Alpine F1 : oubliez les plans du passé, voici la nouvelle feuille de route de l’équipe
Renault met entre parenthèses les objectifs pour reconstruire l’équipe
Nommé à la tête du Groupe Renault il y a un an, François Provost entend tourner la page des promesses à long terme qui ont rythmé le discours d’Alpine F1 ces dernières saisons. Le dirigeant français préfère désormais concentrer les efforts sur une reconstruction progressive de l’écurie d’Enstone, dont l’objectif immédiat est de retrouver durablement sa compétitivité avant de fixer de nouvelles ambitions.
Après des années marquées par une instabilité chronique, Alpine semble enfin retrouver une certaine direction. Dernière du championnat des constructeurs en 2025, l’équipe lutte désormais pour la cinquième place du classement dans une grille désormais composée de onze équipes, même si elle s’est faite rattrapée par Racing Bulls. À cela s’ajoute toujours l’incertitude autour du podium obtenu par Pierre Gasly à Monaco, dont le résultat fait encore l’objet d’un appel... dont la date n’est toujours pas connue !
Dans un entretien accordé à Reuters, le directeur général de Renault, François Provost, a expliqué que la priorité n’était plus de communiquer sur un hypothétique plan de trois ans, cinq ans ou cent Grands Prix, mais bien de consolider les bases de l’équipe.
"Ma priorité absolue aujourd’hui est de stabiliser l’équipe, de lui donner des bases solides et de poursuivre notre redressement cette année, ce qui est déjà le cas," affirme-t-il.
Le patron du groupe fixe un premier objectif concret avant toute autre ambition.
"Notre objectif est au minimum la sixième place du championnat constructeurs. C’est la première étape. À partir de là, nous définirons notre nouvelle vision et nos nouvelles ambitions."
Arrivé à la tête de Renault en juillet dernier après le départ de Luca de Meo vers le groupe Kering, François Provost estime que le travail entrepris par Flavio Briatore, devenu le véritable homme fort de l’équipe, et par le directeur général Steve Nielsen commence déjà à porter ses fruits.
L’ancien directeur des achats de Renault insiste toutefois sur la nécessité de rester pragmatique après les nombreuses turbulences traversées par Alpine.
"Quand une équipe est complètement perdue, quand elle est nulle part, il faut d’abord se fixer des priorités à très court terme et recentrer tout le monde sur des objectifs très concrets. C’est ce que j’appelle le plan d’un an."
Le dirigeant se montre encouragé par les premiers résultats, aussi bien sur la piste qu’en dehors.
"Nous progressons sur le plan des performances et également sur celui du sponsoring. Je suis donc raisonnablement satisfait, mais je reste humble. Je sais que le chemin sera encore très long."
Cette approche tranche avec les nombreuses feuilles de route présentées ces dernières années, alors qu’Alpine a connu pas moins de cinq directeurs d’équipe entre 2021 et 2024, une période qui a accompagné le déclin sportif de la structure d’Enstone, ancienne championne du monde sous les noms Benetton puis Renault avec Michael Schumacher et Fernando Alonso.
La saison 2026 marque également un tournant technique majeur pour Alpine. Après l’arrêt du programme moteur de Viry-Châtillon, l’écurie utilise désormais des groupes propulseurs Mercedes avec Pierre Gasly et Franco Colapinto.
Et même si la Formule 1 envisage l’arrivée de moteurs V8 alimentés par des carburants durables à partir de 2031, François Provost écarte clairement tout retour de Renault comme motoriste.
"Je l’ai dit à Silverstone : je ne veux pas perturber l’équipe ni créer de l’incertitude. Aujourd’hui, les choses sont très claires : je ne développe pas de moteur pour la Formule 1."
"Nous avons un moteur Mercedes qui est un bon moteur. C’est clairement l’un des déclencheurs de notre redressement cette année."
Pour autant, Renault n’a aucune intention de quitter la Formule 1. Selon son directeur général, la discipline demeure un formidable outil pour le constructeur, notamment grâce à sa popularité croissante auprès des nouvelles générations.
Sur le plan capitalistique, Renault reste actionnaire majoritaire d’Alpine après avoir cédé en 2023 une participation de 24 % au consortium mené par Otro Capital pour 200 millions d’euros. Cette participation est désormais remise en vente, sous réserve de l’accord du constructeur français.
Le nom de Christian Horner a récemment circulé dans les médias comme potentiel investisseur, mais François Provost assure qu’aucune discussion n’a été engagée à ce stade et qu’il n’y a aucune urgence à conclure une opération.
Le dirigeant a également indiqué qu’aucun changement n’était prévu concernant le rôle de Flavio Briatore (en photo ci-dessous avec Provost), revenu aux affaires sous l’impulsion de Luca de Meo et qui continue de piloter la reconstruction sportive de l’équipe.
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