Chance ou équité sportive : la F1 doit-elle revoir la voiture de sécurité virtuelle ?
La question sera au moins soulevée par McLaren
Lando Norris a vu ses espoirs de victoire au Grand Prix de Madrid s’envoler en raison d’un concours de circonstances défavorable lors du déploiement de la voiture de sécurité virtuelle. Un scénario qui a relancé le débat sur l’équité des procédures appliquées en Formule 1. Andrea Stella estime que le sujet mérite d’être examiné, mais le directeur de McLaren n’est pas certain qu’une modification du règlement constitue nécessairement la meilleure solution.
Lors de la course madrilène, Norris venait tout juste de dépasser l’entrée de la voie des stands lorsque la voiture de sécurité virtuelle a été déployée. Le pilote McLaren n’a donc pas pu s’arrêter immédiatement, contrairement à plusieurs de ses rivaux, qui ont profité de la neutralisation pour effectuer leur arrêt au stand dans des conditions bien plus favorables.
Lando Norris, mais également plusieurs autres pilotes, dont Max Verstappen, ont ensuite estimé que la Formule 1 devait au moins étudier la possibilité d’éviter ce type de situation à l’avenir.
Andrea Stella partage cet avis et considère que la question doit être abordée au sein du Comité consultatif sportif, l’instance chargée de discuter de l’évolution des règlements sportifs avec les équipes.
"En tant que communauté de la Formule 1, nous devons nous demander si les choses doivent rester ainsi ou si une solution plus équitable peut être trouvée," a déclaré l’Italien.
Le principal débat concerne le moment précis où la voiture de sécurité virtuelle est activée. Dans le cas de Norris à Madrid, le Britannique se trouvait dans une position particulièrement défavorable puisqu’il venait de dépasser l’entrée des stands. Une neutralisation d’une durée différente aurait pu modifier considérablement les conséquences sportives de la situation.
Une piste consisterait notamment à faire durer la voiture de sécurité virtuelle au minimum pendant un tour complet, afin de garantir à tous les pilotes des conditions identiques pour effectuer un éventuel arrêt. Toutefois, Stella se montre prudent face à cette possibilité, qui pourrait réduire une part de l’imprévisibilité inhérente à la compétition automobile.
"Je ne suis pas moi-même certain que nous devrions créer les mêmes conditions en piste pour tous les pilotes, dans ce cas précis, en faisant durer la voiture de sécurité virtuelle pendant un tour complet," a-t-il expliqué.
Le directeur de McLaren s’interroge également sur l’opportunité de conserver une part de hasard dans ce type de circonstances.
"Ou bien devons-nous laisser les choses entre les mains des dieux, en acceptant que parfois vous soyez chanceux et parfois malchanceux ?"
"J’ai vu un sondage sur les réseaux sociaux et les fans sont eux-mêmes partagés à 50-50 entre ’c’est la course’ ou ’il faut de l’équité’."
McLaren compte malgré tout porter cette question à l’ordre du jour des discussions entre les équipes et les instances dirigeantes de la Formule 1.
"McLaren soulèvera ce sujet, mais je ne m’attends pas à une modification immédiate du règlement," a-t-il indiqué.
"À moins que la Formule 1 elle-même et la FIA ne poussent fortement en faveur d’une nouvelle solution," a-t-il ajouté.
"Mais, du point de vue d’une équipe, je n’ai actuellement pas d’opinion clairement arrêtée sur cette question."
Pour David Coulthard, Lando Norris a peut-être été malchanceux mais il aurait aussi pu se prémunir de ce scénario d’une certaine façon.
"La vie n’est pas parfaite. Et nous sommes tous d’accord pour dire que Lando a été incroyable en course. Le problème est le suivant : il était trop rapide. S’il avait été plus lent, il aurait réussi à effectuer son arrêt pendant la période de voiture de sécurité virtuelle."
"Mais comme il s’était constitué une avance de quatre ou cinq secondes, c’est finalement lui qui en a fait les frais. Pas de chance pour Lando. Il aurait peut-être dû rouler avec les autres mais vous ne pouvez jamais prédire quand la VSC sort."
"En tout cas McLaren a fait le bon choix ensuite. Ils ont effectué l’arrêt pratiquement à la fin de la voiture de sécurité virtuelle pour se débarrasser de ces pneus médiums, car ils estimaient qu’ils ne tiendraient pas la distance."
"Ils devaient donc s’arrêter de toute façon et allaient inévitablement subir la perte de temps maximale."
"Profiter de l’écart dont ils disposaient pour effectuer l’arrêt était donc la meilleure option pour eux à ce moment-là. De plus, l’arrêt a été un peu lent ; ils ont rencontré un problème avec la roue avant droite."
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