Favoritisme de Norris, naïveté face à Verstappen : Stella défend McLaren F1

Méthode Coué ou discours de vérité ?

8 novembre 2025 - 07:40
Favoritisme de Norris, naïveté face à Verstappen : Stella défend McLaren F1

McLaren F1 a assumé sa position avant la fin de saison, et cela a le mérite d’être clair, net, précis. Oui, l’équipe est prête à perdre (face à la Red Bull de Max Verstappen) un championnat du monde pilotes – pour éviter de favoriser Lando Norris (ou Oscar Piastri) dans la course au titre.

Dans le même temps, et peut-être paradoxalement, McLaren F1 doit affronter une autre polémique : les soupçons de favoritisme envers Lando Norris, une rumeur largement infondée mais qui court dans le paddock. En témoignent encore les quelques sifflets adressés à Lando Norris après sa pole en qualifications sprint…

Enfin, troisième et dernier sujet que doit gérer Andrea Stella à la tête de l’équipe : l’ambiance interne entre Oscar Piastri et Lando Norris. Les deux hommes ne sont pas serrés la main après la qualification sprint, ce que les médias n’ont pas manqué bien sûr de relever.

Surinterprétation ou vraie signe que l’ambiance se tend ? Ce ne serait certes pas étonnant, car comment rester très bons amis quand un titre est en jeu... ?

Mais Andrea Stella fait le dos rond. Méthode Coué ou discours de vérité, le patron de l’équipe assure que l’ambiance dans l’équipe « reste certainement très positive » pour l’heure.

« Nous sommes très excités d’être dans cette position de force au championnat des pilotes. Nous avons ce qu’il faut. Nous avons toutes les conditions. Nous avons une voiture rapide, deux pilotes rapides, une équipe préparée, déterminée. Et nous sommes aussi très excités par l’idée que nous pourrions être ceux qui tentent de mettre fin à la domination de Verstappen. Vous savez, nous parlons du champion des quatre dernières saisons… »

« Donc pour nous, c’est juste – nous ressentons le privilège d’être dans cette position, et nous allons sans aucun doute continuer la lutte jusqu’au dernier virage à Abou Dhabi. »

Andrea Stella est-il bien sûr que Lando Norris et Oscar Piastri s’entendent toujours aussi bien ? Ne perçoit-il aucune tension en interne ?

« Eh bien, en réalité, ce n’est pas le cas. Évidemment, les deux pilotes savent depuis longtemps que la voiture est compétitive, donc ils savaient qu’il y avait une possibilité de se battre pour le championnat. Mais je ne vois pas cela dégénérer en autre chose que le fait que chacun se concentre sur son propre week-end et essaie d’extraire le maximum. Nous parlons beaucoup avec l’équipe. Évidemment, cela nécessite un haut niveau de dialogue, mais c’est quelque chose que nous savons normalement bien faire chez McLaren. »

« L’histoire de la Formule 1 est certainement une source que nous avons utilisée pour nous assurer que nous avons calibré au fil du temps comment aborder la gestion de deux pilotes numéro un qui sont en lice pour un championnat du monde des pilotes. Lando, Oscar, l’équipe ont très bien fait jusqu’à présent. Je suis personnellement très fier de nos deux pilotes, de nos ingénieurs. Ils collaborent d’une manière que nous n’avons jamais vue auparavant dans l’histoire de la Formule 1. »

Le discours de Andrea Stella semble pourtant déconnecté de l’histoire longue de la F1… et un peu naïf. Ce qu’il conteste bien sûr.

« Nous ne sommes pas naïfs. Nous savons que la pression est élevée. Nous savons que l’enjeu est de taille, mais nous continuerons à nous appuyer sur notre cadre, sur nos principes, sur les bonnes conversations. Et jusqu’à présent, ce que j’ai vu, c’est que Lando et Oscar se sont toujours beaucoup soutenus. Oscar a parlé très clairement du respect – le respect mutuel, le soutien mutuel qui existe entre lui-même et l’équipe, et il en va de même pour Lando. Nous sommes donc en position de force. Nous ne sommes pas naïfs, mais nous travaillerons très dur pour nous assurer que cette position tienne jusqu’à la fin du championnat. »

« J’ai eu la chance de ne pas avoir eu beaucoup de points de friction. Et c’est, comme je l’ai dit, grâce au fait que nous avons Lando et Oscar à bord, et que nous avons beaucoup investi dès le premier jour avec Lando, puis le premier jour avec Oscar, pour établir la relation basée sur le concept d’équité, d’égalité, d’esprit sportif, etc. Et c’est toujours l’angle que nous adoptons dans nos conversations. »

