Formule 1

Des moteurs encore plus hybrides et électriques en 2025 ?

Le souhait de Mercedes et de Honda

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Par A. Combralier

8 juin 2019 - 14:19
Des moteurs encore plus hybrides et (...)

La refonte des moteurs en F1 n’aura finalement pas lieu en 2021, mais en 2025... au mieux.

Les V6 turbo hybrides actuels devraient donc rester en place pendant cinq bonnes années, sans grand changement, même si l’on commence à évoquer un plus grand usage de l’éthanol, jusqu’à 20% au lieu de 5 actuellement.

En 2025, quel moteur serait le plus pertinent, sur le plan sportif comme sur le plan technologique, pour la F1 ?

Toto Wolff, représentant d’un grand constructeur (Mercedes), a logiquement plaidé pour une solution rationnelle : suivre l’évolution de l’industrie automobile.

« Nous sommes au milieu d’une transition technologique, au moins pour les voitures de série. Et même si nous sommes des grands fans du bruit, des moteurs traditionnels, ce n’est pas la direction que prend la technologie, ce n’est pas en lien avec le développement durable. »

« Donc je crois que nous avons fait un bon choix en gardant le règlement actuel pour le court et moyen terme, parce que changer de moteur aurait coûté énormément cher en développement, pour arriver à une nouvelle formule. Et puis, nous ne savons pas encore clairement ce que la prochaine génération d’unité de puissance devrait être. »

« A entendre notre président chez Daimler, nous nous attendons à ce que 50 % de notre flotte soit hybride ou électrique d’ici 2030. Donc si c’est la direction prise par la technologie, nous pourrions avoir un moteur ayant des composantes hybrides plus importantes, utilisant des énergies renouvelables, ou l’électricité. »

« Aujourd’hui, cette proportion est autour de 20 %. Peut-être que ce ratio montera à 50 %. Le bruit, il faut régler ce problème, au moins en parler. Mais je crois que la partie hybride va augmenter après 2025. »

Toyoharu Tanabe, directeur technique de Honda, plaide lui aussi pour une place accrue accordée à l’hybride.

« Nous sommes dans une phase de transition aujourd’hui, et nous avons juste fini les discussions sur le règlement 2021 de l’unité de puissance. Nous gardons le concept d’aujourd’hui jusqu’en 2024/2025. Nous n’avons pu trouver de solution pour identifier quelle serait la prochaine étape pour avoir un moteur plus vert, durable, et efficient. Donc nous devrons en discuter de nouveau, pour savoir ce que devrait être le summum pour la F1 s’agissant de la technologie d’une unité de puissance. Je suis du même avis que Toto. »

De tels propos vont bien amèrement décevoir Lewis Hamilton, qui a récemment plaidé pour un retour des V10 ou des V12.

Günther Steiner, dirigeant d’une écurie privée, plaide, lui, pour la stabilité, et ce pour des raisons liées au coût de développement.

« Je ne sais pas ce que sera la technologie en 2025. Toto et Tanabe le savent mieux que moi. Nous aimerions tous, comme Lewis l’a dit, avoir le bruit des V10 ou V12, mais aujourd’hui, ce n’est plus acceptable. J’aimerais que la F1 reste avec la technologie actuelle. »

« Les constructeurs autos savent ce dont ils ont besoin : une technologie durable, avec plus de part à l’électrique. Cela me va. Mais l’important, c’est de rester en phase avec la technologie, et ne pas revenir à la F1 que j’ai connue dans mon enfance. »

Enfin, Franz Tost, directeur de Toro Rosso, regrette une communication pas assez efficace sur « le très haut niveau technologique » atteint par l’unité de puissance actuelle.

Ce qui est certain, c’est que Tost n’est pas un franc partisan de l’électrique, rappelant que la production d’électricité génère aussi son bon lot de CO2 tant que les usines ne seront pas elles aussi plus propres.

« Nous avons un petit moteur, deux systèmes de récupération d’énergie, tous ces composants, c’est la technologie du futur, parce qu’avec ces moteurs, sur une voiture de série, vous pourriez faire du 1 ou 2 litres au 100. Tout le monde parle des voitures électriques, et je me demande juste : d’où proviendra l’énergie ? Il n’y a rien de sérieux selon moi, mais les grands constructeurs vont en Formule E, ou ont construit des voitures électriques. Mais d’où vient l’énergie ? Je crois que nous avons, en F1, la technologie du futur. Peut-être que la partie électrique ou hybride augmentera à 40 % du total, ou peut-être plus, comme l’a dit Toto. Cela me va. »

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