Domenicali balaie les critiques des puristes sur la F1 moderne

"Avec la négativité, nous ne progressons pas"

Domenicali balaie les critiques des puristes sur la F1 moderne
Auteur : Franck Drui
25 août 2026 - 13:58

Les critiques visant la Formule 1 moderne, et notamment les règles techniques introduites en 2026, ne semblent pas inquiéter Stefano Domenicali. Le directeur général de la F1 assume une vision tournée vers la croissance et estime que les voix les plus virulentes sur les réseaux sociaux ne représentent pas nécessairement l’ensemble du public. L’Italien a notamment opposé les préoccupations des passionnés les plus techniciens aux attentes d’une nouvelle génération de spectateurs.

Sur les réseaux sociaux, les critiques concernant la réglementation 2026 et la gestion de l’énergie sont nombreuses. Pour Domenicali, elles doivent toutefois être mises en perspective avec les indicateurs commerciaux de la discipline.

"Sur les réseaux sociaux, on n’entend souvent que les histoires négatives," a-t-il déclaré. "Nous voyons et entendons des sons très différents."

Le patron de la Formule 1 a notamment pris l’exemple du Grand Prix de Bahreïn, déplacé à Sepang, pour illustrer la vigueur actuelle du championnat. La manche malaisienne, organisée en remplacement du rendez-vous de Sakhir, rencontre déjà un important succès commercial.

"Après quelques semaines, les tribunes affichent déjà complet et 1 500 billets ont déjà été vendus pour le Paddock Club. C’est sans précédent," a souligné l’Italien. "Cela montre la force de la Formule 1 actuellement."

Une F1 qui ne s’adresse plus uniquement aux puristes

Domenicali assume ainsi une distinction entre les passionnés historiques, particulièrement attentifs aux subtilités techniques, et un public beaucoup plus large qui s’est développé ces dernières années. Une évolution qui explique selon lui pourquoi certaines critiques très présentes parmi les amateurs les plus avertis ne rencontrent pas forcément le même écho auprès de l’ensemble des spectateurs.

"Il y a des passionnés inconditionnels du sport automobile qui parlent de ’clipping’ pendant tout un week-end de Formule 1, à éplucher toutes les données disponibles, mais il y en aura aussi beaucoup qui penseront que le ’clip’ est juste quelque chose que l’on met dans les cheveux," a-t-il lancé.

Cette remarque illustre la manière dont Domenicali considère désormais les critiques adressées à la discipline. Pour lui, l’augmentation du nombre de spectateurs et l’expansion commerciale de la F1 constituent des éléments essentiels pour évaluer la réussite du championnat, même si une partie des suiveurs historiques regrette certaines évolutions techniques.

"Avec la négativité, nous ne progressons pas beaucoup," a-t-il insisté. "Les chiffres montrent que notre activité est en croissance. Je prends bien entendu au sérieux les personnes qui sont critiques, mais mon travail consiste à regarder la situation dans son ensemble."

Alonso et Hamilton face à Antonelli et Lindblad

Le dirigeant italien estime par ailleurs que les divergences de perception peuvent aussi s’expliquer par une différence de génération. Les pilotes qui ont connu plusieurs époques réglementaires n’abordent pas nécessairement les changements de la même manière que ceux qui ont découvert la F1 dans son environnement actuel.

"Je pense que Fernando Alonso et Lewis Hamilton parlent différemment de la réglementation actuelle que des adolescents comme Kimi Antonelli et Arvid Lindblad," a observé Domenicali. "C’est pourquoi il est bon d’avoir l’avis de tout le monde."

Cette diversité des points de vue est justement ce que le patron de la F1 souhaite conserver, alors que la discipline poursuit sa transformation. Les critiques des pilotes expérimentés ne sont donc pas rejetées, mais replacées dans une évolution plus large du championnat et de son public.

Domenicali rappelle enfin que les réactions négatives aux changements réglementaires ne sont pas nouvelles en Formule 1. Plusieurs évolutions aujourd’hui considérées comme indissociables de la discipline avaient elles aussi suscité des interrogations lorsqu’elles ont été introduites.

"Dans le passé, il y a eu tellement de fois où les pilotes se sont demandé : ’Mais qu’est-ce que c’est que ça ?’," a-t-il rappelé.

Le directeur général de la F1 cite notamment deux exemples pour illustrer son propos : les changements apportés au mode de passage des rapports et l’arrivée du Halo, longtemps critiqué avant de devenir un élément incontournable de la sécurité des monoplaces.

"Prenez la boite mécanique dans le passé. Quand les palettes au volant sont arrivées, on a crié au scandale. Ou l’arrivée du Halo sur les F1. Aujourd’hui, nous ne pouvons plus imaginer faire autrement."


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