Des disputes ’deux ou trois fois par an’ avec Leclerc chez Ferrari selon Sainz

Ferrari sous pression mais les conflits sont inévitables

Des disputes ’deux ou trois fois par an’ avec Leclerc chez Ferrari selon Sainz
Auteur : Franck Drui
10 septembre 2026 - 16:38

Carlos Sainz estime que les tensions sont inévitables lorsque deux pilotes de premier plan évoluent au sein de la même écurie, livrant au passage son expérience des affrontements avec Charles Leclerc chez Ferrari. Alors que la Scuderia est actuellement sous pression pour sa gestion de la lutte au championnat entre Lewis Hamilton et Kimi Antonelli, l’Espagnol considère que les désaccords entre équipiers font partie intégrante de la compétition lorsque les enjeux sont suffisamment élevés.

Ferrari s’est retrouvée au centre des critiques ces dernières semaines pour ne pas avoir suffisamment privilégié les chances de Lewis Hamilton au championnat. Le manque d’empressement à utiliser les consignes d’équipe à Zandvoort pourrait notamment avoir coûté des points importants au septuple champion du monde, tandis que la gêne au départ et l’accrochage verbal entre les deux pilotes Ferrari à Monza ont encore compliqué la situation.

Après un Grand Prix d’Italie désastreux au cours duquel Hamilton a terminé sixième, voyant ses espoirs de titre s’éloigner davantage, le directeur de Ferrari Fred Vasseur avait estimé qu’il était encore "trop tôt" pour envisager de recourir aux consignes d’équipe.

Hamilton, après avoir clairement manifesté sa frustration à la radio, considère toutefois que le moment de privilégier ses ambitions au championnat est désormais passé (il est trop tard selon lui...) et a pratiquement reconnu que ses chances face à Kimi Antonelli étaient réduites à néant.

Interrogé sur son expérience des consignes d’équipe chez Ferrari et sur la situation actuelle de la Scuderia, Sainz a rappelé que les tensions entre deux équipiers compétitifs sont selon lui inévitables.

"Je ne pense pas que, comme certains le disent, cela ne me concerne pas. Je peux vous dire que lorsque vous avez deux équipiers compétitifs, ce genre de situations va toujours se produire."

L’Espagnol, qui a partagé le garage Ferrari avec Leclerc, explique que leurs désaccords étaient loin d’être exceptionnels. Les deux hommes pouvaient régulièrement se retrouver en opposition, mais avaient pris l’habitude de régler leurs différends rapidement, sans laisser les tensions s’installer.

"Avec Charles, deux fois, deux ou trois fois par an, nous avions toujours une petite discussion ou une dispute, mais après la course ou le lendemain matin, nous nous appelions et nous réglions le problème."

"C’est normal lorsque vous vous battez pour des podiums ou des victoires dans une équipe compétitive. Il y a des situations au premier virage, des situations où vous vous battez en course ou avec la stratégie, et vous finissez toujours, un jour, par ne pas être content de la manière dont cela a été géré, puis le lendemain, c’est peut-être vous qui avez été favorisé. C’est toujours la même chose."

Sainz reconnaît ne pas connaître les détails de la manière dont Ferrari gère actuellement la rivalité entre Hamilton et Leclerc. Son expérience personnelle avec la Scuderia lui permet néanmoins de souligner que les discussions internes entre équipiers constituaient une partie essentielle de la résolution des conflits.

"Je ne sais pas comment cela a été géré cette fois-ci, mais lorsque j’étais chez Ferrari avec Charles, nous réglions toujours cela entre nous et nous passions à autre chose."

Sainz est également revenu sur une bataille avec Leclerc à Monza en 2023. Malgré une lutte très serrée, les deux pilotes Ferrari étaient parvenus à éviter le conflit.

"Je me souviens qu’en 2023, nous avions eu une bataille assez intense avec Charles à Monza. Je ne pense pas que nous en soyons arrivés au point d’avoir une quelconque dispute ce jour-là. Nous avions tous les deux le sentiment d’avoir été aussi corrects que possible compte tenu de ce qui était en jeu."

Les deux hommes avaient pourtant connu des affrontements plus difficiles au cours de leur association chez Ferrari. Mais le contexte particulier du Grand Prix d’Italie impose, selon Sainz, du respect en plus aux pilotes de la Scuderia.

"Nous en avons certainement eu de pires que celle-là. Mais à Monza, vous ressentez un niveau de responsabilité supplémentaire : vous devez vous assurer de ne pas toucher l’autre pilote dans l’autre voiture rouge parce que c’est Monza."

"Je pense qu’en général, c’est la règle numéro un du sport automobile ou de la Formule 1, mais peut-être que Ferrari à Monza signifie un peu plus, et vous avez forcément cela dans un coin de votre tête avant chaque bataille."

Bottas reste discret sur ses propres règles avec Hamilton

Après avoir terminé sixième à Monza, Hamilton avait lui-même évoqué face aux médias les "règles d’engagement" qui existaient chez Mercedes lorsqu’il partageait son garage avec Nico Rosberg. Cette période avait notamment été marquée par plusieurs collisions entre les deux équipiers, au cœur d’une rivalité particulièrement intense entre 2014 et 2016.

Après le départ de Rosberg à la retraite à la fin de la saison 2016, Valtteri Bottas avait pris sa place aux côtés de Hamilton. Le Finlandais a lui aussi été interrogé aujourd’hui à Madrid sur les éventuelles règles qui encadraient alors la rivalité avec le Britannique.

Sa première réponse fut volontairement laconique : "Confidentiel. Des éléments contractuels."

Bottas a toutefois accepté d’en dire un peu plus sur le principe général qui régissait les relations entre équipiers chez Mercedes à cette époque.

"Chaque équipe fonctionne évidemment différemment. Vous avez des règles différentes, mais à cette époque, il était très clair qu’il fallait courir de manière correcte et propre."

Le Finlandais a ensuite reconnu l’existence de règles plus précises dans certaines circonstances, sans vouloir révéler leur contenu.

"Il existe certaines règles dans certaines situations, que je ne veux pas détailler... vous pouvez laisser libre cours à votre imagination. Mais c’est simplement ainsi que fonctionne le sport, et parfois vous vous en sortez mieux, parfois moins bien."

Après le sujet Ferrari, évoquant l’importance du week-end à Madrid, Sainz a déclaré qu’il ne s’attendait pas à briller.

"Je pense qu’on peut s’attendre à un tracé assez difficile pour notre voiture, mais avant tout pour les pilotes."

"Je crois que nous l’avons tous essayé sur simulateur et nous avons vu les essais de F3. Et oui, en discutant avec les pilotes lors de la parade, tout le monde semblait assez frappé par le circuit imaginé pour Madrid ; un tracé qui, je pense, possède du caractère dans le bon sens du terme et suscite l’intérêt.

"Ce n’est pas un circuit ordinaire, vous savez, du genre qu’on ajoute simplement au calendrier, c’est quelque chose d’un peu différent, qui a de la personnalité."

"Il faudra voir si c’est peut-être un peu excessif, ou attendre d’avoir bouclé quelques tours et de commencer à faire des retours à la FIA et aux organisateurs du Grand Prix."


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