Antonelli révèle comment le titre a perturbé son pilotage : ’je n’étais pas aussi précis’
"Je suis encore en train d’essayer de réaliser"
Kimi Antonelli a décroché son premier titre mondial de Formule 1 au Grand Prix de Mexico, mais le dernier week-end de sa conquête du championnat a été bien plus compliqué qu’il n’y paraissait. Le pilote Mercedes révèle que les félicitations prématurées reçues dans le paddock ont considérablement augmenté la pression sur ses épaules, au point d’affecter sa concentration et son pilotage lors des qualifications. Très superstitieux, l’Italien explique avoir perdu une partie de l’intensité qui avait fait sa force lors des courses précédentes. Une situation paradoxale pour celui qui avait passé toute la saison à essayer de ne jamais penser au titre mondial.
Devenu champion du monde de Formule 1 à seulement 20 ans, Kimi Antonelli peut désormais savourer l’accomplissement de son plus grand rêve. Pourtant, à Mexico, le jeune pilote Mercedes a découvert une forme de pression qu’il n’avait pas véritablement connue jusque-là : celle de se retrouver si proche du titre que tout le monde semblait déjà considérer son sacre comme acquis.
Alors qu’il avait abordé la majeure partie de la saison en se concentrant exclusivement sur chaque Grand Prix, Antonelli a reconnu que l’atmosphère particulière du week-end mexicain avait fini par perturber sa préparation.
Le problème ne venait pas seulement de l’enjeu sportif, mais aussi des nombreuses personnes qui le félicitaient avant même qu’il ait mathématiquement remporté le championnat.
"Eh bien, aujourd’hui... Enfin, ce week-end n’a pas été facile parce que, vous savez, je n’arrêtais pas d’entendre la même chose, encore et encore. Et, vous savez, je suis assez direct sur ce point : tant que ce n’est pas fait, ce n’est pas fait."
"Je savais donc que je voulais encore terminer le travail correctement, et ce n’est pas facile quand on entend sans arrêt beaucoup de gens, des invités, des fans, vous féliciter pour le championnat, alors que je sais à quel point je suis superstitieux. Et je vous assure que ce n’est pas facile pour moi, surtout avec un tel niveau de superstition."
Les félicitations prématurées ont changé son état d’esprit
Pour comprendre cette difficulté, Antonelli est revenu sur la méthode qui lui avait permis de construire son avance au championnat.
Tout au long de la saison, il s’était efforcé de ne pas regarder trop loin devant lui, préférant se concentrer sur son pilotage et sur les objectifs immédiats de chaque week-end.
"Je pense que c’est simplement parce que, pendant toute cette saison, j’ai essayé de me concentrer sur une course à la fois. J’ai très rarement, presque jamais, pensé à la situation dans son ensemble."
"Vous savez, il y a eu quelques courses où j’ai pensé à la situation dans son ensemble. Bakou a probablement été la première course où j’ai commencé à réfléchir à cela, aux points. Mais j’ai toujours essayé de me concentrer sur ce que je devais faire et sur le processus."
À Mexico, cette discipline mentale a été mise à l’épreuve par les sollicitations extérieures.
"Donc, entendre cela encore et encore m’a soudainement fait prendre beaucoup plus conscience de ce que je pouvais accomplir. Je le savais déjà, vous savez, ne vous méprenez pas. Dès Austin, je savais à quel point j’étais proche, mais j’essayais quand même de repousser cette pensée autant que possible."
Antonelli estime que cette prise de conscience a produit un effet inattendu.
"Alors, quand on entend cela encore et encore, on commence soudainement à en prendre davantage conscience, et on se détend d’une certaine manière, parce qu’on réalise tout à coup à quel point on est proche et à quel point il reste peu de choses à faire pour y parvenir."
"Je n’avais pas la même intensité en qualifications"
C’est précisément ce changement d’état d’esprit qu’Antonelli considère comme l’une des raisons de ses qualifications décevantes à Mexico.
Le pilote Mercedes établit une comparaison directe avec Austin, où il s’était montré beaucoup plus agressif et concentré sur l’instant présent. Au Mexique, il estime avoir perdu en précision et en intensité, tout en ressentant paradoxalement davantage de tension.
"C’est pour cela que je pense qu’en qualifications je n’avais pas la même intensité. Je n’étais pas aussi précis dans mon pilotage. Je pense qu’Austin était complètement à l’opposé."
"À Austin, j’étais beaucoup plus agressif, beaucoup plus présent dans l’instant, alors qu’hier, à Mexico, en qualifications, j’étais d’une certaine manière un peu plus tendu, et je n’avais pas non plus la même intensité dans mon pilotage."
Le résultat final lui permet néanmoins de tourner la page de cette période particulière.
"Donc, clairement, cela n’a pas été facile de ce point de vue. Mais maintenant, nous avons enfin décroché le titre, et nous pouvons simplement profiter du reste de la saison."
"Essayer de réaliser ce qui vient de se passer"
Une fois la ligne d’arrivée franchie et le titre officiellement acquis, la pression accumulée a laissé place à une émotion considérable.
Interrogé sur ce que représentait la concrétisation d’un rêve poursuivi depuis l’enfance, Antonelli a reconnu qu’il avait encore du mal à mesurer la portée de son accomplissement.
"Oui, je suis encore en train d’essayer de réaliser et de comprendre ce qui vient de se passer, parce que, vous savez, quand on travaille aussi dur depuis qu’on est enfant, j’ai toujours rêvé d’accomplir cela, et quand on y parvient enfin, c’est vraiment, vraiment spécial."
"Et, évidemment, toutes les émotions ressortent aussi. Pouvoir partager ce moment, vivre ce moment avec toute ma famille, avec mon équipe et également une partie de mes amis, c’est quelque chose dont on se souviendra toujours."
Antonelli a également tenu à remercier Mercedes pour la confiance et le soutien dont il a bénéficié, bien avant de devenir un prétendant au championnat du monde.
"Je suis simplement extrêmement heureux et reconnaissant de ce qui vient de se passer, de toutes les opportunités et de tout le soutien que j’ai reçus, non seulement cette année, mais aussi depuis que j’ai rejoint l’équipe."
Un titre acquis, mais encore des ambitions
Malgré le sacre, Antonelli ne considère pas que sa saison soit terminée. Le pilote Mercedes souhaite profiter pleinement des dernières courses sans la pression du championnat, tout en continuant à rechercher la performance.
Il voit également ce premier titre comme le début d’une nouvelle étape de sa carrière, plutôt que comme un aboutissement définitif.
"Oui, je vais simplement essayer d’en profiter pleinement, puis de profiter aussi du reste de la saison, parce qu’il nous reste encore quelques courses à disputer. Nous voulons toujours terminer sur une bonne note et, ensuite, évidemment, ce sera un nouveau point de départ à partir duquel il faudra reconstruire et continuer à progresser."
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