’Comme une électrocution’ : ce que ressentent Alonso et Stroll dans l’Aston Martin F1

Des vibrations dévastatrices pour le corps

Auteur : Franck Drui
5 mars 2026 - 06:19
’Comme une électrocution’ : ce que ressentent Alonso et Stroll dans l’Aston Martin F1

Comme Adrian Newey l’a révélé aujourd’hui, Aston Martin continue de faire face à un problème technique majeur sur sa nouvelle AMR26 équipée du moteur Honda. Les vibrations générées par l’unité de puissance sont telles qu’elles limitent fortement la durée des relais des pilotes au point que Lance Stroll les compare à une véritable électrocution.

La première pré-saison d’Aston Martin avec son nouveau partenaire moteur Honda s’est révélée particulièrement compliquée. L’unité de puissance a provoqué d’importantes vibrations dans la voiture, perturbant le fonctionnement de nombreux éléments.

Conséquence directe : l’équipe britannique a été celle qui a parcouru le moins de tours parmi les onze équipes engagées durant les essais hivernaux. Newey a même révélé que ces vibrations pourraient avoir des conséquences physiques pour les pilotes.

"Fernando estime qu’il ne peut pas faire plus de 25 tours consécutifs avant de risquer des dommages nerveux permanents aux mains. Lance pense qu’il ne peut pas faire plus de 15 tours avant d’atteindre ce seuil."

Une sensation proche d’une électrocution

Les deux pilotes ont donc été invités à commenter et à confirmer les propos de leur patron. A commencer par Lance Stroll.

"Je ne sais pas vraiment à quoi on pourrait comparer ça. Je dirais... s’électrocuter sur une chaise ou quelque chose comme ça, et on n’en est pas très loin. C’est une vibration très inconfortable et c’est mauvais pour le moteur, mais aussi pour l’être humain à l’intérieur de la voiture."

Le Canadien a également expliqué que les effets de ces vibrations avaient été particulièrement visibles lors des essais de Bahreïn.

"Toute la voiture était en train de tomber en morceaux avec ce niveau de vibrations."

Cela explique pourquoi Aston Martin a accumulé si peu de kilomètres pendant la pré-saison.

Stroll a toutefois tenu à préciser que ses blessures au poignet subies début 2023 - qui avaient ressurgi et l’avaient contraint à manquer le Grand Prix d’Espagne l’an dernier - n’aggravaient pas l’effet de ces vibrations.

Face à cette situation, Adrian Newey a laissé entendre que l’équipe pourrait être contrainte de limiter la durée des relais en course si les solutions apportées pour Melbourne ne permettent pas de réduire significativement les vibrations.

Fernando Alonso a confirmé que le problème se faisait ressentir physiquement dans le cockpit.

"Les vibrations venant du moteur endommagent les composants de la voiture et les pilotes, nous les ressentons."

"Nous sentons notre corps avec cette fréquence de vibration que vous ressentez après 20 ou 25 minutes. De l’électrocution comme dit Lance, un peu d’engourdissement, dans les mains ou les pieds, peu importe."

"Depuis Bahreïn, quelques tests ont été effectués et certaines solutions ont maintenant été mises en place sur la voiture."

"Donc oui, nous sommes curieux de voir ce que nous pourrons améliorer demain et ce que nous pourrons ressentir."

Malgré ces difficultés, le double Champion du monde assure garder une confiance totale dans le motoriste japonais.

"J’ai 100 % confiance que Honda résoudra les problèmes, parce qu’ils l’ont déjà fait par le passé. Ils seront toujours compétitifs et auront un moteur de pointe en Formule 1."

Si ces vibrations sont très inhabituelles, Alonso a tenu à relativiser leur impact immédiat pour le pilote.

"Ce n’est pas douloureux et ce n’est pas difficile de contrôler la voiture."

Il reconnaît néanmoins que les conséquences à long terme restent inconnues.

"L’adrénaline est bien plus forte que n’importe quelle douleur… si nous nous battions pour la victoire, nous pourrions rester trois heures dans la voiture. Soyons clairs."

"Donc cela surpasse tout quand vous êtes dans la voiture. Vous n’avez pas de limitation qui vous empêche de ressentir ce que vous faites dans la voiture, mais c’est clairement quelque chose d’inhabituel, qui ne devrait pas être là."

"Nous ne connaissons pas non plus les conséquences si vous continuez à piloter comme ça pendant des mois. Une solution doit être mise en place."

Une confiance intacte... malgré l’incertitude

Alonso reste persuadé que le partenariat Aston Martin-Honda finira par porter ses fruits. Il admet toutefois que le facteur temps pourrait être crucial dans la suite de sa carrière.

"Le problème est probablement le temps nécessaire pour corriger cela, et cela ne correspond peut-être pas avec le moment de ma carrière. C’est quelque chose qu’il reste à voir. Je n’ai pas de boule de cristal pour savoir exactement quand les problèmes seront résolus."

"Donc oui, nous allons avancer course après course et mois après mois. Espérons que nous verrons des améliorations à court terme, et cela aidera aussi ma décision pour l’année prochaine."

Malgré tout, le pilote de 44 ans se dit "convaincu qu’Aston Martin et Honda remporteront des titres ensemble à l’avenir."

"La seule inconnue reste de savoir si je serais encore au volant lorsque ce potentiel se concrétisera."


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