Button fut ’mal conseillé’ lorsqu’il tenta de rejoindre Williams F1

Richards revient sur la saga contractuelle avec BAR

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Par Emmanuel Touzot

7 août 2022 - 14:29
Button fut 'mal conseillé' (...)

La saga d’Alpine F1 et Oscar Piastri ces derniers jours n’est pas sans rappeler une autre affaire du même genre, celle mêlant Jenson Button, Williams et BAR. Une situation différente de celle de l’Australien et de l’équipe d’Enstone, qui avait toutefois eu un certain retentissement à l’époque.

Après des débuts en F1 chez Williams et un passage chez Benetton-Renault, Jenson Button a rejoint BAR en 2003. Mais en 2005, le Britannique a tenté un retour chez Williams, qui fut bloqué par l’avantage contractuel de BAR-Honda.

David Richards, qui dirigeait BAR à l’époque, avait porté l’affaire devant le Conseil de reconnaissance des contrats, qui avait donné raison à l’équipe face à Williams. En conséquence, Button était resté chez BAR, devenue Honda en 2006 puis Brawn GP en 2009, avec le succès que l’on connait.

En 2006 justement, Button devait rejoindre Williams après avoir signé un pré-contrat pendant la saison 2005, mais le pilote décida lui-même de ne pas aller à Grove. En échange d’une compensation avoisinant 20 millions de dollars, Williams accepta de laisser Button à BAR.

Selon Richards, c’est le management de Jenson Button qui a posé problème à cette époque-là, en faisant des promesses vides de sens à son pilote. Button avait d’ailleurs changé de management au milieu de ces affaires contractuelles.

"Je regarde en arrière et Jenson, en tant que jeune pilote de course, a été très mal conseillé et influencé par la direction. Cela arrive souvent aux jeunes pilotes, et ça a été particulièrement le cas pour lui" a déclaré Richards dans le podcast Beyond the Grid. "Il était entouré d’une direction qui était intéressée."

"Ils n’ont pas pensé à lui en premier, ni à la situation dans son ensemble. J’ai vu cela à de nombreuses reprises, des pilotes qui ont perdu leur chemin ou de grandes opportunités parce qu’ils ont fait confiance à des dirigeants qui n’avaient pas vraiment leurs meilleurs intérêts à cœur et qui avaient des points de vue différents sur les choses."

"Vous comptez sur des avocats, des managers et des personnes qui vous entourent pour prendre de grandes décisions pour vous. Mais s’ils ne sont pas professionnels et compétents et qu’ils ne se comportent pas de manière appropriée, vous vous retrouvez dans un grand désordre, comme nous l’avons connu à l’époque."

Le manager de Button fautif ?

Richards révèle que l’entourage de Button n’a jamais pris contact avec BAR pour exposer la situation et tenter de résoudre le problème à l’amiable : "Il n’y a eu aucune conversation, aucune correspondance de quelque nature que ce soit."

"Mais nous ne l’avons évidemment pas pris à la légère et nous nous sommes retrouvés devant le tribunal d’arbitrage des contrats de la F1. Et nous avons gagné l’affaire clairement, c’était complètement déficient."

Richards a vu sa relation avec Button se détériorer à l’époque, mais les deux hommes ont, par la suite, enterré la hache de guerre : "Je suppose que c’était le cas à l’époque."

"On est de bons copains maintenant quand on se voit. Évidemment, ces choses vous tempèrent légèrement, mais je blâme complètement le management. J’ai coupé les ponts avec son management, et il a ensuite changé de manager."

Une déclaration de Richards qui est à mettre en lien avec ce qui se passe en ce moment chez Alpine, ou même en IndyCar, où Chip Ganassi Racing et Alex Palou ont une procédure judiciaire mutuelle en cours.

Les cassures que ce type de manœuvres opèrent au sein des équipes, et entre les personnes impliquées, montre qu’un retour à la normale pourrait être difficile, si d’aventure Alpine venait à avoir gain de cause. Les relations entre Otmar Szafnauer et son pilote ne seraient alors pas forcément les plus saines...

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