Cadillac en F1, un défi comparable à celui de BAR selon Pollock
"Cela peut prendre trois, voire cinq ans"
Craig Pollock affirme que Cadillac a un long et difficile chemin à parcourir pour bâtir une écurie de Formule 1 à partir de rien, mais insiste sur le fait que le moment choisi pour son entrée dans ce sport est on ne peut plus opportun.
L’ancien fondateur de BAR, qui a dirigé la carrière de Jacques Villeneuve et lancé British American Racing en 1999, a déclaré à La Presse Canadienne que Cadillac est confrontée aux mêmes défis qu’il a dû relever à son époque.
"Cadillac fait ce que j’ai dû faire," a déclaré Pollock. "On part de zéro et il faut construire l’équipe. C’est comparable à notre projet et c’est extrêmement difficile."
BAR a connu une première saison catastrophique en 1999, sans marquer le moindre point avant de s’améliorer progressivement. Pollock a indiqué que les attentes doivent être gérées avec prudence cette fois-ci.
"Une équipe, ce n’est pas simplement rassembler 400, 500 ou 600 personnes. Construire une équipe prend beaucoup de temps. Cela peut prendre trois, voire cinq ans."
Il estime que Cadillac a tiré les leçons du passé, citant la nomination de l’ancien patron de Marussia, Graeme Lowdon.
"Ils ne commettront pas la même erreur que nous à nos débuts," a souri Pollock, faisant référence à l’excès de confiance de BAR quant à ses chances de victoire lors de la première saison.
Contrairement à BAR, Cadillac fera son entrée en Formule 1 au moment d’une réinitialisation complète du règlement.
"C’est sans aucun doute le meilleur moment pour faire entrer une 11e équipe," a insisté Pollock, soulignant que tous les concurrents repartent de zéro avec la nouvelle réglementation de 2026.
Pollock a également approuvé le choix de Cadillac de faire confiance aux pilotes expérimentés Valtteri Bottas et Sergio Pérez, avec un bémol toutefois.
"C’est un choix judicieux, car ils ont de l’expérience. Ils peuvent apporter leur expérience acquise dans d’autres équipes et aider les ingénieurs à effectuer les modifications nécessaires."
"Ce sont deux très bons pilotes, mais en réalité, ils ont toujours été seconds dans d’autres équipes."
Concernant l’embauche très médiatisée d’Adrian Newey par Aston Martin, Pollock a émis une mise en garde. Ayant brièvement collaboré avec Newey chez Williams, il a reconnu que le concepteur était "extrêmement compétent", mais s’est interrogé sur son nouveau rôle de directeur d’écurie.
"Il n’y a jamais de miracles en F1," a averti Pollock. "On verra bien. Ce n’est pas seulement lui, c’est toute l’équipe qui l’entoure. Tout le monde doit travailler ensemble. Mais s’il est divisé en deux... c’est quelque chose que je ne ferais pas."
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