« C’est certain, pour moi aussi, ce fut un parcours en termes de compréhension de toutes les subtilités qu’il faut prendre en compte en gérant ce genre de mission – qui est de préserver notre façon de courir tout en les laissant courir, ce que nous essayons de faire – et d’accepter les difficultés qui vont avec. »

« J’ai toujours essayé de regarder les faits. Je me concentre sur les faits. Je parle des faits. Les faits sont le fondement de toutes les conversations que j’ai, y compris avec les pilotes. Et nous essayons de nous assurer que ce qui est du bruit est très bien distingué de ce qui est factuel. Et il y a beaucoup de bruit. »

« La Formule 1 est un sport très populaire. Nous aimons tous parler de sport. J’aime parler de football, et je deviens le meilleur manager du monde en football. Je sais donc que c’est normal, mais il est important d’extraire ce qui est factuel et de garder tout le monde concentré sur les faits. »

Piastri en plein décrochage ?

Mais d’ailleurs, y aura-t-il vraiment bataille interne pour le titre mondial ? Si Lando Norris continue de briller, et si Oscar Piastri continue de souffrir dans sa McLaren F1, la question pourrait être vite réglée.

Comment Andrea Stella peut-il justement expliquer la méforme de l’Australien sur les dernières courses ?

« Eh bien, Oscar a déjà fourni les réponses à cette question lors des Essais Libres. Pratiquement chaque fois qu’il établissait un temps au tour, c’était le plus rapide de la séance. Il est en confiance. »

Andrea Stella s’exprimait cependant avant la qualification sprint – Oscar Piastri y a été battu par Lando Norris mais aussi par Andrea Kimi Antonelli.

« Mais Oscar est en phase avec la voiture, et il sent que ce qu’il fait génère du temps au tour de manière très naturelle. Ce n’était pas le cas lors des deux dernières courses, mais lors de ces courses, les conditions du point de vue de l’adhérence et la manière dont la voiture devait être pilotée étaient assez contre nature pour Oscar. En fait, il a appris assez rapidement, et c’est un peu dommage qu’il n’ait pas pu montrer son rythme en course car il a été bloqué dans le trafic pendant presque toute la course au Grand Prix du Mexique. Je pense donc que nous avons un Oscar très fort ici, et j’espère que nous pourrons le confirmer tout au long du week-end. »

Le parallèle de 2007 médité par Andrea Stella ?

Si l’on reparle de l’histoire de la F1, beaucoup font le parallèle avec la saison 2007 : McLaren F1 avait la meilleure voiture, mais ses pilotes de l’équipe Fernando Alonso et Lewis Hamilton s’étaient neutralisés, offrant le titre à la Ferrari de Kimi Räikkönen. Andrea Stella s’en souvient bien puisqu’il travaillait alors chez Ferrari ! N’a-t-il donc rien appris de cette année ?

« Comme je l’ai dit, nous jetons toujours un œil à l’histoire. Nous essayons de comprendre ce qui s’est passé, quelles sont les leçons apprises. 2007 – il y en a une autre intéressante, évidemment, en 2010 avec une issue différente pour moi. Nous en avons gagné une, nous en avons perdu une. Dans les deux cas, par exemple, c’est le pilote qui était troisième au classement lors de la dernière course qui a remporté le championnat. Et c’est une leçon facile que nous voyons dans tous les sports – ne jamais abandonner et ne jamais rien tenir pour acquis, ce qui est très important. Quand nous repensons à 2007, évidemment, nous savons qu’il y a eu beaucoup de compétition interne chez McLaren. J’étais de l’autre côté, chez Ferrari. Potentiellement, cette compétition est allée un peu trop loin, et on pourrait dire que la course a mené à la victoire du troisième, d’une autre équipe. »

« Une fois de plus, c’est une conversation que nous avons en interne. Nous avons des conversations avec Lando, avec Oscar : assurons-nous que le vainqueur pilote une voiture papaye, d’accord ? Il y a un intérêt supérieur pour l’équipe – et même pour vous-mêmes – car nous regardons aussi vers l’avenir, pas seulement le présent. Assurons-nous de collaborer autant qu’il est raisonnable de le faire entre deux pilotes pour garantir que le titre soit globalement papaye, et une voiture papaye. »

« Il y a donc certainement beaucoup à tirer de cette époque. Et il y a aussi quelque chose que l’on retient en termes de détermination et de résilience qu’il faut avoir dans ce métier. Parce que la saison compte 24 courses. À cette époque... Nous en sommes à la course 21, tout le monde serait déjà en vacances, et nous voilà – encore quatre épreuves à disputer avec un seul point séparant les deux pilotes. La quantité de résilience nécessaire est certainement quelque chose qu’il vaut mieux avoir et pratiquer un peu au fil du temps. Nos pilotes sont relativement jeunes, mais nous parlons de résilience et de gestion de la fatigue également. »


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