la performance moderne en Formule 1. C’est extrêmement sensible, c’est absolument crucial en matière de gestion. Le simulateur est donc très utile, mais vous avez également besoin de tout le reste."
L’ingénieur britannique rappelle enfin que les situations imprévues restent impossibles à reproduire parfaitement.
"Vous pouvez répéter un scénario autant de fois que vous le souhaitez, mais ce sont toujours les cas limites qui vous piègent. Vous devez donc avoir une compréhension extrêmement solide de l’ensemble."
Comment suivre au mieux l’actualité de notre site ?
Vous appréciez nos actus ? Alors sélectionnez Nextgen-Auto.com comme source privilégiée sur Google, pour voir davantage de news F1 de ce site dans vos résultats d’actualités. Vous ne manquerez plus aucune information et serez parmi les premiers à lire nos interviews et analyses.
S’abonner est simple : il vous suffit de cliquer sur ce lien et de cocher les sources Nextgen-Auto.com.
Vous pouvez aussi vous abonner à notre chaîne WhatsApp Nextgen-Auto.com pour recevoir en temps réel les "breaking news" et quelques informations exclusives avant leur publication !
Nous suivre sur notre Profil Google afin que nos news vous soient présentées en priorité dans votre fil d’informations sur votre smartphone ! Il suffit de cliquer sur "Suivre sur Google".
Ferrari
- Ferrari reste sceptique face à la théorie d’Hamilton
- Ferrari franchit un cap salarial inédit en F1 avec la prolongation de Leclerc
- Ferrari en pole à Monaco ? La réponse de Leclerc
- Ferrari se prépare pour la course ’préférée’ de Leclerc devant son public
- Pour Rosberg, Hamilton progresse mais n’est pas au niveau d’un huitième sacre