Herta loin des attentes en F2, mais déjà tourné vers la F1

"C’est une expérience qui ouvre les yeux"

Herta loin des attentes en F2, mais déjà tourné vers la F1
Auteur : Franck Drui
16 août 2026 - 16:23

Après plusieurs saisons en IndyCar, Colton Herta a choisi de s’aventurer sur une nouvelle voie en 2026 avec la Formule 2, une étape destinée à le propulser en F1 et notamment à mieux connaître les pneus Pirelli et les circuits utilisés en Formule 1. Si son adaptation est loin d’être simple, l’Américain estime que les difficultés rencontrées constituent justement une expérience précieuse dans la perspective d’un éventuel avenir au plus haut niveau.

Herta découvre cette année un championnat radicalement différent de l’IndyCar, avec une voiture, des pneus et des méthodes de travail nouvelles. Son bilan comptable reste pour l’instant modeste puisqu’il occupe la 16e place du championnat, mais le pilote américain refuse de considérer cette saison comme un échec.

Au contraire, cette première campagne en F2 lui permet de mesurer les exigences de l’antichambre de la Formule 1.

"C’est une expérience qui ouvre les yeux, je dirais. Je pense qu’il y a de bonnes et de mauvaises choses dans chaque championnat, et je trouve que c’est assez difficile. C’est intéressant jusqu’à présent," a expliqué Herta.

Le choix de rejoindre la F2 répondait notamment à une volonté précise : accumuler de l’expérience avec les pneus Pirelli utilisés sur l’ensemble de la pyramide menant à la Formule 1, tout en découvrant des circuits qui accueillent également les Grands Prix.

Herta peut par ailleurs accumuler des points nécessaires à l’obtention de la Super Licence grâce à ses apparitions en essais libres 1. Une place finale dans le top 10 du championnat de F2 pourrait également renforcer son capital de points dans cette perspective.

Mais son principal apprentissage concerne pour l’instant les pneumatiques, et plus particulièrement leur fonctionnement lorsqu’ils sont utilisés sans couvertures chauffantes.

"Je dirais que le pneu est le plus gros défi. Je pense que le Pirelli, spécifiquement lorsqu’on part à froid et sans couvertures chauffantes, est assez particulier," a-t-il détaillé.

Cette caractéristique impose aux pilotes de gérer une fenêtre de fonctionnement très différente de celle qu’ils connaissent lorsqu’ils disposent de pneus déjà chauffés avant de prendre la piste.

Pour Herta, cette difficulté pourrait toutefois se transformer en avantage à plus long terme. La gestion de la température des pneumatiques constitue l’un des aspects fondamentaux de la Formule 1, mais les monoplaces de la catégorie reine utilisent des couvertures chauffantes, contrairement aux F2.

"Si quelque chose peut être considéré comme positif, je pense que cela vous prépare plutôt bien, parce que lorsque vous arrivez en Formule 1, c’est plus facile," estime-t-il.

"Une fois que vous avez les couvertures chauffantes, tout consiste à maintenir la température, plutôt que de l’amener depuis ce qu’elle peut être, 30 ou 40 degrés, jusqu’à la température à laquelle elle doit fonctionner."

"Donc je pense que cela simplifie un peu les choses. C’est bien d’avoir cela et d’être hyper concentré dessus, parce qu’une fois arrivé en Formule 1, je pense que cet aspect devient en réalité plus facile."

Herta séduit par les luttes en piste

Les résultats obtenus par Herta n’ont pas été à la hauteur de ses attentes depuis son arrivée en F2. Malgré cela, l’ancien pilote IndyCar apprécie particulièrement la qualité des courses et des batailles auxquelles il participe.

Le niveau d’adhérence aérodynamique des monoplaces et l’importance du DRS contribuent notamment à multiplier les possibilités de dépassement.

"C’est bien. Je pense que les courses dans cette catégorie sont en réalité très bonnes," souligne-t-il.

Herta insiste notamment sur l’influence du DRS et du niveau d’appui aérodynamique des monoplaces de F2.

"La puissance du DRS sur cette voiture est assez énorme. Surtout avec les niveaux d’appui que l’on utilise et les petits volets que l’on a sur l’aileron arrière, cela génère en réalité beaucoup de traînée, ce qui ouvre énormément les possibilités en course."

"Je pense que c’est quelque chose d’assez connu, mais j’ai apprécié cet aspect : les courses, les batailles roue contre roue."

Au-delà du spectacle, Herta se montre également impressionné par le niveau de ses adversaires et par leur comportement en piste. Malgré l’intensité des affrontements, il estime que les pilotes évoluent dans un environnement particulièrement correct.

"Je trouve que les pilotes sont formidables et que tout le monde est en réalité assez fair-play. Donc c’est amusant d’en faire partie."

Son bilan en F2 est encore loin d’être celui d’un candidat au baquet Cadillac F1. En effet, la 16e place actuellement occupée par Herta au championnat ne correspond pas forcément à l’objectif initial de l’Américain, notamment au regard de ses ambitions à long terme en Formule 1. Mais son passage en F2 lui offre une expérience qu’il n’aurait pas pu acquérir de la même manière en IndyCar. Une deuxième saison sera certainement nécessaire pour Herta et elle sera probablement décisive pour son avenir en F1 en 2028.


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